PROPOSITIONS POUR UNE SORTIE DE : AU MALI. IBK A -T-IL (RE)PRIS LA MAIN ?

PROPOSITIONS POUR UNE SORTIE DE CRISE AU MALI.

IBK A -T-IL (RE)PRIS LA MAIN ?

Pour rappel, en 2013, après une élection triomphale sans ambiguïté ( 77,6% contre 22,4% ), Soumaïla Cissé ,le challenger,va reconnaître sa propre défaite au domicile de Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) dès les tous premiers résultats mettant fin à un suspense qui ne disait pas son nom. Ce geste politique , une première en Afrique voire dans le monde, a été salué par tous les démocrates du monde entier. Cet acte de courtoisie, salué par tous en son temps , peut être analysé , avec le recul aujourd’hui , comme un cadeau empoisonné avec des arrières pensées . Par ce geste, Soumaïla Cissé se positionnait – t – il à cet instant précis comme dernier recours parce qu’il savait , avec le temps et la situation de détresses du pays aidant, que le président nouvellement élu montrerait certaines insuffisances voire certaines limites ? Ces questions prennent tout leur sens dans la situation actuelle de chaos généralisés que le Mali connaît surtout après les élections tronquées du 29 mars et 19 avril 2020 après plusieurs années de reports afin de renouveler les 147 membres de l’Assemblée nationale . Quoi qu’on en pensait à l’époque,aux yeux des maliens comme aux yeux de la communauté internationale donneuse de leçons aux pays africains,ce geste républicain donnait au président nouvellement élu une meilleure autorité ainsi qu’une légitimité et une marge de manœuvre accrues pour relever les énormes défis qui l’attendaient.

 

Dans la foulée,avant que cet enthousiasme généralisé ne retombe comme un soufflé,dès Septembre 2013, j’avais adressé une lettre ouverte au président nouvellement élu qui a été publiée en son temps,sur les sites malijet.com,maliweb.net ou encore dans certains journaux du pays .

 

Dans cette lettre ouverte,sans aucune prétention ,je rappelais au président nouvellement élu les problèmes cruciaux qui secouaient le Mali à prendre à bras le corps . Mais pour cela il faudrait de l’audace car les maliens avaient atteint les limites humainement possibles de la patience et attendaient de le voir à l’ œuvre. 

Il va sans dire que IBK n’a pas crée ces problèmes néanmoins ils ont été fortement amplifiés dès son premier quinquennat au lieu de « Mali d’abord » , joli slogan agressif de campagne, les maliens , l’ont appris à leur dépens , dans la pratique du pouvoir que le joli slogan s’est travesti en «« Ma famille d’abord » mon clan, les amis……ensuite …..ensuite les maliens j’y penserai en période de ma réélection» .

Pour résumer cette lettre ouverte , je demandais au président nouvellement élu :

 

1 – premièrement , de mettre sur la table dès que cela serait possible la question d’un éventuel transfert de la capitale malienne , et laisser la ville de Bamako jouer le rôle de capitale économique . Le choix de la nouvelle capitale politique et administrative devra se faire de sorte à mettre la future capitale à égale distance de tous les chefs-lieux des régions maliennes avec pour objectif de réduire le déséquilibre entre la nouvelle capitale et le reste du Mali. Pour l’occasion, j’ai cité en exemples la nouvelle capitale de la Corée du Sud au doux nom de Sejong depuis le 1er Juillet 2012 sans oublier Abuja (12 Décembre 1991 ) au Nigéria ou Yamoussokro ( en 1983 ) en Côte d’Ivoire .

2-deuxièmement , faire du Mali une République Décentralisée et Indivisible inscrite dans la Constitution ce pourrait être un atout maîtresse pour négocier et trouver une solution durable au problème du Nord – Mali.Ainsi il sera fait de la Région , niveau territorial le mieux indiqué , le fondement de cette République Décentralisée et Indivisible . La Région,collectivité territoriale, aura un Parlement , un Gouvernement et un Exécutif élu ( appelé Président ou Gouverneur de région ) qui sera l’interlocuteur privilégié de la République Décentralisée et Indivisible du Mali . Espace viable économiquement, socialement et culturellement avec des réalités concrètes,la République Décentralisée et Indivisible du Mali concédera à ce niveau territorial une autonomie étendue à l’Économie,aux ressources du sol et sous sols , à l’Enseignement, à l’Emploi, à l’Aménagement du Territoire, à l’Agriculture, à la Santé, au Logement,au Tourisme, à ’Énergie, à l’Environnement, à la Culture , à la Politique familiale,… et gardera grandement la haute main sur le régalien . En gros,aller vers une République Décentralisée et Indivisible permettrait d’endiguer toute velléité indépendantiste ou séparatiste de sorte de permettre à toutes les minorités, je pensais aux touaregs, de s’y exprimer et de s’y retrouver au sein de cette République Décentralisée et Indivisible.

