France: mort de Danielle Darrieux, l’actrice d’un siècle

L’actrice Danielle Darrieux est décédée mardi 17 octobre, à l’âge de 100 ans, a fait savoir sa famille. Avec plus de cent films à son compte, elle incarne une traversée exceptionnelle de l’histoire du cinéma sur huit décennies. Ses initiales DD, devenues légendaires, 20 ans avant celles de Brigitte Bardot, la consacrent très tôt comme un mythe vivant du Septième Art.

De Danielle Darrieux, on retient les yeux mutins, le visage frondeur de la jeune première pétulante dès ses premiers films, à commencer par Le Bal en 1931, immense succès qui lance sa carrière. Henri Decoin qui deviendra bientôt son époux peaufine ses rôles dans des mélodrames de qualité. Bien après leur divorce, il lui offrira encore l’un de ses plus beaux rôles, celui de l’épouse empoisonneuse dans La Vérité sur Bébé Donge, en 1952.

Danielle Darrieux dans «La Vérité sur Bébé Donge», un film d’Henri Decoin sorti en 1952.Photo by ullstein image/getty Images)

De la résidence surveillée à Max Ophüls

Entre les deux, il y aura eu la guerre et ce voyage à Berlin, en 1942, où elle traverse l’Allemagne nazie en compagnie de quelques autres artistes français. À la Libération, accusée de collaboration, elle passe quelque temps en résidence surveillée, mais contrairement à Arletty, elle n’est que peu inquiétée. Sa carrière reprend plus fort que jamais et atteint bientôt un nouveau pic : avec Max Ophüls qui lui offre coup sur coup trois chefs-d’œuvre : la jeune épouse infidèle de La Ronde, la fille de joie du Plaisir et la frivole Madame de…

Depuis quelques années j’étais plongée dans les rôles dramatiques que j’ai eu du mal à trouver quand j’étais jeune, parque quand j’étais jeune on disait que j’étais une comique…
Danielle Darrieux aimait varier les rôles comme elle l’expliquait en 1993 dans l’émission Grand Ecran

Elle est la « maman » des Demoiselles de Rochefort

Le reste de sa carrière n’atteindra pas de tels sommets même si elle réapparait triomphalement en 1967 dans Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy. Elle y est Yvonne Garnier, la mère de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. Elle est la seule à savoir chanter : « Je suis un instrument, il faut savoir jouer de moi, alors on sait en jouer ou on ne sait pas », lance-t-elle au réalisateur Jacques Demy. À cette époque, Darrieux a 50 ans et elle va encore tourner 26 films, jusqu’en 2009 où, âgée de 92 ans, elle donnait encore la réplique à Jean-Pierre Marielle dans Pièce montée, une comédie de Denys Granier-Defferre.

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