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Maintenant qu’il a été réélu président de la République, Emmanuel Macron va s’atteler dans les prochains jours à la nomination d’un nouveau gouvernement, et donc d’un Premier ministre. Avec l’approche des législatives, la tâche n’est pas aisée. Tour d’horizon des noms qui circulent.
 
Qui pour succéder à Jean Castex? L’actuel Premier ministre avait annoncé en début de semaine qu’il démissionnerait, ainsi que son gouvernement, “dans les jours qui suivent” l’élection du nouveau président, conformément à une tradition républicaine. Mais son contrat pourrait en fait être prolongé de plusieurs jours, voire plusieurs semaines, alors qu’Emmanuel Macron a glissé vendredi qu’il envisageait une “semaine de transition” et que Jean Castex serait Premier ministre “encore la semaine prochaine”.
Il y a cinq ans, le président Macron avait nommé son Premier ministre Edouard Philippe au lendemain de son investiture, et le nouveau gouvernement encore 48 heures plus tard. Le chef de l’État est désormais face à une équation politique nouvelle, avec une nouvelle majorité à bâtir.

 
“Dans l’idéal, il faudrait un mouton à cinq pattes”, constate un membre du gouvernement sortant: “une femme, plutôt de gauche, suffisamment forte politiquement mais aussi loyale que Jean Castex”, alors que l’hypothèse que ce dernier soit reconduit dans ses fonctions semble “baroque”, selon un ponte de la majorité. Le nouveau Premier ministre devra en outre endosser les habits de chef de campagne pour les élections législatives. Le point sur les différentes pistes.
 
Elisabeth Borne
Vendredi dernier sur France Inter, Emmanuel Macron indiquait qu’”à la lumière des législatives” il pourrait nommer un Premier ou… “une Première ministre”. L’hypothèse d’une femme à Matignon prend de l’ampleur ces dernières heures: “Emmanuel Macron a le souhait bien sûr d’une nomination féminine à Matignon. Mais il ne faut pas résumer l’ensemble de la situation politique au poste de Premier ministre”, assure Clément Beaune, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, ce lundi matin sur BFMTV.
 
Un nom circule beaucoup: celui d’Elisabeth Borne, qui a été ministre des Transports puis du Travail lors du premier quinquennat de Macron. Jeudi dernier, l’ancienne proche du Parti socialiste lâchait: “Moi ça fait 5 ans que j’accompagne Emmanuel Macron, je suis à sa disposition, il le sait”.

 
Julien Denormandie
Emmanuel Macron a promis que le futur Premier ministre serait chargé de la planification écologique. Le profil de Julien Denormandie, actuel ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, pourrait ainsi coller. Très proche du président, l’homme de 41 ans aurait pu être le directeur de la campagne 2022 d’Emmanuel Macron si la guerre en Ukraine n’était pas intervenue.
 
Un invité surprise?
Si les noms d’Elisabeth Borne et de Julien Denormandie sont les plus régulièrement cités, une surprise n’est pas à exclure. Selon Les Echos, Nicolas Sarkozy aurait glissé en janvier à Emmanuel Macron le nom de Christine Lagarde, sa ministre de l’Économie en plein cœur de la crise financière de 2008. Actuellement à la tête de la Banque centrale européenne, sa stature internationale pourrait être appréciée. Mais la principale intéressée s’est déjà montrée réticente devant cette hypothèse.
 
Trois autres fidèles d’Emmanuel Macron figurent parmi les outsiders: Alexis Kohler, son secrétaire général, Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, et Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale.
 
L’attente des législatives?
Devra-t-on attendre jusqu’aux élections législatives de juin pour connaître le futur pensionnaire de Matignon? Certains dans le camp d’Emmanuel Macron ne l’excluent pas. S’il venait à quitter ses fonctions, M. Castex expédierait encore les affaires courantes dans l’attente de la nomination d’un nouveau chef de gouvernement.

 
En cas de défaite lors de cette élection, une cohabitation pourra être mise en place. Jean-Luc Mélenchon, chef de file des Insoumis, s’est déjà porté candidat. Le septuagénaire vise un large rassemblement de la gauche aux élections législatives. Une “union populaire” qui se ferait sur la base de l’adhésion à L’Avenir en commun, le projet porté par Mélenchon à l’élection présidentielle. 

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