Eté austral: l’étendue de la banquise Antarctique n’a jamais été aussi réduite

L’Antarctique, le continent le plus froid de la planète, soufre en ce moment, en plein été austral, d’un réchauffement aux conséquences importantes. Météo France l’annonce : depuis que l’on a commencé à mesurer la banquise antarctique, il y a 40 ans, sa superficie n’a jamais été aussi réduite pour la même période. C’est un effet du changement climatique plus rapide que ce qu’on avait anticipé jusqu’ici.

Le 1er janvier 2019, les mesures des satellites de Météo France ont montré que la banquise antarctique, cette couche de glace qui se forme à la surface de l’océan par congélation d’eau salée et entoure le continent, a atteint le record négatif de 5,47 millions de km². En comparaison, la superficie de la banquise au 1er janvier 2014 comptait presque 9 millions de km², mais elle est depuis en constante diminution.

Ce phénomène est remarquable, car le mécanisme enclenché par le réchauffement climatique avait jusqu’ici un effet paradoxal sur la banquise Antarctique.

En effet, les glaciers d’eau douce qui couvrent le continent fondent de plus en plus vite ; mais ils apportent en surface de l’océan une eau à la fois, plus froide que l’eau profonde, et douce, ce qui diminue la salinité. Or cette eau froide, moins salée, est plus légère, elle reste en surface, empêche l’eau des profondeurs, plus chaude, de remonter, et congèle plus rapidement.

Jusqu’il y a 4 ans, c’était donc cet effet qui l’emportait, et la banquise ne régressait pas, contrairement à la glace continentale.

On explique le phénomène actuel par des températures plus élevées depuis quelques semaines sur la zone antarctique, mais c’est plus globalement le réchauffement des océans qui entourent le continent qui est en cause.

Banquise Antarctique: que réserve l’avenir ? L’analyse de François Jobard, prévisionniste à Météo France
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