La Banque Mondiale et ses Ajustements Démentiels.

Quand elle a été crée, juste après la Seconde Guerre planétaire, la Banque Mondiale était une banque internationale mise en place pour la reconstruction et le développement. Elle avait comme but principal: remettre sur pieds l’Europe et le Japon sortis, totalement, anéantis et démolis de ce fastidieux conflit armé.

Ainsi, le vieux continent a retrouvé sa jeunesse et sa splendeur d’antan-bien sûr, et c’est ce qu’on oublie souvent de mentionner, en exploitant la force et les bras des immigrés qui fuyaient la pauvreté et la misère des anciennes colonies- et le gigantesque conglomérat financier s’est trouvé une autre mission: aider les pays sous-développés, en Afrique, Asie et Amérique latine, a combattre leur pauvreté.

La vérité est qu’avec son néolibéralisme économique anglo-saxon, préconisant moins d’interventionnisme étatique et plus de liberté commerciale, doublé d’un discours catéchiste civilisateur, la Banque Mondiale- en voulant faire du bien- a, en fait, relancé la politique colonialiste qui se servait de l’idéologie religieuse des missionnaires évangélistes chrétiens.

En Afrique, par exemple, elle octroie des prêts à des régimes dictatoriaux qui s’en servent pour resserrer leur étau sur la population qui se trouve piégée entre la marteau d’une junte corrompue et l’enclume d’une dette dont elle n’a pas vu le moindre sous et qui, en plus, doit rembourser, per injuriam, avec dommage et intérêts.

Avec les Programmes d’Ajustement Structurels exigés par son Fond Monétaire International, la banque onusienne a enfoncé le clou-qui ne sera pas le dernier- dans le cercueil des pays endettés. Un cercueil qui enterrera avec lui bien des secteurs clés et primordiaux pour un vrai développement des pays africains tel que la santé, l’éducation, l’industrie et l’agriculture. Cette dernière a, sérieusement, souffert de l’essor de la spéculation libéraliste sur les denrées céréalières au détriment de la culture des terres agricoles, qui délaissées par les petits paysans, ont passé aux mains des grandes corporations agro-alimentaires.

Le FMI a appliqué ses plans d’ajustement sans tenir compte de la diversité et la complexité des nations en difficulté car c’est la dichotomie ‘’perte & profit‘’ qui structure la logique exécutives de ses dirigeants. Peu importe que les gouvernements perdent de leur souveraineté, et deviennent un simple acteur économique comme tant d’antres sur la marché par une privatisation forcée qui n’apporte aucune plus-value aux pays concernés. C’est des bagatelles que la population subisse les affres de la précarité par ce que les secteurs à visée sociale connaissent une régression par manque d’argent et tout le monde connait quels comptes bancaires, cet argent est allé grossir.

Ce qui est aussi important, qu’au prioritaire, pour la Banque Mafiosale-je voulais dire Mondiale- et son Fond Maraudeur International, c’est de maximiser leurs emprunts et se faire rembourser jusqu’au dernier penny même si, y arriver, demande d’oublier, dans un premier temps, les conditionnalités qu’ils ont fixé pour, soi-disant, sauver les économies en détresse ou, fermer les yeux, dans une deuxième étape, sur les exactions en matière des droits de l’homme qui sont perpétrées et subventionnés par leur aide salvatrice et comme ultime recours traîner les pays en difficulté de paiement devant les tribunaux anglo-saxons dont la partialité est plus favorable envers leurs usuriers multinationaux.

Combien d’enfants n’ont pu entamer ou continuer leur scolarité par manque d’établissements scolaires? Combien de femmes ont perdu leurs nouveau-nés ou mortes pendant l’accouchement faute de personnel médicale insuffisant ou infrastructures mal-équipées? Combien de petits commerçants et artisans se sont trouvés sur la paille, victimes de la concurrence déloyale qui a suivi la privatisation et l’entrée des marchés dans l’économie du libre-échange commerciale? Combien… et combien..?

Sur des décennies, des générations entières ont supporté les frais d’un impérialisme financier esclavagiste et d’autres, lésées comme les premières, continuent d’en payer les pots cassés. Mais, rassurez-vous ! Pour vos maux et souffrances, nos chers politiciens, en bons démagogues maîtrisant le discours religieux quasi manipulateur, ont trouvé la compensation qui ne se refuse pas: les pauvres et les démunis entrent en premier au Paradis céleste. Alors, vous autres misérables et damnés de cette terre, vous n’avez qu’attendre l’ange de la mort et vous accéderez dans l’au-delà à tout le bonheur et la béatitude dont vous n’avez pas goûté, la moindre once, d’ici-bas. Mais, une toute petite et dernière formalité : soyez patients et ne tentez rien de con! Que voulez-vous? Rien n’est gratuit. Même les Jardins d’Eden ont leurs propres conditions. Mais, eux, au moins, le rêve d’y accéder, mérite largement de se plier à leurs quatre volontés.

RACHID    ZIDINE

PROFESSEUR-CHRONIQUEUR

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