Grèce: la mystérieuse mort d’un militant homosexuel intrigue les réseaux sociaux

A Athènes, la mort de Zak Kostopoulos, un militant homosexuel dans des circonstances troubles, fait parler d’elle sur les réseaux sociaux. L’affaire a d’abord été présentée par les médias grecs comme une tentative de vol qui aurait mal tourné, notamment sur la chaîne de télévision privée Skaï. Les présentateurs ont parlé d’un homme qui serait entré dans une bijouterie en vue d’effectuer un vol, comme l’a affirmé le propriétaire. La porte se serait refermée sur le voleur supposé. Il aurait alors tenté de briser la vitre sans succès à l’aide d’un extincteur. Il se serait ensuite baissé pour passer sous la vitrine. Deux hommes, dont le propriétaire du magasin, lui auraient assené des coups de pieds violents sur la tête pour tenter de l’en empêcher. Un groupe d’homme aurait continué de le frapper au sol, jusqu’à ce que deux personnes interviennent pour les arrêter. En sang, l’homme au sol aurait paniqué à la vue de la police. Il se serait saisi d’un bris de verre pour se défendre avant de courir et de chuter sur une table de café toute proche.

Critiques sur les réseaux sociaux

C’est la première version qui a été donnée, mais elle a été beaucoup critiquée sur les réseaux sociaux. Car le voleur présumé n’est pas un inconnu. Il s’agit de Zak Kostopoulos, un activiste LGBT, en faveur des droits des lesbiennes, gays, bis et transgenres. C’est Grigoris Vallianatos, homme politique libéral et activiste lui-même qui a été parmi les premiers à s’insurger contre cette version des faits. Sur le réseau social Facebook, il a publié un message dans lequel il affirmait que Zak Kostopoulos n’était pas rentré dans la bijouterie pour voler, mais pour se protéger du danger alors qu’il y avait une dispute en face de la boutique.

Vidéos en ligne

Plusieurs vidéos sont apparues sur la Toile au fur et à mesure de l’enquête, relayées sous le mot clé #zakkostopoulos. Sur l’une d’elles, on voit effectivement Zak Kostopoulos tenter de briser la porte en verre avec l’extincteur, mais comme le soulignent de nombreux internautes, on voit surtout qu’il tient à peine sur ses pieds et que la violence qui suit est complètement disproportionnée par rapport à l’état dans lequel il se trouve. Un témoin de la scène, une femme, semble par ailleurs suggérer que Zak Kostopoulos n’aurait pas tenté de rentrer dans la bijouterie pour voler. Dans un témoignage fait au journal Ethnos, elle affirme avoir entendu du bruit dans la rue. Trois hommes auraient tenté de calmer Zak Kostopoulos en lui apportant de l’eau. Ce n’est qu’après, selon elle, qu’il serait entré dans la bijouterie pour une raison qu’elle ignore.

Appel à manifester

Dans une interview à la chaîne Skaï, le propriétaire du magasin a déclaré qu’il maintient sa version des faits et que depuis que l’affaire a pris de l’ampleur, il ne se sentirait plus en sécurité. L’enquête se poursuit, même si selon l’avocate de l’activiste, peu de personnes ont accepté de témoigner pour l’instant, alors qu’elles étaient nombreuses sur place. Sur les réseaux sociaux, un nouvel appel à la manifestation en faveur de l’activiste a été lancé pour samedi.

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