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Hôte du G20, la monarchie saoudienne se fiche des pressions

Le sommet des vingt pays les plus riches a lieu ce week-end, en virtuel, à Ryad. Malgré son image désastreuse et les pressions en faveur des droits humains, la monarchie saoudienne ne lâche rien.

La photo promettait d’être belle : les dirigeants des vingt pays les plus puissants rassemblés autour du vieux roi Salmane d’Arabie saoudite et de son fils Mohamed ben Salmane, dit MBS, l’homme fort de la monarchie. Le coronavirus est passé par là… Ryad est bien l’hôte ce week-end du G20, mais par écrans interposés.  Ce n’est pas plus mal pour le régime, car il risquait d’y avoir des absences voyantes  relève Agnès Levallois, spécialiste du monde arabe à la Fondation pour la recherche stratégique. En  vrai , pour la photo, certains pays auraient envoyé un ministre…

L’affaire Khashoggi a laissé des traces. L’assassinat de l’opposant saoudien par une équipe de tueurs, qui ont dissous son corps dans l’acide, au consulat d’Arabie à Istanbul, a jeté une lumière crue, fin 2018, sur les pratiques du régime vis-à-vis de ceux qui le dérangent.

 Dans l’affaire Khashoggi, Donald Trump a donné un gros coup de main à son «  ami MBS. En fermant totalement les yeux, ce que n’aurait sans doute fait aucun autre président américain, il a bloqué une réaction concertée avec les Européens, poursuit Agnès Levallois. La défaite de Trump ennuie d’ailleurs MBS, car Joe Biden sera plus exigeant sur les droits de l’homme. Mais cela ne changera rien sur le fond. L’Arabie saoudite reste incontournable, à cause de sa richesse et des énormes contrats qu’elle représente. »

De toute façon, sur le plan intérieur, les Saoud qui considèrent le pays qui porte leur nom comme leur propriété, ne lâcheront rien. Les nombreuses pressions internationales, et le timing idéal que constituait le G20 à Ryad pour libérer Loujain al-Hathloul n’ont pas abouti. Cela fait trois ans que le régime s’acharne sur cette Saoudienne de 31 ans, aujourd’hui à l’isolement total. Son crime ? Avoir réclamé trop tôt que les Saoudiennes puissent conduire, c’est-à-dire avant que MBS ne l’autorise.  Conduite des femmes, ouverture de cinémas… C’est MBS et uniquement lui qui décide de ces mesures qui servent son image de modernisateur à l’étranger.

L’obsession du prince, c’est de faire basculer l’Arabie dans l’après-pétrole, à grands coups d’investissements dans l’économie numérique et le tourisme. Un plan « Vision 2030 » vendu à la planète à grand renfort de vidéo et de cabinets de conseil grassement payés. La réalité ? Malgré sa richesse, l’Arabie a besoin d’investisseurs étrangers pour lesquels l’imprévisible MBS est tout sauf rassurant.  L’épisode du Carlton de Ryad, en 2017, quand des dizaines de riches saoudiens ont été séquestrés, et certains violentés, pour céder une partie de leur fortune, a de quoi faire réfléchir.

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