Me Demba Traoré, chargé à la communication de l’URD : « L’accord…n’a aucun élément dans le projet de révision»

Cette manifestation montre que c’est tout le peuple du Mali qui dit NON à ce processus référendaire, parce que ce n’est pas opportun. Je rappelle que nous ne refusons pas le référendum. Le principe d’un référendum est constitutionnel, on le ne refuse pas. Mais aujourd’hui, force est de constater que l’Etat n’exerce plus sa souveraineté sur toute l’étendue territoire. Il y a plus de 132 sous-préfets qui ont fui leurs postes du fait de l’insécurité. Qu’on nous dise que l’intégrité du territoire n’est pas atteinte, cela me dépasse. Un seul exemple : Quand une puissance étrangère occupe une partie du pays, la conséquence est qu’on ne peut plus accéder à la partie occupée. Aujourd’hui, on est dans cette situation, puisqu’on ne peut pas accéder à Kidal, ni à Ténenkou, ni à Douentza…

Les Maliens sont en train de sauver la face au président. Mais, le pouvoir en train d’exclure le NON, alors que la loi même dit que les gens ont le plein droit de dire qu’ils ne sont pas d’accords. Le pouvoir s’accroche à ce projet de révision, au motif qu’il est dans des engagements internationaux. Quels engagements internationaux ? On se veut se moquer du Peuple ! L’accord, auquel on fait référence, n’a aucun élément dans le projet de révision. Est-ce que c’est l’accord qui a demandé de renforcer les pouvoir du président ? Non. L’accord n’a jamais dit qu’il faut créer un Sénat. Il dit seulement qu’il faut diligenter le processus de création d’un Sénat.

Djimé Kanté, membre de la plateforme « An Tè, A Bana, Touche pas ma constitution » : « Cette révision est anticonstitutionnelle »

Cette seconde marche s’imposait à partir du moment où la première n’a pas servi d’avertissement. Les autorités n’ont pas retiré le projet constitutionnel, comme nous l’exigeons. Il y aura d’autres activités, parce que nous sommes déterminés à barrer la route à cette révision qui est tout simplement anticonstitutionnelle. On ne va pas reculer jusqu’à ce qu’on nous prenne au sérieux. Avec la détermination de tous ceux qui disent NON, je suis sûr qu’on aura gain de cause.

En 1991, les Maliens se sont battus pour la démocratie. Aujourd’hui, qu’est-ce qui nous empêcherait d’obtenir le redressement de cette même démocratie ?

Amara Sidibé, porte-parole du mouvement « Trop c’est trop » : « Le combat continuera jusqu’au…»

On demande au président IBK de retirer le projet de révision constitutionnelle, enfin de créer un cadre de dialogue pour que l’ensemble des Maliens se retrouvent pour discuter de l’avenir du pays. Cette grande mobilisation prouve que les Maliens sont déterminés. Le combat continuera jusqu’au retrait du projet. Que le président ait l’humilité de retirer ce projet.

D’ailleurs, il n’a plus le choix, puisque c’est le peuple (qui l’a élu) qui se révolte. Il se trompe en croyant que c’est de la politique. Aucun parti politique n’a jamais reçu à faire une mobilisation pareille. Nous sommes convaincus que la constitution de 1992 doit être révisée, mais on estime que les conditions ne pas réunies pour aller vers un référendum. Et le document proposé actuellement ne fera pas avancer le Mali.

Nouhoum Togo, chargé de communication du Pdes : «Le printemps Arabe doit servir de leçon… »

Cette deuxième marche confirme qu’on est toujours dans la logique de continuer le combat.

Dans les jours à venir, beaucoup de choses vont changer. Plusieurs actions sont prévues. Le jour où l’Assemblée nationale voudrait opter pour une relecture, nous organiserons, dans la légalité, des actions à cet effet. Il faut que le président écoute son Peuple. On a tous vu ce qui s’est passé pendant le printemps Arabe, cela doit servir de leçon…

Aujourd’hui, comme en 1991, c’est cette même jeunesse qui se révolte. Donc, on demande au président de la République de tirer des leçons de ce qui se passe dans le monde. De ne pas seulement écouter ceux qui sont proches de lui, par ce qu’ils ne s’intéressent qu’à leurs intérêts. Le Peuple malien aspire à la paix, il a besoin de la sécurité… De la signature de l’Accord d’Alger à nos jours, il y a eu plus de 1000 morts.

Chaque jour, les soldats et les populations civiles sont victimes d’attaques, plusieurs sous-préfets ont abandonné leurs localités à cause de l’insécurité… Dans ces conditions-là, il impossible d’organiser un référendum. Lors des dernières élections communales, ils n’ont pas pu organiser des élections dans une cinquantaine de communes. Alors, qu’est-ce qui prouve qu’ils pourront le faire, surtout que la situation sécuritaire se dégrade de jour en jour…

Propos recueillis par Mohamed Sylla      

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