3-troisièmement,la création d’une République Décentralisée et Indivisible imposerait un nouveau mode de scrutin présidentiel. Le premier président de cette nouvelle république sera élu au Suffrage Universel Indirect à un tour couplé d’une proportionnelle régionale à travers un Système de Grands Électeurs propre au Mali ( le plus connu est celui USA ) à mettre en place .

En 2008 , dans le cadre de la Consolidation de la Démocratie au Mali initié par ATT, je proposais à la Commission Daba Diawara d’oser élire le futur président en 2012 au Suffrage Universel Indirect en mettant en place un système de grands électeurs à la malienne. La commission n’a fait aucun effort de me répondre . Cependant, le site Malijet.com a eu la courtoisie de me publier en son temps le 11 Juin 2008 sur son site .

Pour se faire élire président de la République Décentralisée et Indivisible du Mali ,je proposais que tout candidat à cette élection présidentielle forme un ticket , dans chacune des régions plus le District de Bamako, avec une personnalité qui ambitionnerait à son tour de devenir président ou gouverneur d’une des régions données. Par contre , un candidat à la présidentielle qui n’arriverait pas à constituer un ticket dans une des régions données est automatiquement éliminé de la course.

Le ticket qui arriverait en tête dans une région se verra accorder la majorité absolue au parlement régional mais aussi la majorité des grands électeurs, pour éviter tous les marchandages ou calculs électoraux d’après scrutins.

Pour rappel, dans son discours du 31 Décembre 2010, ATT avait promis de faire passer le nombre des régions de 9 Régions (8 Régions + le District de Bamako) à 20 Régions (19 Régions + le District de Bamako ).

En octobre 2018,le gouvernement de Soumeylou Boubèye Maïga sous IBK a introduit un Projet de Loi portant création de 20 régions plus le District de Bamako découpé en 10 communes. Mais il a été demandé au Ministre de l’Administration Territoriale, Mohamed Ag Erlaf, de revoir sa copie à ce jour .

 

4-quatrièmement , s’attaquer à la forteresse de l’Éducation Nationale malienne et de l’Enseignement Supérieur .

 

D’où viennent les maux de l’école malienne surtout ceux de l’enseignement supérieur ?

L’ École malienne est malade de toutes ces personnes qui ont pris la décision de créer par la Loi 93-060 de Septembre 1993,une université sortie de nulle part et la servir sur un plateau d’argent de la corruption aux étudiants, surtout à l’ AEEM ( Association des Élèves et Étudiants du Mali ) , parce que ce syndicat aurait participé à la chute du régime de Moussa . De cette décision est née en grande partie les sources des crises cycliques qui traversent l’école malienne, surtout de son Enseignement Supérieur.

Pour rappel, ces hommes politiques maliens d’alors ont oublié que le Mali, ancienne colonie française, n’a pas une culture universitaire mais plutôt une culture des grandes écoles.C’est cette culture des grandes école qui a fait la renommée de la qualité de l’enseignement du Mali dans la sous région ouest africaine .

Faute d’anticipation,la création de l’Université du Mali a aggravé la situation des étudiants maliens.Ils se sont rendus compte d’un manque énorme de moyens matériels, financiers surtout un manque criant d’enseignants dans les nouvelles facultés maliennes . Non contents, vingt années après, ces mêmes responsables politiques ont perpétué les mêmes erreurs. Quelles idées de transformer les grandes écoles en facultés , et plus tard, lors d’un conseil de ministres ( un mercredi 28 Septembre 2011 ) de décider de transformer les facultés en 4 nouvelles universités : l’université des sciences sociales et de gestion de Bamako (U.S.S.G.B), l’université des lettres et des sciences humaines de Bamako (U.L.S.H.B), l’université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (U.S.T.T.B) et l’université des sciences juridiques et politiques de Bamako (U.S.J.P.B) et la création d’une nouvelle école dénommée École Normale d’Enseignement Technique et Professionnel (E.N.E.T.P). Le 8 Décembre 2011, l’Assemblée Nationale a adopté le projet de loi relatifs à la ratification des ordonnances du 28 Septembre 2011 créant quatre nouvelles universités à Bamako et une grande école .

