Rachida Dati veut occuper l’espace à droite en vue de la présidentielle 2022

Rachida Dati candidate à la présidentielle 2022 ? L’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy ouvre la porte dans une interview publiée ce mercredi 22 juillet dans le journal Le Parisien. Une offre de service surprise qui souligne surtout le vide à droite. À moins de deux ans de la présidentielle, personne ne s’est encore imposé.

« J’ai un rôle à jouer […]une envie et une vision ». Dans l’entretien qu’elle accorde au journal Le Parisien, l’ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy ferait-elle un pas vers la présidentielle ? Non, décrypte-t-on dans le parti : « C’est davantage une carte postale » pour le député Pierre-Henri Dumont, une manière de ne pas se faire oublier pour la candidate malheureuse à la mairie de Paris.

Une offre de service qui ressemble surtout à l’occupation d’un espace vide. Trois ans après l’échec de François Fillon dès le premier tour de la présidentielle 2017, le parti Les Républicains n’a toujours pas trouvé son sauveur. Les ambitions sont pourtant là. Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, l’a dit : la présidentielle, il y « pense ». Léger hic : l’ancien ministre de la Santé et du Travail a claqué la porte du parti voilà plus de deux ans. Même problème pour Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, dont le départ l’an dernier a laissé des traces. Des départs qui n’empêchent pas les deux dirigeants d’occuper l’espace médiatique pour tenter de se frayer un chemin vers 2022. On a beaucoup vu Valérie Pécresse et Xavier Bertrand depuis le début de la pandémie, sur le front des masques notamment. La présidente de la région Île-de-France vient d’ailleurs d’annoncer une distribution de masques gratuits pour les jeunes de sa région.

Plusieurs candidats, mais pas de dynamique 

Autre membre du club des présidentiables à droite : le sénateur Bruno Retailleau, chef de file des parlementaires LR au palais du Luxembourg. Très offensif contre le gouvernement, Bruno Retailleau entretient ses troupes avec son mouvement associé, Printemps républicain. Problème : il est le tenant d’une ligne très conservatrice et donc minoritaire, selon ses adversaires, qui rappellent que la ligne Bellamy a provoqué l’échec cuisant des européennes. La tête de ligne conservatrice n’avait permis au parti de recueillir que 8,48% des voix en mai dernier.

À la tête du parti, Christian Jacob a bien une solution pour créer la dynamique à droite : la sortie du bois de François Baroin. Le président de l’association des maires de France aurait, selon son ami Christian Jacob, de nombreuses qualités pour porter les couleurs de la droite en 2022. L’idée court depuis quelques mois, depuis son retour dans les instances du parti. Mais François Baroin n’a pour l’instant fait aucun pas en ce sens. Interrogé dans l’une des rares interviews qu’il a accordées ces dernières semaines, le maire de Troyes a fait savoir qu’il dévoilerait ses intentions à l’automne. D’ici là, il sortira un livre, sera présent à la rentrée politique du parti début septembre, mais ne devrait pas en dire plus. Une discrétion qui commence à en agacer certains y compris dans la direction du parti. Faut-il accélérer le calendrier ? Christian Jacob s’appuie sur l’exemple de l’actuel président pour balayer la question : « Dix-huit mois avant son élection, Emmanuel Macron n’était rien ».

La question de la primaire

Si Christian Jacob considère qu’il n’y a pas urgence, c’est que le processus de désignation du candidat de la droite à la présidentielle s’annonce douloureux pour le parti. Prévue dans les statuts, la primaire fait débat. « Un poison », selon le numéro 3 du parti, Aurélien Pradié, selon qui les militants, s’ils étaient consultés, pourraient la rejeter. Alors que Bruno Retailleau, qui bénéficie d’une solide base militante au parti, y est favorable. Qu’en disent Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ? Accepteraient-ils d’y participer ? Pour éviter d’avoir à résoudre cette délicate équation, Christian Jacob joue la montre. Son idée : que la personnalité de François Baroin s’impose et qu’une primaire ne soit donc pas nécessaire. Pour le patron de la droite, « C’est l’esprit de la Constitution : la présidentielle, c’est la rencontre d’un homme et du peuple ».

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