Les hauts et les bas de la sexualité conjugale en afrique

La sexualité constitue l’un des six champs de bataille privilégiés des couples, bataille qui se limite parfois à des frustrations ou à des incompréhensions, mais

qui mène aussi à un blocage tel que seul un divorce peut résoudre. Pourtant, là aussi un peu de connaissance et d’acceptation des différences homme – femme pourrait éviter bien des ennuis.

La différence de libido
Tout le monde le sait,il existe une différence fondamentale d’intensité entre la libido féminine et la libido masculine. Grosso modo, la libido de l’homme est de deux à trois fois supérieure à celle de la femme : la femme moyenne se contente, par exemple, d’une relation sexuelle par semaine, alors que l’homme moyen voudrait faire l’amour au moins trois fois par semaine pour être heureux sexuellement.
Cette différence peut être accentuée par les valeurs culturelles et éducatives qui encouragent l’homme dans son expérimentation sexuelle, mais qui est plus restrictive pour celle de la femme, quoique ce double standard tend actuellement à changer avec l’hypersexualisation. Cette différence repose essentiellement sur un substratum physiologique : le taux de testostérone, hormone du désir, est de dix à vingt cinq fois plus élevé chez l’homme que chez la femme. La femme adulte moyenne possède une concentration de testostérone qui varie

De plus, cette différence homme – femme tend à évoluer au cours de nos vies. L’homme atteint l’apogée de son désir dès le début de sa maturité sexuelle, soit vers l’âge de 15 ans. Sa libido demeure au summum jusqu’à l’âge de 30 ans, puis décline lentement jusqu’à la fin de sa vie. Là aussi, une explication biologique : si le désir de l’homme est si fort dès le début de sa maturité sexuelle, c’est parce que c’est à ce moment-là que la qualité de ses spermatozoïdes est la meilleure, donc plus grande possibilité de donner naissance à des bébés sains. Comme cette qualité diminue avec le vieillissement, la nature fait en sorte de diminuer le désir de l’homme pour minimiser les possibilités d’enfantement. Mais, contrairement à la femme, l’homme peut se reproduire à tout âge.

La maturité sexuelle n’éveille pas le désir de la jeune femme et sa capacité d’orgasme : elle la rend capable de se reproduire. La libido et la reproduction ne sont pas liées chez la femme comme c’est le cas chez l’homme. L’homme doit orgasmer pour se reproduire. La jeune femme est généralement plus portée vers la dimension affective et relationnelle de la sexualité : sa sensualité prime sur sa génitalité. Sa sensualité s’exprime par des sensations qui envahissent tout son corps et par sa fantasmagorie romantique. Alors que l’adolescent se masturbe, la jeune fille rêve. Alors que l’adolescent cherche à devenir un « homme » en conquérant le corps d’une femme, n’importe laquelle, la jeune fille cherche un compagnon sentimental et sécurisant à qui elle pourra confier son lot d’ovules.
Les répercussions sur la vie sexuelle du couple

Ces différences libidinales peuvent avoir sur la vie du couple des répercussions négatives ou positives. En général, le jeune homme initiera les rapports sexuels en misant sur les zones érogènes et la génitalité de sa femme alors que cette dernière voudrait que son partenaire prenne davantage de temps avant d’arriver au « but ». Celle-ci mettra l’accent sur le contexte amoureux, plutôt que sur les gestes érotiques. Mais comme le cerveau de l’homme est imbibé de testostérone, celui-ci n’aura de cesse que lorsqu’il obtiendra ce qu’il veut. Et il voudra répéter l’expérience le plus tôt possible, puisque celle-ci lui est très agréable. Ce qui n’est pas nécessairement le cas de la jeune femme qui doit découvrir le chemin du plaisir sexuel et génital.

Il est vrai qu’il y a des exceptions à cette règle : il existe des jeunes hommes très romantiques et peu portés sur le sexe, tout comme il existe des femmes très portées sur la « chose » et qui en redemandent, sans nécessairement conditionner la génitalité à la relation amoureuse. Mais, je m’adresse ici a tout le monde.

Les répercussions sont négatives lorsque la sexualité devient une monnaie d’échange. Pour obtenir du sexe, l’homme sera gentil et prévenant ; pour donner du sexe, la femme fera du chantage. L’homme par exemple dira « Je t’aime » à sa partenaire, alors qu’il pense « Je te désire ». Elle lui répondra « Moi aussi, je t’aime » signifiant qu’elle a de l’affection et de la tendresse pour lui. Se croyant confirmé dans son désir de faire l’amour, l’homme se rapproche de sa partenaire et commence à la caresser, en silence. Pour lui, démontrer son amour à sa partenaire, c’est lui faire vivre des sensations agréables et en prendre lui aussi. Quelle surprise lorsque celle-ci résiste en lui disant : « Est-ce moi que tu aimes vraiment quand tu dis que tu m’aimes, ou est-ce seulement mon corps qui te fait réagir ? J’ai vraiment l’impression que tu ne penses qu’à « ça ». L’homme est surpris car il ne fait pas cette différence : pour lui, aimer sa partenaire, c’est l’aimer avec son corps. Quant à elle, la sexualité est plutôt un aboutissement qui survient lorsque l’autre a réussi à l’apprivoiser, lorsqu’il a démontré verbalement son amour pour elle ou fait quelque chose pour elle (comme les tâches ménagères), lorsqu’il a agi comme ELLE le voulait.

Vivre en couple, c’est apprendre à gérer des différences et l’une de ces différences est que l’amour stimule la sexualité chez la femme et la sexualité stimule l’amour chez l’homme, aussi stéréotypée que puisse être cette affirmation.

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