Une femme accuse la police d’être responsable de sa fausse couche

Une jeune femme accuse la police d’être responsable de sa fausse-couche après son arrestation en décembre dernier dans le Val-d’Oise.

Le 21 décembre dernier, Débora a accouché d’une petite fille morte-née. Selon la femme de 23 ans habitante de Garges-lès-Gonesse, cette fausse-couche a été provoquée par son arrestation onze jours plus tôt dans un centre commerciale de la ville du Val-d’Oise, le 10 décembre. Ce jour-là, à 17h30, elle est allée faire les courses avec une cousine et une amie. Les trois femmes sont alors remarquées par des policiers parce qu’elles ne portaient pas de masques contre le covid-19, écrit «Le Parisien».

Les jeunes femmes auraient alors accepté de mettre les masques sans discuter avant d’être verbalisées par une policière. C’est là que la situation se serait envenimée. «Nous étions en conversation privée avec ma cousine et mon amie quand elle [la policière] est revenue vers nous en courant. Elle a attrapé le poignet de ma cousine en disant : “Outrage à agent, je vous embarque”. On n’était pas d’accord, car on n’avait rien fait», a expliqué Débora lundi lors d’une conférence de presse avec son avocat, citée par le quotidien.

La policière aurait plaqué la cousine au sol avant d’attraper Débora par le bras et de la pousser «trois fois violemment» contre le mur. Elle l’aurait ensuite «tirée dehors en (la) secouant». Tout au long de l’altercation, la jeune femme assure avoir signalé qu’elle était enceinte. Le trio a été placé en garde à vue. Débora en est sortie quelques heures plus tard, à 21h30, et est convoquée le 6 juillet prochain au tribunal.

Trois plaintes déposées

Débora est allée consulter un médecin le lendemain après avoir ressenti des «douleurs au ventre» dans la nuit. Elle sera finalement hospitalisée 10 jours parce que son col de l’utérus s’est ouvert. Le 21 décembre, elle a accouché d’un bébé mort-né. «J’allais très bien avant tout ça, a-t-elle fait valoir. J’avais vu mon gynécologue une semaine avant, mon col était très bien fermé. A l’hôpital, ils ont aussi constaté que j’avais un bleu dans le dos. Les médecins m’ont fait clairement comprendre que c’était lié».

Débora a déposé deux plaintes dans cette affaire. La première, deux jours après sa fausse-couche, pour «violences par personne dépositaire de l’autorité publique» puis une seconde pour «violences par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une mutilation permanente». Une plainte a également été déposée par la policière contre Débora et sa cousine pour pour «outrage sur personne dépositaire de la force publique». Le parquet de Pontoise a confirmé à l’AFP qu’«une enquête est confiée à l’IGPN (L’Inspection générale de la Police nationale) pour déterminer précisément les circonstances de l’interpellation dénoncées par la jeune femme».

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