Ces nouvelles universités maliennes , au lieu d’être un lieu du savoir, sont devenues les endroits de toutes les perditions et de dépravations au propres comme au figurés, et l’ A E E M a fait de la corruption et le chantage un système de fonctionnement avec la duplicité des étudiants eux mêmes .Sinon comment expliquer le train de vie de certains responsables de l’ A.E.E.M . Les étudiants et élèves du Mali dénoncent la corruption et la mauvaise gouvernance des gouvernements successifs depuis le 26 Mars 1991, mais ils sont prêts , par tous les moyens pour passer en classes supérieures par la corruption ou chantage des enseignants parce qu’ils ont des parents fortunés ou par des parties de jambes en air pour avoir des Notes Sexuellement Transmises.

L’ Éducation malienne est malade du monopole syndical de l’ A.E.E.M,seul syndicat dans les collèges, lycées et les facultés maliennes. Comment l’ A.E.E.M , unique syndicat estudiantin , peut – il donner des leçons de démocratie , de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption et refuser le pluralisme syndical dans l’espace scolaire malien.

5-cinquièmement, je me prends à rêver de voir renaître la Fédération du Mali (Mali et le Sénégal),fonctionnant comme le BENELUX, à laquelle viendrait s’agglutiner la Guinée-Conakry avec laquelle la Mali a une communauté de destin.La nouvelle fédération , à l’intérieur de la CEDEAO,se fera dans le cadre de l’Aménagement du territoire malien et permettra de faire du Mali par exemple un HUB aérien surtout permettra au Mali d’être désenclavé et avoir deux fenêtres sur l’océan.

IBK avait – t – il bien saisi la signification réelle du vote des maliens en 2013 ? Avait-t-il compris les conditions dans lesquelles les deuxièmes quinquennats de Alpha et ATT ont – ils pris fin pour ne pas répéter les mêmes erreurs ?

Homme à poigne comme premier ministre sous Alpha, il a su endiguer les crises scolaires et éviter les années blanches aux parents d’élèves maliens, ou encore il a su éviter le Mali de s’installer dans un chaos hasardeux suite à l’élection présidentielle dont les résultats lui auraient été favorables disait-on ,enfin une de ses fameuses sorties , dans le passé dont il avait seul le secret , devenue virale sur les réseaux sociaux ces derniers temps dans laquelle il disait : « ATT et son régime sont des incapables,alors il faut qu’ils dégagent dans l’intérêt du Mali./……., Je ne pense pas à moi , notre pays , Maliba , regorge d’hommes et de femmes capables. Donc ce régime doit dégager ».Beau discours bien construit qui a berné les maliens faisant de lui , IBK, en ce moment précis l’incarnation d’un changement salutaire pour le pays .

Pour couronner le tout,IBK va travailler l’imaginaire collectif malien et se construire un statut victimaire de l’éternel second, bien que président de l’ ADEMA – PASJ , le refus de Alpha de le consacrer dauphin et lui passer la main en appuyant sa candidature à la présidentielle de 2002,ou encore une victoire électorale à la présidentielle qu’on lui aurait volée, etc…

Pour toutes ces raisons,en plus d’un slogan accrocheur « Le Mali d’Abord » et l’appui de certains religieux influents , les maliens vont se laisser séduire et accorder à IBK leurs suffrages et le propulser en 2013 à la présidence du Mali toutefois dans un contexte et des circonstances très difficiles pour le Mali parce que pour tout le monde il était l’homme de la situation.En 2013,le slogan dans la tête des maliens était « IBK Solutions » pour paraphraser le slogan de Alassane Dramane Ouattara « ADO Solutions » en 2010 en Côte d’Ivoire.

Pour rappel,à deux mois de la fin d’un deuxième quinquennat finissant avec une corruption érigée en système sous déjà Alpha,un Coup d’État mené par des officiers subalternes révoltés , pour des raisons très variées,sous la direction d’un capitaine inconnu Amadou Haya Sanogo, en filigrane d’une rébellion séparatiste touaregs déclenchée au Nord-Mali depuis déjà plusieurs mois, est venu renverser le régime ATT, dont le pouvoir depuis 2002 était à bout de souffle . Ce putsch, salutaire pour certains , un chaos de plus pour d’autres , rebat les cartes et en même temps compromet entre autre une démocratie malienne chimérique.

