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Issu d’une famille modeste, devenu l’un des hommes les plus riches du Kenya, William Ruto se présente comme le candidat des pauvres, face à l’alliance des « dynasties » de la vie politique kényane, incarnée le duo Raila Odinga et Uhuru Kenyatta. À 55 ans, le vice-président sortant, au passé sulfureux, brigue le fauteuil présidentiel pour la première fois.

Il a fréquenté les bancs de l’école pieds nus, porté sa première paire de chaussures à 15 ans et vendu des œufs et des poulets sur le bord des routes de la vallée du Rift : William Ruto est issu d’une famille modeste et aime le rappeler.

Parti de rien, devenu homme d’affaires à succès – l’un des plus riches de son pays – le quinquagénaire se présente comme le héraut de la « Hustler Nation », la nation des « débrouillards ». Il fait de son parcours et de son ascension fulgurante un argument de campagne, presque une marque. Et la posture fait mouche dans un pays frappé par une inflation galopante, où trois Kényans sur dix vivent avec moins de 1,90 dollar par jour, selon la Banque mondiale.

Mais le parcours du vice-président est moins lisse que ne le voudrait cette légende. Diplômé en sciences, brièvement enseignant, William Ruto fait ses classes en politique dans les années 1990 auprès de Daniel Arap Moi – unique président Kalenjin qu’a connu le Kenya. Il s’engage, précisément, au sein des sulfureuses jeunesses de la Kanu, le parti de l’autocrate, tristement réputé pour avoir pourchassé les membres de l’ethnie Kikuyu dans la vallée du Rift au cours de ces années.

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