Eric Zemmour visé par de nouvelles accusations dans “Mediapart”

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Après l’élue Gaëlle Lenfant, plusieurs femmes racontent le comportement du polémiste de Cnews, entre baisers forcés, et gestes ou propos à connotation sexuelle.
 
METOO – Elles sont cinq. Cinq nouvelles femmes à accuser Éric Zemmour d’agressions sexuelles ou de comportements déplacés dans le sillage du témoignage de Gaëlle Lenfant, une élue socialiste de la ville d’Aix-en-Provence, qui racontait sur les réseaux sociaux, le 24 avril dernier, comment le polémiste l’aurait embrassée de force au début des années 2000 lors d’une université d’été organisée par le PS.
 
Cinq jours plus tard, jeudi 29 avril, Mediapart a ainsi publié une longue enquête dans laquelle plusieurs femmes pointent le comportement du chroniqueur plusieurs fois condamné par la justice pour provocation à la haine, dans les couloirs de la rédaction du Figaro et de Cnews, chaîne pour laquelle il officie encore, mais pas uniquement. 
 
Les témoignages recueillis, “au cours des derniers mois”, est-il précisé, évoquent notamment des baisers forcés, des gestes et des propos à connotation sexuelle, et dressent le portrait d’un homme, aujourd’hui âgé de 62 ans, qui a, au moins, “laissé un souvenir pénible à plusieurs salarié.e.s”, selon le récit de Mediapart.
 
“J’étais tétanisée, sous le choc, je ne comprenais pas ce qu’il se passait”
Le site d’informations publie, entre autres, le témoignage d’une journaliste et autrice belge, Aurore Van Opstal. Celle-ci indique avoir sollicité le polémiste en 2019 pour organiser une rencontre avec son père adorant “la télé, les gens médiatiques.” Éric Zemmour aurait alors profité de la situation. La jeune femme prétend qu’il lui aurait “caressé le genou avec sa main”, sous la table, serait “remonté jusque l’entrejambe”, pendant qu’il échangeait avec son père.
 
“Il a fait comme ça deux allers-retours. J’étais tétanisée, sous le choc, je ne comprenais pas ce qu’il se passait, je le connaissais depuis trois minutes. Il avait 60 ans, j’en avais 29”, raconte-t-elle à Mediapart à propos de cette rencontre remontant au mois de mars 2019.
 
D’autres préfèrent témoigner sous couvert d’anonymat. Une journaliste raconte pour sa part avoir été la cible de comportements semblables au cours de l’année 2005. Elle explique que le polémiste l’aurait embrassée de force à l’issue d’un rendez-vous, qu’elle raconte en détail dans son journal intime du 13 mai 2005 et dont certains extraits sont publiés par le site d’informations.
 
“Il n’a pas arrêté de me draguer. (…) Moi j’étais hyper troublée. Mal. Je l’ai repoussé gentiment au départ (…) mais il revenait à la charge, profitant de son statut. Et moi, intimidée mais aussi flattée quelque part, je n’arrivais pas à lui dire un non ferme”, écrit-elle d’abord. En ajoutant à propos du baiser forcé: “il a mis sa langue et tout! Je l’ai repoussé encore mais pas assez franchement. Quand nous sommes sortis du café, il m’a réembrassée et je me suis laissée faire.”
 
Éric Zemmour garde le silence
Le comportement d’Éric Zemmour est également pointé du doigt dans les couloirs des rédactions qu’il a occupées ou qu’il occupe encore. Une maquilleuse à Cnews, qui témoigne sous couvert d’anonymat, accuse le polémiste de l’avoir “plaquée contre le mur”, alors qu’elle se retrouvait seule avec lui, en marge de l’émission “Ça se dispute!”, “une main sur (son) bras et l’autre au-dessus du sein, près de l’aisselle”, en lui disant: “mais tu comprends pas que j’ai envie de baiser avec toi.”
 
Une autre jeune femme, décrite comme “hôtesse d’accueil à I-Télé, au début des années 2010”, se souvient du polémiste en ces termes: “La particularité avec Zemmour était qu’il essayait de briser les barrières, la distance physique… Il s’approchait parfois très près pour dire bonjour.” Un jour, en arrivant dans les locaux de la chaîne, il lui aurait “passé sa main sur (les) fesses”, en lui donnant l’accolade, assure-t-elle.
 
Enfin, une journaliste stagiaire au Figaro en 2012 raconte le regard “vraiment lubrique, manifeste, pendant des secondes” du polémiste sur son décolleté, en décrivant un “type très courtois, poli”, mais dont le comportement “pouvait bousculer”, selon ses mots à Mediapart.
 
Contacté par le site d’informations pour répondre à ces accusations, Éric Zemmour, devenu au fil des années la tête d’affiche de Cnews et d’une frange conservatrice de la sphère politique, n’a pas donné suite. Son “entourage” avait simplement déclaré à franceinfo, à propos du premier témoignage, celui de Gaëlle Lenfant, qu’il s’agissait “d’une affaire politique qui sort au moment où chacun sait qu’il y a des velléités autour de lui.”
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