Il va sans dire que la situation actuelle du Mali n’est pas née sous IBK encore moins en 2013 mais cette situation est la conséquences d’une sortie précipitée de la transition après le Coup d’État du 26 Mars 1991.Dans cette précipitation aucun des acteurs de la première heure du 26 Mars 1991 n’a pris le temps d’analyser et de s’inquiéter du taux de participation de 43% au référendum de Janvier 1992. Tous avaient les yeux fixés sur le chiffre flatteur de 99,76%, et l’esprit ailleurs déjà c’est – à dire comment chacun va se positionner dans ce nouveau Mali dit démocratique.Avant même les premières élections de l’après référendum constitutionnel, une rupture s’est amorcée entre ceux qui étaient à la manœuvre et les maliens.Ce fossé ira grandissant car dorénavant il y a les élites politiques et les maliens lambda. Notre théorie , la situation actuelle est née dès 1991 avec une démocratie malienne issue d’un quiproquo comme partout en Afrique , quiproquo né du discours du 20 Juin 1990 de François Mitterrand à la Baule lors du Sommet France – Afrique.

Permettez moi de laisser de côté une énième analyse ici de ce discours . Néanmoins ce discours de François Mitterrand a été, de manière générale , une brèche dans laquelle les intellectuels africains se sont engouffrés et pour faire de la politique dont ils avaient été exclus depuis que l’Afrique a connu , dans les années 60 surtout vers la fin de ces années là , une succession de Coups d’États par les porteurs de treillis .

En regardant dans le rétroviseur de l’histoire du 26 Mars 1991, les problèmes récurrents , que le Mali traverse , étaient déjà nés sous la présidence de Alpha. Pour gérer son pouvoir en toute quiétude, Alpha va laminer tous les contre pouvoirs qui auraient pu gêner l’exercice de son pouvoir . Sous ses deux mandats,la corruption a été érigé en système . En premier , il a saboté l’école malienne dans ses fondements alors qu’il en faisait parti. Et non content , de torpiller l’école malienne, il fera de l’ A.E.E.M (Association des Élèves et Étudiants du Mali ),un syndicat autrefois combatif sous la dictature de Moussa, un syndicat corrompu .

Non satisfait d’avoir ébranlé tous les contre pouvoir pour asseoir son pouvoir,en plus de marginaliser une partie de l’élite politique du 26 Mars 1991, Alpha a aussi sabordé, pour des arrières pensées politiques , son propre parti l’ ADEMA – PASJ (L’ Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice ) qui l’a porté au pouvoir . Sinon comment comprendre , au lieu d’appuyer la candidature de IBK à la présidentielle de 2002 , président de l’ ADEMA – PASJ à l’époque , c’est ATT , un indépendant sans parti politique , qui recevra de ses mains les clés de Koulouba avec l’appui de ce qui restait de l’ ADEMA – PASJ et 43/44 partis que tout oppose sauf de partager le «gâteau Mali».De surcroît ATT fera deux quinquennats sans parti à l’assemblée Nationale malienne, du jamais vu dans les annales de la démocratie .

Ainsi, mieux que Machiavel, le premier président élu démocratiquement a torpillé la démocratie naissance malienne et ATT , soutenu en sous main par lui , est venu l’achever avec des discours mielleux et des pratiques d’un autre âge ( synègouya ) que des putschistes sont venus ramasser lui et son régime à la petite cuillère dans la nuit 21 au 22 Mars 2012 mettant ainsi fin à cette escroquerie démocratique  à la malienne .

C’est dans ces circonstances de chaos généralisé , de crises en crises, que IBK , avec le RPM ( Rassemblement Pour le Mali ) fondé par ses soins issu de l’ ADEMA – PASJ s’est fait porté à la présidence du Mali un État Failli . Personne ne misait sur le cheval IBK, même certains militants du RPM , n’eut été le Coup d’État du 21 au 22 Mars 2012 suivi d’une transition qui lui permit de se remettre en selle politiquement les complicités (des religieux influents, les militaires du putsch du 21/22 Mars 2012,…. ).

