Réforme SNCF: Philippe et les syndicats inflexibles, mais des ouvertures

Huitième séquence de grève à la SNCF, les 8 et 9 mai. Les syndicats s’opposent toujours au projet de réforme de la SNCF. Ils ont été reçus ce lundi par le Premier ministre conformément à leur demande de parler à Edouard Philippe directement et non plus à la ministre des Transports Elisabeth Borne, qui a tout de même assisté à ces rencontres. Le chef du gouvernement est resté ferme et, pour le moment, les syndicats aussi.

Pour le moment, les discussions de ce lundi n’ont pas permis de sortir de l’impasse dans laquelle on se trouvait parce que le Premier ministre n’a rien proposé de nouveau aux syndicats, aucune concession n’a été faite. Et de fait, tous les syndicats continuent, après ces rencontres, d’appeler à la grève.

Pour le moment, parce que cette journée constitue peut-être, malgré tout, un nouveau départ pour les discussions. Pour l’Unsa et surtout pour la CFDT, on est vraiment « dans une deuxième phase ». Même à la CGT, plus radicale, on considère que « c’est le début » des négociations. Seul SUD-Rail continue, avec une certaine colère, de parler d’ « impasse ».

Et de fait, à ce stade, Edouard Philippe n’a reculé sur aucun point : fin du statut des cheminots, ouverture à la concurrence, transformation de l’entreprise publique SNCF en société anonyme, tout cela est maintenu. Et ce n’est pas une surprise, le chef du gouvernement avait prévenu qu’il ne bougerait pas. Les syndicats ont quand même, semble-t-il, été rassurés sur un point : celui de la dette de la SNCF, près de 50 milliards d’euros. Le président Emmanuel Macron avait déjà dit que l’Etat la reprendrait progressivement, à partir de janvier 2020. Le Premier ministre s’engage aujourd’hui à la reprendre de manière « substantielle » et à atteindre l’équilibre financier dans l’entreprise.

« Mon objectif est que la reprise de la dette permette au groupe public d’être à l’équilibre économique à la fin du quinquennat. A partir de 2022, la SNCF ne doit plus perdre d’argent chaque année. Il faut alléger les frais financiers et investir sur le réseau. C’est l’engagement de l’Etat. Il faut faire des économies, c’est la responsabilité de l’entreprise », a-t-il déclaré.

Les syndicats invités à proposer des amendements

Les syndicats attendent évidemment un engagement chiffré qui est promis par le Premier ministre d’ici la fin du mois. Mais on sent que, malgré une certaine lassitude sur cette annonce sans cesse repoussée, ils ont quand même été rassurés sur les intentions du Premier ministre. L’autre élément important, c’est la possibilité pour les syndicats de déposer des amendements. Le projet de loi, déjà validé par l’Assemblée nationale, passera devant le Sénat le 29 mai.

Le Premier ministre s’est dit ouvert aux propositions des syndicats : Unsa et surtout la CFDT, qui en a déjà préparé une quarantaine, sont ravis. La CGT et SUD-Rail, plus radicaux, le sont moins. Ils estiment que ces amendements ne serviraient qu’à accompagner un projet qu’ils rejettent. Ils continuent donc d’exiger le retrait du texte, et comptent sur la mobilisation des cheminots pour y parvenir.

La mobilisation va se poursuivre

Les appels à la grève perlée sont maintenus, avec deux nouvelles journées demain et mercredi. Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots résume la position de l’intersyndicale :

« A partir du moment où l’on change d’interlocuteur, nous considérons nous qu’on commence la négociation. Et ce n’est pas en début de négociation que l’on obtient tout ce que l’on souhaite. Alors on va poursuivre la pression. On a bien compris que le gouvernement s’installe aussi un peu dans la durée, donc on va relever le gant et puis les cheminots vont maintenir la grève. »

Les syndicats se retrouveront mercredi 9 mai pour parler de la suite du mouvement de grève. Ils seront à nouveau reçus à Matignon dans deux semaines.

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