Journée internationale de la fille : Le plaidoyer des filles de Konseguela

Journée internationale de la fille : Le plaidoyer des filles de Konseguela

Les filles de Konseguela se sont fait entendre par les autorités de leur commune. Le 30 octobre 2022, la commune rurale de Konseguela, en partenariat avec World vision cluster de Koutiala, a célébré la Journée internationale de la fille. Cette journée a été une aubaine pour les filles d’interpeller les décideurs et autorités de leur localité sur le respect de leurs droits.

Le Mali, à l’instar des autres pays de la communauté internationale, célèbre chaque 11 octobre la Journée internationale de la fille. Pour cette édition 2022 dans la commune rurale de Konseguela, au cluster de Koutiala, elle a été un espace d’échanges, de sensibilisation, d’information et d’orientation sur la nécessité du respect des droits des filles. Placée sous la présidence du sous-préfet de l’arrondissement de Konseguela, cette journée s’est déroulée en présence de centaines de personnes de la commune rurale de Konseguela.

L’écrivain Francais Chistian Bobin disait : « Etre écouté, c’est être remis au monde, c’est exister, c’est comme si on vous redonnait toutes les chances d’une vie neuve. » Cette situation sied aux messages que les filles de Konseguela ont adressés à leurs autorités. A peine la mise en place terminée, le chef de village de la commune rurale de Konseguela, Daouda Malick Koné de souligner l’importance des femmes dans la société, avant de remercier tous les encadreurs et le staff de world vision Mali. Aux dires du chef de village, il n’y a pas de familles sans femme. D’ou la nécessité de ne pas nuire à leur avenir.

Pour sa part, la représentante du sous-préfet de l’arrondissement de Konseguela, Mme Diallo Aïssata Dicko, a précisé que c’est le lieu de saluer le staff de World Vision Mali pour ses efforts envers les enfants. Elle a également souligné que la protection et le respect des droits des filles est une nécessité absolue pour le développement de nos hameaux, villages, communes et du pays en général. Et elle a conclu en interpellant tous les chefs de village, leaders religieux et élus locaux à ne ménager aucun effort pour faire respecter les droits des filles dans leurs localités.

Quant au manager du cluster de Koutiala, Jacob Dougnon, il a adressé ses salutations aux chefs de village, au sous-préfet, au maire, aux enseignants, les représentants des autres services techniques, les groupements de femmes et tous les autres partenaires de world vision. A l’en croire, le département de la promotion de Femme, de l’Enfant et de la Famille a joué un grand rôle pour la réussite de cette journée. Selon M. Dougnon, la communauté internationale a décidé de choisir le 11 octobre de chaque année pour célébrer la Journée internationale de la fille. L’objectif est d’une part de converger les efforts afin de faire respecter les droits des filles, et d’autre part promouvoir les droits des filles. Aussi, il dira qu’il s’agit de faire comprendre et de rappeler que les filles ont droit à l’éducation, la santé, au respect, la protection.

Par ailleurs, le manager dira aussi: « C’est une première édition pour notre cluster, et nous espérons qu’avec l’appui de toutes les autorités localités (chefs de village, maires, leaders religieux, représentants des services techniques, organisations féminines) chacun s’implique dans la promotion des droits des filles. Et nous espérons aussi que chacun de nous parviendra à célébrer chaque année cette journée dans sa localité. Les messages clés de cette journée sont entre autres: les conséquences de la non scolarisation des filles, la déscolarisation, le mariage précoce, mariage forcé des filles, les violences physiques ou mentales que les filles subissent, etc. »

Pour Zeba Mallé, maire de la commune rurale de Konseguela, il n’y a rien de plus important que le développement de nos villages et communes. Et pour réussir cela, c’est l’éducation et surtout celle des filles qu’il faut mettre en valeur. Selon ses dires, World Vision a beaucoup fait dans sa commune. « Ce combat de Journée internationale n’est pas un combat de World Vision, mais c’est plutôt le nôtre. Car si nos filles parviennent à être des grandes personnalités, c’est la commune qui en bénéficiera. Nous remercions les encadreurs des filles, nos chefs de village, et surtout notre partenaire infatigable, World Vision », a-t-il conclu.

Quant à la porte-parole des filles, elle a d’abord remercié World Vision, ses camarades et les encadreurs avant de poursuivre que les filles de Konseguela recommandent à leurs autorités de bannir le mariage des enfants, de prendre au sérieux la scolarisation des filles, de bannir le mariage forcé, de cesser la marginalisation des jeunes filles, de mettre fin à la maltraitance des filles.

Pour Dany N’Daw, représentante du service local de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille de Koutiala, celui qui éduque, protège et soigne une fille a rendu un grand service à l’humanité. Toujours dans sa conférence débat, elle a non seulement expliqué  l’importance de la scolarisation des filles, mais aussi les conséquences liées au mariage précoce et forcé dont les filles sont généralement victimes. Il faut noter que durant cette journée d’échanges et de sensibilisation, les filles de Konseguela ont encore interpellé les autorités locales sur le respect de leurs droits.

Notons que c’est l’assemblée générale des Nations unies du 19 décembre 2011 dans sa résolution N⁰ 60/170 qui a institué la date du 11 octobre comme Journée internationale de la fille (JIFi). L’objectif est de sensibiliser l’opinion sur les inégalités dont les filles souffrent à travers le monde.

Aussi, il faut rappeler que pour cette 10ème édition de la JIFi, le thème national est: « Participation des filles dans la promotion de leurs droits ».  Ainsi, World Vision Mali, en collaboration avec la Direction nationale de la promotion de l’enfant et de la Famille (DNPEF), a mis à profit la célébration de cette journée pour inviter les décideurs, les politiques, les leaders communautaires et le staff de World Vision Mali à œuvrer pour le respect des droits des enfants en général et ceux des filles en particulier.

Par ailleurs, il faut préciser que parmi les centaines de personnes présentes lors de la célébration de cette journée, il y avait environ 103 jeunes filles venues de divers villages de la commune rurale de Konseguela.

Seydou SANGARE

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