Dès son élection en 2013, le nouveau président doit faire face à de multiple problèmes déjà existants qu’il avait promis, dans l’euphorie de la campagne présidentielle, d’y apporter des solutions . Selon lui , le régime de ATT doit dégager car incapable de résoudre les problèmes récurrents du pays tels que : – la rébellion séparatiste touaregs exacerbée vers la fin du deuxième mandat de ATT – suite à l’intervention de l’OTAN en 2011 en Libye – n’a rien arrangé , la mauvaise gouvernance, les problèmes scolaires ( grèves permanentes des enseignants ou des étudiants ) sans compter les années blanches, une corruption structurée en système , des détournements des deniers publics en milliards de francs CFA sans aucune conséquences ,etc ….  En gros, depuis le 26 Mars 1991, une crise venait détrôner une crise existante non résolue , et toujours le Mali continuait de vivoter grâce aux aides internationales ( financières, militaires, etc ) généralement détournées de leurs objectifs premiers alors que l’insécurité gagne par à coups tout le Mali depuis 2012 .

Outre ces problèmes endémiques, IBK , au cours de son premier quinquennat , va se faire tordre le bras par l’État Profond International pour signer les Accords d’Alger 2015 , d’ailleurs malgré le contexte catastrophique du pays, il faisait la promesse , la main sur le cœur devant les maliens de ne céder aucun centimètre du territoire , et devant la communauté internationale , c’était la promesse d’appliquer à la lettre les accords de 2015. D’où un double langage . Mal lui aurait pris de faire des promesses dans ce sens au vu de l’état dans lequel est le Mali et surtout son armée.

Sans une vision clairement exprimée à la fin de son premier mandat sans avoir pu endiguer les problèmes pour lesquels les maliens lui auraient accordé leur confiance, en 2018 , IBK va se lancer à la reconquête de Koulouba sur fond de crises de toutes natures sans avoir tiré les leçons de la fin des seconds mandats de Alpha surtout de ATT.

En remontant l’histoire du retour de la démocratie au Mali ( -1991-2020-, déjà 30 ans ) , à y regarder de près le deuxième quinquennat de ATT s’est terminé de la même manière que le second mandat de Alpha et celui de IBK est en voie de finir comme les quinquennats de ses deux prédécesseurs .De ces observations, on pourrait dire que les trois présidents élus aux suffrages pluralistes auraient fait, chacun après un premier mandat mal ficelé et mal expliqué, un deuxième mandat de trop.

Pour explication, je dirais que Alpha n’a pas compris le sens que les maliens auraient voulu qu’il donne à son premier quinquennat, il en va de même pour ATT.

Pour IBK, avec l’état actuel du pays exacerbé par les agissements tonitruants de Karim Kéïta ,le fiston national, tout cela couronné dernièrement d’une élection législative (les 29 mars et 19 avril 2020 )entachée de toutes les compromissions , il n’est pas exagéré d’écrire que son élection en 2013 s’est fait sur un quiproquo et sa réélection en 2018 est un mandat de trop.Avec plus de recul, on pourrait penser que les maliens n’acceptent pas , dans un sens,que son personnel politique , une fois à Koulouba ,fasse deux quinquennats cela est surtout vrai pour les acteurs du mouvement du 26 Mars 1991 entre eux comme s’il existait un pacte secret de laisser le fauteuil présidentiel au suivant après seulement un quinquennat .

Élu en 2013 sur un malentendu et un deuxième mandat de trop

Passé l’euphorie de la victoire,très tôt une incompréhension s’est installée entre le président nouvellement élu et ceux qui l’ont porté au pouvoir.

Ce quiproquo s’explique par le fait que dans l’inconscient collectif, IBK aurait été porté à Koulouba (même s’il habite toujours dans son « Château de Sébénicro » pour des raisons de commodités personnelles selon lui ) pour faire un quinquennat unique sous forme d’une transition pour mettre sur les rails les institutions maliennes défaillantes , combattre la corruption endémique, au sein de l’État , érigée en système d’ enrichissement déjà sous Alpha (1992-2002) amplifiée sous ATT (2002 – 2012 ), ramener le calme dans le milieu scolaire comme lorsqu’il était premier ministre (1994-2000) , trouver une solution durable à la question du Nord-Mali ( d’où les suggestions d’une République Décentralisée Indivisible et l’autonomie pour les Régions ) de sorte à ramener les rebelles séparatistes touaregs dans le giron de la république malienne.Pour ne rien arranger , au beau milieu de son quinquennat, l’Accord d’Alger de 2015 , avec les rebelles touaregs , dont le contenu n’est pas connu des maliens, s’invite dans une situation déjà de plus en plus compliquée .

