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Le Parti Africain pour la Solidarité et la Justice ne sera finalement que d’un apport moins utile qu’attendu aux autorités de la Transition, dans l’aboutissement du processus référendaire en cours. C’est l’enseignement qu’on peut tirer du communiqué ayant sanctionné les houleux débats et tiraillements entre tendances inconciliables du Parti de l’Abeille. Consécutifs à la publication de l’avant-projet de constitution, leurs dissensions et malentendus sont finalement demeurés insolubles jusqu’à bout. Au sortir de l’ultime rencontre d’avant-hier samedi, le PASJ s’est ainsi illustré par une position illisible et très peu édifiante sur la nature de ses rapports avec la trajectoire de la Transition. Il ressort en claire dudit communiqué rendu public la reconnaissance en filigrane d’un projet de constitution qui divise plus qu’il ne rassemble les composantes de la société malienne autour des besoins et objectifs de sa refondation. Tout en notant par ailleurs quelques efforts d’innovation dans le texte validé, l’Adema exprime implicitement des réserves sur la teneur consensuelle de la démarche en tant qu’opportunité de réconciliation, de pacification de la société, de cohésion et de stabilité. Le PASJ subodore a contrario un prétexte de division, de clivage et d’instabilité politique et prévient quant à une adhésion populaire tributaire d’une conjuration de toutes les présomptions qui pèsent sur le projet et qui ne sont évoquées qu’en demi-mots : la prise en compte de contingences personnelles ou circonstancielles, de dispositions pouvant prêter à controverse, etc. Autant d’ingrédients et de motifs de rejet pour lesquels Marimantia Diarra et ses camarades ont choisi de nuancer leur soutien en prenant acte du projet constitutionnel, tout en consentant néanmoins à lui «assurer une large diffusion» auprès des militants du Parti de l’Abeille.

Comme il est loisible de le comprendre, le soutien tant attendu de l’Adema n’est acquise que du bout des lèvres et traduit le grand malaise que suscite le débat constitutionnel en son sein depuis le résultat des travaux de la première commission d’élaboration de l’avant-projet de constitution. De nombreuses voix s’étaient élevées en son temps pour critiquer la démarche tant dans sa forme que dans le contenu du texte avant d’émettre une pléiade de propositions à prendre en compte à défaut de renoncer purement et simplement au projet de réforme constitutionnelle. Il s’agit entre autres d’une séparation des pouvoirs, un rééquilibrage des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif ou encore de l’affirmation de l’indépendance de la justice, etc. La version finale validée ne prend manifestement en compte que très faiblement les suggestions et aspirations profondes du Parti de l’Abeille. Dont la direction a visiblement choisi d’embarquer dans l’attelage constitutionnel moins par conviction que par adaptation à la marche de la Transition et nécessité d’entretenir un meilleur climat de convivialité avec les autorités en place, même s’il fallait plier l’échine sur les valeurs et principes qui fondent l’identité politique de la Ruche.

 

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