Les opposants chinois concentrent leurs efforts sur la libération de Liu Xia

Les autorités chinoises refusent d’indiquer le lieu où elle est assignée à résidence. Liu Xia, la compagne de l’opposant Liu Xiaobo, est visiblement dans un état de dépression complète et d’épuisement physique et ses amis s’inquiètent pour elle.

Liu Xia serait particulièrement mal et ses amis craignent qu’elle ne prenne la décision de rejoindre son mari, lauréat 2010 du prix Nobel de la paix décédé le 13 juillet dernier en captivité à Shenyang.

Ami de ce couple mondialement connu, le dissident chinois Hu Jia, qui avait reçu du Parlement européen le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit en 2008, a décidé de lancer un mouvement « Free Liu Xia ».

« Depuis que Liu Xiaobo a obtenu le Nobel, elle vit dans l’isolement absolu »

Il en appelle au concert des nations et explique à RFI pourquoi il faut agir vite : « Je pense que les politiques et l’opinion publique du monde entier doivent tendre la main à Liu Xia pour la sauver du désespoir », plaide-t-il.

« Depuis que Liu Xiaobo a obtenu le prix Nobel le 8 octobre 2010, Liu Xia vit dans l’isolement absolu. Pendant sept ans, elle avait le droit d’aller voir son mari une fois par mois, mais elle n’avait pas le droit de raconter à son mari son assignation à résidence et la condamnation de son frère », explique l’activiste.

Liu Xia, le 15 juillet 2017 à Shenyang lors des obsèque de son mari, Liu Xiaobo.Shenyang Municipal Information Office/via REUTERS

Hu Jia ajoute qu’elle « subissait une pression psychologique incroyable ». « Elle ne pouvait pas s’endormir sans somnifère, elle était enfermée dans une prison mentale bien plus cruelle que Xiaobo. »

Après avoir perdu ses deux parents, en 2016 puis début 2017, Xia a décidé, il y a quelques mois, de tout révéler à son mari au risque de subir une sanction plus sévère encore de la part des autorités, continue Hu Jia.

« Les autorités chinoises ne veulent pas que Liu Xia quitte la Chine »

« C’est tout juste après que Xiaobo a accepté de s’exiler avec elle et son frère que la malheureuse nouvelle ne s’est abattue sur elle. Du dernier mois qu’elle a passé au chevet de son mari, qui disparaissait peu à peu, il ne lui reste qu’une phrase de lui : “Vis bien.” Mais comment pourrait-elle vivre bien ? »

Pour l’opposant, il n’y a aucun doute : en Chine, « elle sera surveillée de près ». « Les autorités chinoises ne veulent pas que celle qui a recueilli les dernières confidences de Liu Xiaobo quitte la Chine », conclut Hu Jia.

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