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Au Mali, la problématique de l’employabilité est devenue une véritable chimère, c’est-à-dire les offres d’emploi se font aux comptes gouttes. Le chômage s’abat durement et durablement sur la population jeune. Si certains arrivent à tirer leur épingle du jeu, les chances sont minimes pour les migrants de retour au pays.
La migration, tout d’abord, est le fait pour un individu de changer d’espace de vie habituel durant une période de temps donnée. En considérant l’espace national, tout changement de résidence à l’intérieur de cet espace, pour une certaine durée minimale, est une migration interne. Lorsque le changement s’effectue en dehors de cet espace, on parle de migration externe (ou internationale). Au Mali, la migration est une pratique très ancienne qui a des causes comme des conséquences. Les causes et les conséquences  de la migrations sont nombreuses.
D’abord,  pour les causes elles sont multiples et multiformes: elles sont économiques, politiques, institutionnelles, éducationnelles, volontaires, naturelles, psychologiques, d’Affaire ou de réunion. Ensuite, les conséquences elles sont aussi multiples : elles sont les conflits, les guerres, les soulèvements populaires, les coup-d’Etats, le racisme, le manque du civisme, l’intolérance, la xénophobie, les conséquences du changement climatique, le  terrorisme, l’esclavage moderne: le mariage forcé, le trafic humain, le travail des enfants , l’esclavage sous contrat etc. Selon l’ONU, Le nombre de Maliens vivant à l’extérieur est estimé à 1 millions 264 milles 700 émigrés, ce qui représente 6,63% de la population du Mali.
Quant au rapport 2021 du Haut Conseil des Maliens de l’extérieur sur le retour des migrants, il a été enregistré au total 4393 migrants composés des hommes, des femmes et des mineurs, retournés au Mali. Et Parmi  ces émigrés, si certains sont contraints de quitter le pays d’accueil à cause du durcissement de la politique migratoire, d’autres ont choisi de retourner pour s’installer à leur propre compte. Pour parler davantage, nous avons fait  une descente musculeuse dans les rues de Bamako pour questionner certains émigrés sur leur sort.
 Il y a un an, Ousmane Mariko a décidé de rentrer après une dizaine d’années passées en Algérie. « Je me dis qu’il y a plus d’opportunités pour les jeunes malgré les problèmes que nous avons eu ces derniers temps avec le coup d’Etat, les problèmes politiques, l’insécurité et la covid-19. On s’est dit qu’il y a une véritable aubaine pour les jeunes, surtout ceux qui ont eu la chance de parcourir le monde et d’avoir de l’expérience, de revenir ici au pays pour pouvoir investir et aider le Mali à aller de l’avant », indique cet jeune entrepreneur.
 Journaliste de formation, boucher de
 profession, Ousmane Mariko est un touche-à-tout. « Je ne me cantonne pas dans un seul secteur. Au départ j’ai fait de petites activités », poursuit-il. Aujourd’hui, Ousmane et ses camarades ont ouvert une entreprise où ils font l’élevage, le commerce des animaux, la production des viandes,  la production du lait et autres. De nos jours, son entreprise est connue partout au Mali, elle est presque représentée dans tous les cercles du Mali. Son ambition n’est plus  seulement que rester au Mali avec son entreprise, il vise d’autres pays. << Au début, mon intention était de rester au Mali car je n’avais pas beaucoup de moyens , mais vue le développement actuel de mon entreprise je veux l’expenser hors du Mali >>, a-t-il déclaré.
 Investir au Mali, a été toujours le souhait  de Moussa  Sissoko qui intervient dans le secteur des nouvelles technologies après cinq ans passés en France. « Je me dis que tout est à refaire dans le pays malgré l’instabilité sécuritaire. C’est saturé en Europe, c’est ici que ça se passe, on espère qu’on gagnera notre vie ici », indique-t-il. De deux personnes au départ, son entreprise emploie actuellement une vingtaine de salariés. Selon M. Sissoko, le domaine des nouvelles technologies au Mali est porteur mais ce n’est pas organisé et réglementé.
 En plus de ses deux hommes migrants, notre dernière intervention a porté sur une dame battante dénommée Aïchata Maïga, résidant actuellement à Bamako, après avoir passé trois (03) années au Maroc. Mme Maïga est une gestionnaire en formation, cuisinière de profession 《 je me suis profitée de mes études au Maroc pour me lancer à la restauration, d’abord, j’ai commencé par être cuisinière, par ma volonté, mes expériences et mon courage. J’ai pu décrocher mon attestation en restauration avec mon diplôme en gestion》. Aujourd’hui, au Mali, l’entreprise de Aïchata Maïga a fortement a fleuri.
Compte tenu de l’importance de la question migratoire, l’Etat a élaboré une politique nationale de la migration pour mieux gérer la migration afin qu’elle soit un atout pour le Mali. Pour cela, nous avons fait des démarches auprès de certains cadres.
Il existe depuis 2004, un ministère chargé des Maliens de l’extérieur qui a pour mission de promouvoir  et protéger les Maliens établis à l’étranger, à affirmé  un cadre au sein du ministère  des Maliens Etablis  à l’Extérieur et de l’Intégration  Africaine que j’ai caché son nom. A ses dires, l’Etat a initié plusieurs programmes pour soutenir les Maliens de la diaspora.
Le plus récent est le lancement du Forum Moroco-Malien, en mars 2022, qui fait appel à  la diaspora malienne à venir s’investir pour le développement socio-économique du pays, c’est pour soutenir essentiellement la diaspora malienne, souligne-t-il. Poursuivant ses propos, il dira qu’une réduction sur les taxes douanières sera prévue pour inciter et encourager l’initiative du FORUM MAROCO-MALIEN.
 En somme, nous nous sentons en droit d’exhorter l’État malien et ses partenaires à doubler leurs efforts d’accompagnement de ces migrants retournés de gré ou de force au bercail afin de faciliter leur intégration dans la vie active des structures étatiques ou privées.
YOUBA DOUMBIA

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