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La capitale malienne connaît depuis quelques semaines une augmentation du prix du litre d’essence et de celui de gasoil. Cédé précédemment à 600 francs CFA, le litre d’essence est aujourd’hui vendu 663 francs, alors que le gasoil est passé de 540 à 593 francs. Une augmentation qui met certains revendeurs au chômage mais n’excède le prix plafond fixé par l’Office national des produits pétroliers (ONAP).

La volonté affichée des autorités de la transition d’augmenter le pouvoir d’achat des citoyens tarde à faire effet. À la montée des prix des aliments s’est ajoutée il y a quelques semaines celle du prix des carburants. Le litre d’essence à la pompe a augmenté de 63 francs CFA et le gasoil de 53 francs. C’est le cas chez les sociétés multinationales de production et de fourniture de carburant. Conséquence : plusieurs revendeurs de carburants ont arrêté leur business « pour manque de bénéfices conséquents ».

Parmi eux, Aly Sidibé, revendeur d’essence à Faladié. « Avant, on achetait 20 litres d’essence 10 600 francs CFA. Maintenant, c’est 11 200 francs. De même, les 20 litres d’huile de vidange qu’on nous vendait 12 000 francs CFA nous coûtent aujourd’hui 15 000 francs », explique le travailleur informel, qui affirme avoir laissé tomber son boulot le temps que les choses s’améliorent. Toute hausse des prix fournisseurs a des répercutions sur les prix à la pompe.

Ainsi, cette augmentation du coût de carburants, à en croire Niamoye Bocoum, comptable dans une station-service privée, est due aux fournisseurs, qui à leur tour pointent du doigt les tarifs douaniers et les coûts des barils en hausse. « Nous prenions d’habitude le litre à 550 francs CFA chez nos fournisseurs. Actuellement, ils nous fournissent le carburant à 600 francs le litre, raison pour laquelle nous avons été obligés d’augmenter à notre tour le prix de vente. D’ailleurs, il n’y a pas beaucoup de produits sur le marché actuellement. C’est aussi l’une des raisons de l’augmentation », explique la comptable.

À l’ONAP, la montée du prix des carburants est un non évènement tant qu’elle ne dépasse pas le prix plafond fixé, soit 663 francs CFA pour l’essence et 593 francs pour le gasoil. Car les fournisseurs ne peuvent pas vendre à un prix supérieur à celui édicté par l’Office, à part ceux qui sont indépendants de l’ONAP. Ils peuvent donc vendre au-dessous mais pas au-delà. Outre l’ONAP, la Direction générale du Commerce et de la concurrence veille également au respect des prix.

Surproduction

En 2020, le prix du pétrole avait fortement baissé à cause de la pandémie de la Covid-19, tout comme les prix à la pompe, notamment à cause des confinements et de la demande mondiale en berne. Les compagnies pétrolières avaient une surproduction qu’ils ont vendue à perte. Les pays de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) s’étaient mis d’accord pour réduire l’offre afin de soutenir le cours du baril.  Depuis la reprise des activités économiques à l’échelle mondiale, l’offre et la demande se sont rééquilibrées et le prix du pétrole est reparti à la hausse« À chaque fois qu’on a des prix fournisseurs que nous ne maîtrisons pas, car décidés par les pays producteurs de pétrole, nous faisons en sorte de nous conformer à la politique du gouvernement malien pour la fixation des prix afin de les rendre accessibles au pouvoir d’achat des consommateurs », expliquait dans une interview récente le Directeur général de l’ONAP, Modibo Gouro Diall. Cette politique stipule que les fixations de prix ne doivent pas dépasser au maximum 3% de la variation. Le surplus est pris en charge par une subvention de l’État. Autrement dit, explique le Directeur de l’ONAP, s’il y a des augmentations supérieures à 3%, l’excédent n’est pas répercuté à la pompe. C’est l’État qui diminue à ce moment ses taxes.

Aly Asmane Ascofaré

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