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Dans le but de promouvoir la reconnaissa

nce nationale aux victimes et leur rendre leur dignité, la CVJR a tenu, ce samedi 11 juin 2022 au Centre international de conférence de Bamako (CICB) sa cinquième audience publique non judiciaire sur le thème 《 Femmes victimes de violences sexuelles et Enfants victimes de conflits》. La cérémonie d’ouverture était présidée par Dr Choguel Kokalla Maiga, premier ministre chef du gouvernement accompagné de plusieurs de ses collègues, M. OUSMANE OUMAROU SIDIBÉ, président de la CVJR et Mme Lalla Maïga, représentante des victimes. A noter que douze(12 ) victimes dont dix(10) femmes de violences sexuelles et deux(02) enfants de conflits ont témoignagé pour cette 5ème audience.

 

 

À l’ouverture des travaux, la représentante des victimes a d’abord fait savoir que de 2012 à aujourd’hui, que plusieurs victimes ont vu leurs vies basculer du jour au lendemain, mais celles ayant subi des violences basées sur le genre ont perdu non seulement la confiance en elles, mais continuent à subir des stigmatisations surtout l’impact de ces drames sur les enfants. Ensuite, Lalla Maïga a invité les autorités de la transition à redoubler d’efforts pour ramener la paix au Mali. Enfin, Mme. Maïga a remercié la CVJR et ses partenaires pour tous ceux qu’ils font pour les victimes. À la suite de son intervention, le président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation a pris la parole, au micro, il a rappelé que la violence sexuelle basée sur le genre est un élément central du vécu des femmes et des enfants. Au Mali, comme ailleurs, le viol est utilisé comme une arme de guerre et que les femmes et les filles sont les cibles principales, a-t-il déclaré. Ensuite, Ousmane Oumarou Sidibé a précisé que les audiences publiques de la Commission Vérité, Justice et Réconciliationles ne sont pas des audiences judiciaires, ce qui laisse voir que la CVJR n’est ni un tribunal, encore moins compétente à établir la culpabilité des uns et l’innocence des autres, elle n’administre pas de réparations aux victimes mais les accompagne en besoin urgent de leur prise en charge. Aussi, q’une politique nationale de réparations a été déposée auprès du gouvernement par CVJR 》aux fins de rétablir toutes les victimes dans leurs droits, a-t-il ajouté. Malgré les souffrances que les enfants et les femmes endurent, dit-il, ils ont rarement l’occasion de s’exprimer pour partager leurs expériences et leurs besoins. Bien qu’ils représentent plus la moitié de la population ainsi que l’avenir du pays, ils sont rarement considérés comme les citoyens à part entière, c’est pourquoi, dans le mandat de la CVJR, ce thème a été inclu et la 5ème audience leur est spécialement réservée, a confirmé M. Sidibé. Pour terminer son intervention le président de la CVJR a souligné que les témoignages de cette audience ne sont qu’un échantillon de plus de 28 600 dépositions reçues par la CVJR, dont la moitié sont des femmes et un nombre important des enfants.

 

De sa part, après s’être réjoui de la tenue de cette 5ème audience publique de la CVJR et placée sous sa présidence, le premier ministre chef du gouvernement a souligné que la régularité de ces audiences publiques témoigne de l’engagement ferme du gouvernement pour promouvoir la paix et la réconciliation au Mali. Ensuite, Dr Choguel kokalla Maïga a montré que la paix et la réconciliation sont au cœur du gouvernement de la transition en promouvant la justice réparatrice et non vengeance et en luttant avec vigueur contre l’impunité, c’est pourquoi, l’État du Mali est engagé jour et nuit à tout mettre en œuvre pour renforcer les garanties de non répétition, et contre l’occurrence des crises qui ont profondément affecté au tissu social, la cohésion nationale, la cohabitation Pacifique et le vivre ensemble, a-t-il mentionné. Enfin, M. Maïga a réaffirmé la volonté inébranlable du président de la transition, son excellence le Colonel ASSIMI GOÏTA et le gouvernement de mener une lutte sans merci contre les auteurs des violences faites aux femmes et aux enfants. Cet engagement, dit-il, ressort dans la résolution 1325 des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, adoptée le 31 octobre 2000, et lors du sommet mondial 1990 sur les enfants que le Mali a co-présidé .

