Chaque année, durant la saison des pluies, accéder à la commune rurale de Tiakadougou Faraba devient un véritable parcours du combattant. L’état dégradé des routes, les inondations fréquentes et les risques d’insécurité rendent le transport interurbain extrêmement difficile, voire impossible à certains moments.
Face à cette situation récurrente et au manque de solution durable, les autorités locales, chefs traditionnels, mairie, sous-préfecture et notables de la commune ont décidé d’unir leurs forces. Ensemble, ils ont mis en place plusieurs initiatives concrètes visant à soulager les populations. Parmi ces actions figurent le lancement d’un système de moto-taxis appelés « tèlèmani » et l’utilisation des motos « katakatani », plus adaptées aux sentiers boueux. À cela s’ajoute l’organisation d’une surveillance quotidienne, de jour comme de nuit, assurée par les chasseurs traditionnels, afin de sécuriser les déplacements sur les principaux axes.
Composée de 12 villages et 5 hameaux, la commune rurale, de Tiakadougou Faraba, chef-lieu d’arrondissement du cercle de Ouelessebougou et de la région de Bougouni, est située à environ 30 km de Ouelessebougou, la grande ville la plus proche. Riche en terres cultivables, en ressources en eau et en or, cette commune possède un fort potentiel de développement. Toutefois, elle reste confrontée à un problème majeur : l’absence d’infrastructures routières fiables, surtout durant l’hivernage. L’état dégradé des routes rend la circulation extrêmement difficile, voire impossible à certains endroits. Ce blocage freine considérablement l’économie locale, fortement basée sur l’agriculture et le commerce. Face aux mécontentements grandissants et aux multiples manifestations des populations, les autorités communales, en collaboration avec certains investisseurs locaux et les communautés villageoises, ont décidé de réagir, malgré le manque de moyens pour un bitumage durable. Des solutions temporaires ont été mises en œuvre : réfection manuelle des zones dégradées, aménagement de passages inondables, et patrouilles sécuritaires assurées jour et nuit par les chasseurs traditionnels. « Nous soutenons des actions communautaires entamées depuis plus de trois mois. Chaque village s’implique dans la réparation des routes critiques », explique Yacouba Zanfing Doumbia, troisième adjoint au maire. Du côté de la sécurité, Konzan Doumbia, chef des chasseurs de la commune, affirme que des postes de surveillance sont installés tous les 2 à 3 kilomètres pour prévenir tout risque d’agression ou de vol. Pour faciliter les déplacements, des moto-taxis appelés « Tèlèmani » et des motos « Katakatani » sont désormais mobilisées. « Nous organisons même des départs en groupe pour rassurer les passagers inquiets », confie l’un des conducteurs.
Par ailleurs, depuis la mise en œuvre de ces initiatives locales, des progrès notables ont été enregistrés. Les transporteurs, autrefois hésitants, commencent à revenir de manière régulière. Selon toujours M. Doumbia, les mouvements de personnes, de bois, de charbon, de sable et même d’animaux sont désormais possibles avec moins de risques. « Avant, c’était pratiquement impossible. Pour accéder à la commune, il fallait faire tout un détour, ce qui décourageait beaucoup de gens », a-t-il confié. Ces améliorations témoignent de l’impact direct des actions communautaires et de la coordination entre autorités locales et habitants. Si des défis persistent, notamment le manque de routes bitumées, cette dynamique montre qu’avec de la volonté et de la solidarité, des solutions concrètes peuvent être trouvées pour désenclaver durablement Tiakadougou Faraba, même en période d’hivernage.
En somme, malgré l’absence d’infrastructures modernes, les efforts conjoints des autorités locales et des populations de Tiakadougou Faraba ont permis d’atténuer les souffrances liées au transport pendant l’hivernage. Cette mobilisation locale prouve qu’avec de l’engagement et de l’organisation, il est possible d’apporter des réponses concrètes aux défis du développement rural. Nous invitons l’Etat à une implication afin que la commune aie un bitumage approprié dans les jours à venir, sinon, elle reste encore une potentielle zone utile pour le pays.
Youba Doumbia……