En 2013 après une victoire sans ombrage,IBK n’a pas su disséquer suffisamment le pourquoi de sa victoire plébiscitée (77,6%) et se poser les bonnes questions concernant les réalités des défis qui l’attendaient dans exercice du pouvoir .

Le référendum du 12 Janvier 1992 mettait fin à la transition sous ATT. Personne, même pas le premier ministre de la transition, ne s’est attardée ou inquiétée sur le taux de participation de 43 % qui aurait dû interpellé plus d’un à cette époque, mais tous les yeux étaient fixés sur le chiffre de 99,76% , comme s’ils étaient tous pressés déjà de se partager les postes après la première élection pluraliste au Mali .Le fait de se taire sur ce taux de participation désespérant et d’exhiber le oui à 99,76% laisse penser qu’il y eut un pacte secret entre les protagonistes du 26 Mars 1991 en terme de chacun à son tour et pas plus d’un quinquennat. Ce qui pourrait expliquer la fin chaotique du premier mandat des présidents élus depuis la chute de Moussa le 26 Mars 1991.

La fin du premier quinquennat de Alpha s’est achevé par une série de grèves et de boycotts en 1997 .Pour conserver les clés du Palais , Alpha va se faire réélire en Mai 1997 en organisant un simulacre d’élection entre lui et Mamadou Maribatrou DIABY , le président du P.U.D.P.( Parti pour l’Unité la Démocratie et le Progrès ) , un habitué de la course à la présidence, parce que les autres chefs des partis,les principaux acteurs du mouvement du 26 Mars 1991, réunie dans le Collectif des partis de l’opposition (COPPO) , avaient boycotté cette élection présidentielle . A la sortie cette parodie électorale, Alpha obtient 95% des voix et son pauvre challenger , Mamadou Maribatrou DIABY , 4,10 % des voix. La rumeur avait couru ,comme une traînée de poussière dans le tout Bamako, que Alpha aurait pris entièrement en charge les frais de campagne du courageux président du PUDP pour ne pas ridiculiser un peu plus cette démocratie potemkine malienne naissante.

Le premier mandat de ATT a suivi la même trajectoire que celui de Alpha .Soutenu par une Alliance de circonstance de 44 partis qui ne sont d’accord sur rien sauf de ne pas rester à nouveau cinq voire dix ans en dehors des cercles du pouvoir ATT s’est fait élire sur un soi disant consensus qui aura durée seulement le temps d’un quinquennat.Ses deux Premiers ministres,des personnalités sans partis politiques,ont pu travailler avec les principaux partis politiques présents dans les gouvernements successifs. Cependant, à l’approche de l’ élection pour un deuxième mandat, ce consensus démocratique de façade,vanté à l’extérieur du pays, a commencé à s’effriter progressivement et de voler en éclats à la fin car plusieurs leaders et partis politiques refusaient de soutenir une nouvelle candidature de ATT .Néanmoins, ATT va rassembler autour de sa candidature 33 partis avec pour fers de lance Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA – PASJ), l’Union pour la république et la démocratie (URD), et un parti crée pour l’occasion pour soutenir ATT ,l’ Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP).

Cette alliance , de 33 partis politiques autour de la candidature de ATT , va affronter une autre alliance le Front pour la Démocratie et la République (FDR) composée de 14 partis et deux associations autour de IBK , avec comme objectif , soi disant, de réussir l’alternance lors de l’élection présidentielle malienne de 2007.Derrière cette mascarade, ATT se fera réélire dès le premier tour chef d’État le 29 avril 2007, avec 71,20 % des suffrages contre 19,10 % pour IBK.

Sans revenir sur la fin de son premier quinquennat dans un climat délétère,cela se passant sous nos yeux, IBK va se faire réélire malgré les contestations avec 67,2 % des voix contre 32,8 % devant Soumaïla Cissé qu’il avait battu déjà en 2013.