 

Comme à l’accoûtumée, le président de la CVJR, après l’intervention des officiels, a accordé un certain temps aux victimes de témoigner devant le public de tous ceux qu’ils ont au cœur et de tout ce qui les tient à cœur comme faits graves à la violation de leurs droits en tant qu’humains. Pleine comme un œuf, la grande salle de conférence du CICB rimait aux pas et cris des témoins et victimes des violations des droits humains que les victimes ainsi que leurs proches et les défenseurs des droits de l’homme. De 1960 à nos jours, de profondes crises multidimensionnelles ont secoué le Mali tout en foulant au pieds les droits humains. Les témoins et victimes de ces violations quoique blessés physiquement et moralement sont prêts à raviver la paix et la réconciliation. Pour ce faire, ils demandent hâtivement le soutien total de l’État du Mali. Témoignant les faits, les victimes ont, de prime d’abord, remercié la CVJR pour le rôle prépondérant qu’elle joue pour eux. En effet, ces témoignages ont été faits dans les règles de l’art et ils étaient à témoigner sur des cas différents. Ainsi, la première victime couverte sous le nom victime N°1 est une ségouvienne mais son cas a été déroulé à Gao en 2012. Dans ses faits, elle a été violée devant son mari et son unique garçon par un groupe des hommes armés. 《Ce que je craignais c’est ce qui m’a arrivé de me violer devant mon mari et mon fils. depuis ce jour jusqu’à maintenant je ne vis pas avec eux et je vis de toutes situations sans eux. L’effet de l’action les a débarrassé à moi 》a-t-elle affirmé. Je pris Dieu pour que la paix revienne au Mali pour qu’aucune femme ne traverse ce que j’ai traversé. Je fais appel à L’ÉTAT pour une aide afin parvenir à mes besoins.

 

Quand à la victime N°2, elle vient de Tombouctou et son cas est intervenu à Tombouctou en 2012. Elle a été victime d’un mariage forcé par un terroriste qui l’a amené à son demeure et la traitée de toutes sortes de maux étant malade. 《Je ne voulais pas qu’il m’amène, mais à cause de ma mère j’ai accepté parcequ’elle voulait pas que je perds la vie comme nous étions dans l’obligation. Ce que j’ai craingni ça été fini par ça, il m’a enceinté et il m’a menacé de garder l’enfant. Partout au quartier on m’appelle la maman de fils d’un terroriste et l’Ex mari d’un terroriste ce qui m’a pose de problèmes. J’ai perdu la confiance du quartier et celle de mes proches. C’est à cause de ces souffrances que ma mère est décédée 》. Je ne veux plus vivre dans ce quartier parceque je veux plus qu’on continue d’appeler mon fils sur ce nom, j’ai besoin d’aide et je fais appel à l’État de prendre toutes les mesures pour que la paix revienne au Mali surtout dans cette localité.

 

Aux dires de la victime N°3, une native de Gao, elle a été violée à l’âge de 15 ans à Gao en 2012 par un groupe des hommes armés jusqu’à ce qu’elle a perdu une de ses trompes de femme 《le fait m’a causé des infections que je n’avais pas de moyen pour me soigner. Je ne sais pas si je peux avoir encore de l’enfant comme je ne suis pas mariée d’abord 》a déclare la victime. Je suis seule, j’ai besoin d’aide pour pouvoir parvenir à mes dépenses.

 

Chez les deux enfants victimes de conflits. L’un a été forcé pour un enrôlement militaire par un groupe terroriste et l’autre a été amputé au pied droit après avoir reçu une balle perdue sur son pied. La première est un garçon, il avait 11ans au moment de ses faits. C’était à Tombouctou en 2012.《un jour un groupe terroriste est venu me prendre chez nous pour une formation militaire, il m’a amené dans un centre et on a fait trois mois de formation c’est là que tout s’est passé. J’ai tout vécu pendant cette période de formation. Après la formation, j’ai été déployé à un poste de contrôle routier. Dégoûtant par ma mère qui était réfugiée en Mauritanie est venue faire tout pour que je quitte de ce boulot, finalement elle a pu le faire mais ça m’a mis un peu en retard avec mes collègues promotionnels de l’école. Ils sont en terminale cette année alors que je fais le DEF cette année à mes 23 ans》. Je sollicite auprès de l’État de m’accompagner afin que je puisse continuer mes études.

 

La deuxième est un garçon de 11ans qui a subi une amputation après avoir reçu une balle perdue sur son pied droit avec retard de soins. 《Un jour, j’étais en promenade avec mes amis dans la rue une balle m’a eu à mon pied droit après un retard pris on m’a évacué à l’hôpital et la solution a été une amputation on a dû accepter parcequ’on avait pas de choix》. A cause de cette situation le regretté n’a pu poursuivre ses études et il aimerait toujours d’être accompagné pas seulement pour ses études, mais, aussi pour réaliser son rêve qui de devenir un footballeur célèbre.

 

Parmi les 12 témoignages nous sommes arrêtés à quelques exemples, c’est pas que les autes n’ont pas d’effets ils sont tous les mêmes, mais compte tenu la situation de la rédaction, nous avons dû arrêter à cinq témoignages.

 

Dans sa reprise de parole, le président Ousmane Oumarou Sidibé a remercié tous ceux qui ont de loin ou de près apporté leur soutien pour la tenue de cette 5ème audience publique de la CVJR. Mention spéciale a été faite aux partenaires techniques et financiers de la CVJR par ricochet, la MINUSMA, L’ONU FEMMES, la Coopération Allemande à travers le Projet d’Appui à la Stabilisation et à la Paix (PASP), la GIZ, les avocats sans frontières, et L’UNICEF.

YOUBA DOUMBIA.

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