October 22, 2021
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Le président Muhammadu Buhari s’est rendu jeudi dans le sud-est du Nigeria, région en proie à des tensions séparatistes, où les attaques contre la police se multiplient deux mois après l’arrestation du leader pro-Biafra, Nnamndi Kanu.

Le président Muhammadu Buhari s’est rendu jeudi dans le sud-est du Nigeria, région en proie à des tensions séparatistes, où les attaques contre la police se multiplient deux mois après l’arrestation du leader pro-Biafra, Nnamndi Kanu.

M. Buhari s’est rendu à Owerri, la capitale de l’Etat d’Imo, quadrillée par un important dispositif sécuritaire, pour inspecter les récents projets de construction avec le gouverneur local.

“S’il n’y a pas de routes et qu’il n’y a pas de sécurité, que peuvent faire les gens ? Absolument rien”, a déclaré le chef de l’Etat, coiffé d’une chapeau rouge et vêtu de la tenue traditionnelle igbo, l’ethnie majoritaire dans cette région, promettant une aide supplémentaire pour l’État.

Il y a cinq mois, des hommes armés ont attaqué la prison d’Owerri, utilisant des explosifs pour libérer des centaines de prisonniers. Il s’agissait de la plus importante attaque orchestrée récemment dans le sud-est du pays, attribuée au Mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (Ipob) qui prône la création d’un Etat indépendant pour le peuple igbo.

L’Ipob, fondé par M. Kanu, a nié la responsabilité de sa branche militaire, l’Eastern Security Network, dans ces violences, mais les tensions se sont multipliées dans la région, où plus de 100 policiers ont été tués cette année selon les autorités.

L’Ipob rêve de voir renaître la défunte République du Biafra, dont la proclamation d’indépendance avait entraîné une guerre civile de 30 mois entre 1967 et 1970. Le conflit a fait plus d’un million de morts, principalement des Igbo, surtout de famine et de maladie.

Avant la visite de M. Buhari, l’Ipob avait appelé les gens à rester chez eux et les entreprises à fermer en signe de protestation jeudi.

Selon des habitants joints par l’AFP, plusieurs quartiers d’Owerri et les routes principales étaient vides et les marchés et magasins sont restés fermés.

“Qu’est-ce que Buhari vient faire à Owerri? Il n’y a aucun projet à mettre en oeuvre ici”, a déclaré Joy Ogu, une banquière de la ville. “Je ne suis pas allée au travail à cause du mot d’ordre demandant de rester chez soi”.

La rhétorique séparatiste augmente à l’approche de l’élection présidentielle de 2023 dans le pays le plus peuplé d’Afrique, riche en pétrole mais à l’économie très dégradée en raison de la mauvaise gestion et de la pandémie.

M. Buhari, un peul du nord, est en outre accusé de favoriser sa région et est très critiqué pour son incapacité à rétablir la sécurité dans de nombreuses régions du pays livrées aux jihadistes et aux bandes criminelles.

“Avec cette visite, Buhari tente de séduire le sud-est et de rassurer les gens sur le fait qu’il n’a rien contre eux”, analyse Dapo Thomas, maître de conférences en histoire et relations internationales à l’université de Lagos.

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