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L’Argentine légalise enfin l’IVG, le reste de l’Amérique latine à la traîne

L’Argentine devient le quatrième pays du continent latino-américain à autoriser l’avortement sans restrictions: le Sénat vient d’approuver le projet de loi légalisant son accès. Cette pratique reste encore tabou dans la région où l’on compte près de deux millions d’avortements illégaux chaque année.

Les années de mobilisation féministe à travers le pays ont enfin fini par payer. En Argentine, le projet de loi pour la légalisation de l’avortement approuvé par les députés le 11 décembre a finalement été adopté dans la nuit de mardi à mercredi par le Sénat, bastion conservateur. Le texte a été approuvé par 38 voix contre 29 et une abstention. En 2018, le Sénat avait déjà rejeté un texte similaire. Comme celui proposé cette fois par le président de centre gauche Alberto Fernández, il visait à autoriser les IVG durant les quatorze premières semaines de grossesse. Jusqu’à présent, l’avortement en Argentine n’était permis qu’en cas de viol ou de danger pour la mère, d’après une loi de 1921. Une situation commune dans nombre de pays du continent, empreint de catholicisme et très divisé sur cette question.

L’avortement totalement autorisé seulement dans trois pays

L’avortement n’était totalement autorisé jusqu’à ce jour que dans trois pays latinos : Cuba depuis 1965, le Guyana et l’Uruguay depuis 2012, jusqu’à douze semaines de grossesse. A contrario, l’IVG est strictement interdite au Honduras, au Nicaragua, en République dominicaine, au Salvador et au Suriname, même en cas de viol ou de danger pour la mère.

Dans certains pays de la région comme le Mexique, les règles en matière d’avortement diffèrent d’un endroit à un autre. Au sein de cet Etat fédéral d’Amérique centrale, chacune de 32 entités fédératives qui le composent dispose d’une législation propre à ce sujet. L’avortement n’est légal que dans la capitale, Mexico, depuis 2007 et dans l’Etat d’Oaxaca depuis 2019, jusqu’à douze semaines de grossesse. Dans le reste du pays, il n’est permis par la loi qu’en cas de viol. Certains Etats mexicains l’autorisent aussi dans deux autres circonstances : quand la vie de la femme enceinte est en danger, et en cas de malformation du fœtus.

Des avortements clandestins encore nombreux

Même dans les cadres autorisés par la loi, certains praticiens refuseraient de procéder aux avortements, déplorent les défenseurs du droit à l’IVG comme l’ONG Amnesty international. Selon le ministère de la Santé chilien, la moitié des obstétriciens du Chili s’opposaient en 2019 à pratiquer des IVG , en raison de leurs convictions personnelles. Le pays a assoupli l’accès à l’IVG en 2017, l’autorisant seulement dans trois situations : risque pour la vie de la femme, non-viabilité du fœtus et viol.

Les interdictions, ainsi que les refus de pratiquer ces actes par certains professionnels de santé, ont des conséquences médicales et sociales: de nombreuses femmes font le choix d’avortements pratiqués clandestinement. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), trois interruptions de grossesse sur quatre sont faites illégalement en Amérique Latine, ce qui représente près de deux millions d’avortements illégaux chaque année. Ces interventions à risque peuvent provoquer des complications pour les patientes, pouvant aller dans certains cas jusqu’au décès.

Ces pratiques sont passibles de peines de prison allant jusqu’à plusieurs dizaines d’années d’emprisonnement pour homicide. D’autres femmes peuvent également être condamnées pour des fausses couches, assimilées à des avortements. En 2019, la Salvadorienne Evelyn Hernandez avait ainsi été condamnée lors d’un premier procès à trente ans de prison pour avoir accouché d’un bébé mort-né, avant d’être finalement acquittée.

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