Nicaragua: perpétuité pour les crimes «haineux», l’opposition s’indigne

Le Parlement du Nicaragua a adopté lundi 18 janvier une réforme constitutionnelle qui prévoit une peine de prison à perpétuité pour les auteurs de crimes caractérisés par la « haine », une réforme vue par l’opposition comme une nouvelle manoeuvre pour la réprimer.

La mesure a été adoptée par les voix du Front sandiniste, parti du gauche au pouvoir, et ses alliés, qui soutiennent le gouvernement du président Daniel Ortega, et rejetée par l’opposition, a indiqué la députée du Parti libéral constitutionnaliste, Azucena Castillo – opposition de droite.

Elle modifie un article de la Constitution et prévoit désormais qu’ « exceptionnellement », une peine de prison à perpétuité sera imposée pour quiconque sera condamné pour « des délits graves quand ils ont eu lieu dans des circonstances de haine, cruelles, dégradantes ou humiliantes ».

Une peine de 30 ans de prison était auparavant la peine maximale prévue par le code pénal, et le nouvel article ne précise pas quel type de délit correspond au qualificatif de « haineux ».  Une loi et une réforme du code pénal doivent encore être approuvées avant que cette mesure entre totalement en vigueur.

Criminalisation de l’opposition

Mais pour l’opposition, c’est la porte ouverte à des interprétations politiques, selon Mme Castillo, qui redoute que cette mesure criminalise encore davantage l’opposition, dont les activités sont régulièrement qualifiées de « terroristes » ou d’inspirées par la « haine », selon elle.

Le président Ortega, au pouvoir depuis 2007 et qui pourrait se représenter pour un quatrième mandat en novembre, a déjà fait approuver plusieurs lois visant l’opposition, particulièrement depuis que le pays a été secoué en 2018 par des manifestations réclamant son départ.

Le Parlement a ainsi approuvé une loi permettant d’infliger des peines allant jusqu’à 20 ans de prison à des manifestants et une autre qui réglemente les financements venant de l’étranger au bénéfice des organisations civiles, au motif de défendre la souveraineté nationale.

En octobre, le Parlement a donné son feu vert à une loi qui punit de prison les auteurs d’informations que le gouvernement juge comme étant fausses ou diffamatoires. Et en décembre, une autre loi interdisant d’élection quiconque approuve ou soutient l’imposition de sanctions contre le Nicaragua, a également été votée.

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