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Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a de nouveau dénoncé ce lundi, sur le sol américain, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, un « défaut de concertation » des États-Unis dans la crise des sous-marins et la « permanence de réflexes d’une époque que nous espérions révolue ».

« Ce qui est en cause aujourd’hui, au-delà de la rupture d’un contrat industriel, la rupture brutale, inattendue, inexpliquée », « ce qui compte là maintenant c’est d’abord la question de la rupture de confiance entre partenaires », a insisté Jean-Yves Le Drian. « L’alliance ça veut dire la transparence », « la prévisibilité », « l’explication », « se parler », « ne pas se cacher », a-t-il estimé, « tout ça nécessite aujourd’hui des clarifications ».
Nous pensions que la page de l’unilatéralisme, de l’imprévisibilité, de la brutalité de l’annonce, du non-respect du partenaire faisait partie du passé.Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères
Le chef de la diplomatie française a une nouvelle fois déploré la « brutalité de l’annonce » faite par le président américain Joe Biden le 15 septembre d’une nouvelle alliance stratégique avec l’Australie et le Royaume-Uni, qui torpille un mégacontrat de sous-marins français à Canberra. Cela s’apparente à « la permanence de réflexes d’une époque que nous espérions révolue », a-t-il martelé, dans une allusion claire au mandat de l’ex-président américain Donald Trump.
Soutien de l’UE
La France, qui a rappelé ses ambassadeurs à Washington et Canberra dans un geste sans précédent, ne décolère pas et le fait savoir. Et elle a pu se réjouir à New York d’un soutien des dirigeants de l’UE, plutôt silencieux jusque-là.  La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a jugé « inacceptable » la manière dont la France a été « traitée », dans un entretien sur la chaîne américaine CNN.
Le président du Conseil européen Charles Michel a aussi dénoncé un « manque de loyauté » des États-Unis et plaidé pour un renforcement de la « capacité d’action » de l’UE sur la scène internationale. Il s’agit d’un « coup de tonnerre » au niveau mondial, a estimé pour sa part la cheffe de la diplomatie belge Sophie Wilmès, en appelant l’Europe à être « plus vocale » dans la relation transatlantique.
Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept devaient examiner lundi soir à New York en marge de l’Assemblée générale de l’ONU les conséquences du nouveau partenariat stratégique américano-britannico-australien dans la région indo-pacifique.

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