Les policiers préfèrent 1000 F Cfa aux contraventions

Les policiers préfèrent 1000 F Cfa aux contraventions

Au Mali, l’insécurité routière n’est plus à démontrer, vu le nombre élevé d’accident. Ces accidents sont dus parfois au non respect du code de la route et de l’indiscipline des usagers de la route. En plus de cette situation, les policiers préfèrent prendre la somme de 1000 francs Cfa à la place de la contravention. Ce qui favorise l’indiscipline des usagers vis-à-vis des lois de la route.

Le code de la route est ainsi bafoué par les maliens et cautionné par les hommes de la circulation. Selon les résultats d’une étude, près de 70% des accidents sont provoqués par des engins à deux roues soit 13 motos en moyenne par jour.

Ainsi, le nombre de victimes tuées, blessées des accidents de motos s’élève à 2264 soit 52,5% du total soit 12 victimes par jour, constituées pour la plupart de jeunes. En dépit de ces chiffres alarmants, les policiers semblent être détournés de leurs objectifs qui visent la réduction des cas d’accident sur les routes. Pour vous édifier sur la gravité de la situation actuelle au Mali, nous vous rapportons un cas qui s’est déroulé, le vendredi dernier.

En effet, c’est un motocycliste qui aurait brûlé le feu selon les policiers. « Vous avez brûlé le feu. Prenez la contravention et aller au GMS (Ndlr : groupement mobile de sécurité, s’occupant de la circulation). Vous n’aurez pas la moto », précise le policier. Ceci sans compter sur la détermination du motocycliste à récupérer sa moto.

Ce dernier nie avoir brûlé le feu. A l’en croire « le feu n’était pas au rouge mais au moment de son passage, il était à l’orange ». Pourtant, le policier était catégorique « si c’était une autre infraction, j’aurais l’amabilité de l’arranger mais brûler un feu ne se négocie pas. D’ailleurs, il n y a pas de bénédiction dans cette affaire. Il pourrait avoir une victime innocente ».

En outre, le motocycliste, de son côté, ne s’étant pas découragé et est revenu à la charge. Et c’est pour dire « nous sommes très pressés, nous devons rendre visite à un ami et nous sommes en retard. Chef essaye de voir s’il y a une solution ». Le motocycliste étant accompagné d’une collègue, cette dernière s’approcha pour dire « chef, nous sommes des agents de la télévision nationale, regarde ma carte ». « Est-ce que c’est toi qu’on a arrêté. Ce n’est pas trois (3) personnes qui montent sur la moto » rétorque le policier, apparemment chef de poste. « Mais nous sommes ensemble, je ne peux pas les laisser ici » fulmine la dame. « Alors reste ici parce que je ne pourrai pas te déguerpir » dixit le policier.

Croyant que la situation n’avait plus de solution, le motocycliste fait appel à un de ses amis qui remet 1000 francs au policier. Ce dernier, sans ambages, accepte la somme et retire la contravention au jeune motocycliste. Une attitude irresponsable que les policiers maliens sont en train d’adopter vis-à-vis de leur mission de respect des règles. De l’avis d’un taximan, interrogé par un journaliste malien sur la corruption des policiers de la circulation « nous, on préfère payer 500 Francs Cfa ou 1 000 Francs Cfa au policier que 5 000 Francs cfa au GMS ». Ce qui semble être une réalité pour la simple raison qu’un taximan avait été sifflé par un des policiers, ensuite relâché.

Cependant, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que près de 1,27 million de personnes sont tuées par les accidents de la route, chaque année. Les piétons, les cyclistes et les motocyclistes représentent près de la moitié de ces victimes, souligne le rapport qui précise, par ailleurs, que les accidents de la route sont la première cause de mortalité chez les jeunes de 10 à 25 ans.

Enfin, plus de 90% des décès sur les routes surviennent dans les pays à faible revenu ou intermédiaire où l’on ne compte que 48% du parc mondial de véhicules.

Adama COULIBALY 

Economie