Algérie : à quel Conseil Constitutionnel se fier?

Ce 3 Avril 2019, le Conseil Constitutionnel a entériné la démission d’Abdelaziz Bouteflika. Ces soi-disants sages allaient pourtant valider sa candidature à un 5ème mandat, n’eut été la mobilisation inattendue du peuple algérien. Encore des juges constitutionnels incapables de se hisser à la hauteur de leur charge. Déjà en 2015, si le Conseil était courageux, Bouteflika n’allait pas être candidat à un 4ème mandat où il n’a été qu’une momie aux mains d’un lobby dirigé par son propre frère Said. En Côte d’Ivoire, nous avons vu le Conseil Constitutionnel de Paul Yao NDRÉ déclarait tour à tour Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, vainqueurs de la présidentielle de 2010. Au Bénin jadis respecté de par ses haut magistrats qui savaient fâcher les gouvernants, en disant le droit rien que le droit, voilà que ce pays regresse avec des élections législatives sans l’opposition. Nul n’est dupe, le président Béninois est à la manoeuvre. Patrice Talon ne renvoie pas l’ascenceur en jouant les jusqu’aux boustistes. Si son prédecesseur Yayi Boni n’avait pas pris de la hauteur en acceptant qu’il rentre de son exil parisien, Talon ne serait pas élu. Le même Talon a fait condamner son principal opposant Sébastien Ajavon parce qu’il constitue une menace pour sa réélection. C’est le danger qui menace nos fragiles démocraties africaines. Nos haut-magistrats se voient toujours en obligés des présidents en place alors que de par la loi, ils sont à l’abri d’une quelconque sanction, inamovibles qu’ils sont jusqu’au terme de leurs mandats. Aux USA, ce sont des juges intermédiaires même pas la Cour Suprême qui disent non à Donald Trump quand il viole la loi. Tant que nos haut magistrats ne marqueront pas leur territoire en montrant aux gouvernants qu’il y’a une ligne rouge à ne pas franchir comme David Mugera l’a fait au Kenya, ne soyons pas surpris que nos Hommes politiques une fois au pouvoir, fassent tout pour y rester le plus longtemps possible quitte à devoyer les régles du jeu. Quand les institutions qui régulent la démocratie font faillite dans un pays, le peuple prend son destin en main comme en Algérie et le Conseil Constitutionnel n’en est que plus ridicule simplement parce qu’il n’a pas rempli pleinement son rôle.

Share

Sur le même sujet

Leave a Comment