Soupçons de financement libyen: pour Guéant, “un collaborateur ne rend pas compte de tout” au président

Claude Guéant dénonce une “fable” inventée par Ziad Takieddine. Mis en cause par l’homme d’affaires franco-libyen dans le dossier portant sur les soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, le plus proche collaborateur de l’ancien président de la République réfute avoir reçu des valises d’argent de la part de Ziad Takieddine.

“L’affaire des cinq millions, c’est une fable complète, réagit Claude Guéant invité de BFMTV ce lundi. C’est absolument faux! Est-ce que vous imaginez la France signer un accord avec un État étranger pour être payée en cash? Est-ce que c’est immaginable?”

Il y a quelques jours, Ziad Takieddine est revenu sur ses premières déclarations et a dédouané Nicolas Sarkozy, affirmant cette fois-ci qu’il n’avait pas reçu d’argent libyen pour financer sa campagne présidentielle de 2007. L’homme d’affaires franco-libyen maintient toutefois avoir donné cinq millions d’euros en liquide à Claude Guéant pour “honorer un contrat entre les services de renseignements de ces deux pays”.

Claude Guéant reconnaît avoir eu des discussions avec Ziad Takieddine dès “2002-2003”. “Ziad Takieddine est quelqu’un d’extrêmement entreprenant, qui a une forte tendance à s’imposer”, explique l’ancien ministre de l’Intérieur. “J’ai estimé dans les fonctions que j’ai exercées, qu’il pouvait, malgré cet entrisme qui le caractérise, apporter une sensibilité, ou la sensibilité de certains contacts, utile pour le développement des politiques développées par la France.”

“Mais ce n’était pas des discussions sur de l’argent”, martèle-t-il encore. “Je voudrais redire qu’il n’y a jamais eu d’argent libyen et que dans ce dossier il n’y a strictement aucune preuve, (…) les indices sont complètement divergents, c’est important.”

Nicolas Sarkozy était-il au courant de ces discussions entre l’intermédiaire et son directeur de cabinet au ministère de l’Intérieur? Le principal intéressé assure que non. “Le collaborateur d’un président de la République, d’un ministre de l’Intérieur ne lui rend pas quotidiennement et par le menu compte de tout ce qui se passe, ça c’est sûr”, insiste Claude Guéant.

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