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La pression internationale s’accroît autour du groupe privé russe de mercenaires Wagner. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a mis en garde samedi 20 novembre contre une ingérence au Mali, appelant à une transition rapide vers un pouvoir civil dans ce pays en proie aux violences djihadistes et aux affrontements intercommunautaires.

En visite au Sénégal, dernière étape de sa tournée africaine, le secrétaire d’État américain a déclaré que les États-Unis « contribuent avec le Mali et d’autres partenaires aux efforts pour la stabilité » dans ce pays. « Je voudrais seulement ajouter que je pense qu’il serait malheureux que des acteurs étrangers s’engagent en rendant les choses encore plus difficiles et plus compliquées, et je pense en particulier au groupe Wagner », a-t-il déclaré devant la presse.

La junte au pouvoir à Bamako menace de recourir aux services de cette société privée russe soupçonnée d’être proche du président russe Vladimir Poutine pour aider dans la lutte contre le terrorisme. La présence de Wagner a été rapportée en Ukraine, en Syrie et en Afrique. Pour nombre d’ONG et de journalistes, la Russie utilise le groupe Wagner et ses mercenaires pour servir ses intérêts à l’étranger, ce que nie le Kremlin.

Des pressions de toutes parts

Les ministres français des Affaires étrangères et des Armées, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly, ont, lors d’un entretien à Paris le 12 novembre avec leurs homologues Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou, « exprimé le caractère inacceptable que revêtirait le déploiement de mercenaires de Wagner dans la bande sahélo-saharienne », selon un communiqué de la diplomatie française. Dans le sillage de la France, le 15 novembre, l’Union européenne (UE) a dit avoir trouvé « un consensus » parmi ses 27 États membres pour sanctionner le groupe russe. « Il y a un consensus pour prendre des mesures restrictives contre ce groupe. Elles seront décidées dès que le travail au niveau technique aura été achevé. Des propositions spécifiques pour désigner des individus et des entités vont être évaluées », a déclaré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, à l’issue d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles. Celui-ci a évoqué une possible adoption de ces mesures, réclamées notamment par la France, lors de la prochaine réunion des ministres, prévue le 13 décembre. Le chef de la diplomatie française a expliqué qu’il s’agissait à la fois de « sanctions contre les membres de la société Wagner et contre les sociétés qui travaillent directement » avec elle.

Attente d’un gouvernement démocratique

Sur le terrain, au Mali, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a imposé le 7 novembre des sanctions individuelles aux membres de la junte au pouvoir en raison du retard pris dans l’organisation des élections qui doivent consacrer le retour du pouvoir aux civils après le double putsch d’août 2020 et mai 2021. Là aussi, les 27 de l’UE se sont en outre mis d’accord pour adopter un cadre légal de sanctions visant la transition malienne.

Que feront les États-Unis ? Anthony Blinken a affirmé s’être entendu avec les autorités sénégalaises pour une transition vers la démocratie au Mali. « Dès qu’un gouvernement démocratiquement élu prendra fonction, la communauté internationale sera prête pour soutenir le Mali », a-t-il dit.

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