Notre théorie est que la démocratie malienne, si démocratie il y a, a été prise en otage dès Janvier 1992 à la sortie de la transition après un référendum avec une faible participation ( 43%) malgré le sang versé pour arracher cette démocratie espérée qui, ensuite,  a été confisqué par une élite politique malienne qui a pris goût au pouvoir et à l’argent. Cette élite politique, quoiqu’il arrive ou coûte, ne voudrait plus jamais être loin du pouvoir et peu importe que le taux de participation aux différentes élections soient conséquentes ou non. L’essentiel que le scrutin est lieu et le pacte secret entre les protagonistes soit respecté,c’est à dire chacun à son tour , et aucun ne doit s’attarder à Koulouba à vouloir faire un deuxième mandat par la ruse . Le climat devient délétère,lorsque les autres caciques du 26 mars 1991, attendant leur tour, apprennent par la rumeur que le locataire du moment du Palais envisagerait de faire un second mandat.

Un président US d’origine africaine disait : « Les pays africains ont besoin d’institutions fortes et stables». Certes, mais il faut des hommes forts pour les mettre en place surtout de veiller au respect de leur bon fonctionnement à lire le droit .

 

Les institutions , créées sous les deux premières décennies de la démocratie malienne, ont servi les pouvoirs des deux premiers présidents car elles ont lu le droit pour ne pas contrarier le locataire de Koulouba , et c’est le reproche fait à l’actuel Cours Constitutionnel du Mali surtout à la pauvre présidente.

En 2013, les maliens voulaient que cela change et ils ont fait porter tout le poids de leurs espoirs déchus sur le dos vieillissant de IBK même s’il est vrai qu’il a lui même cherché lorsqu’il traitait ATT et son régime d’incapables .

C’est vrai les maliens voulaient que IBK trouve une solution à tous leurs problèmes, ils voulaient particulièrement le voir consolider et restaurer la démocratie malienne.Et peut être , ils lui auraient accordé un deuxième mandat en 2018 en forme de reconnaissance voire de gratitude même si les caciques n’auraient pas adhéré à cette idée .

Certains proches de IBK que j’avais approchés en 2017 en France ensuite à Bamako , lorsqu’ils liront ces propos, reconnaîtront que j’avais vu juste lorsque je leur disais qu’un deuxième mandat de la part du « Vieux » serait un mandat de trop voire suicidaire . J’ai même eu l’audace de demander à l’un de ses jeunes «ibkistes» de se présenter contre le «Vieux » en 2018. D’ailleurs ce dernier m’avait dit tout sauf ça . Peut être il doit le regretter même si son sort aujourd’hui n’est pas à pleurer.

Aussi, de nombreux observateurs se sont interrogés sur la capacité de IBK à prendre à bras le corps les nombreux problèmes qui touchent le pays déjà en 2013 et amplifiés depuis.Soumaïla Cissé avait bien cerné déjà en 2013 les attentes des maliens. Dans son for intérieur, il savait que IBK , même s’il a fait une bonne campagne présidentielle avec un slogan accrocheur, aurait des insuffisances et des limites face à tous ces défis auxquels le pays est confronté. En posant ce geste républicain au soir des résultats de 2013, Soumaïla Cissé se mettait déjà dans la position de l’homme du recours .

Au XXI ième siècle dire à un président élu de démissionner n’a rien d’extraordinaire car on en voit tous les jours dans les manifestations partout dans le monde. En France, les gilets jaune ont demandé, à chacune de leurs manifestations, la démission de Macron. Le hirak algérien a fait démissionner Abdelaziz Bouteflika le 2 Avril 2019 vingt ans après avoir accédé à la présidence algérienne. Pour terminer, à chaque manifestation on demande la démission de Donald John Trump, président des États Unis d’Amérique.Dans une démocratie stable avec des institutions solidement implantées, manifesté est un droit . La question est de savoir ce que, le « Vieux » peut faire, face à cette déferlante du 5 Juin voire du 19 Juin 2020, surtout quelle réponse opposée à cela pour le bien du Mali .

 

Boua ba blà, Boua tà Blà . Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) souhaite – t – il lâcher réellement le pouvoir ? En faisant une analyse psychologique de bas étage, je penserais que OUI car il est de plus en plus conscient du périls dans lequel son pays s’achemine. Toutefois son hésitation s’explique par le fait que tous ces dinosaures, rescapés du 26 Mars 1991, dont nombreux sont ceux qu’il a lui même ressuscités dans ses différents gouvernements depuis son arrivée pouvoir comme pour respecter ce pacte , aujourd’hui ont infiltré le M5-RFP, lui donnent le tournis . Même s’il cède son pouvoir , il ne voudrait pas que les derniers hiérarques , survivants du 26 mars 1991, après avoir noyauté le M5-RFP, prennent le pouvoir qu’il est obligé d’abandonner. Céder le pouvoir OUI mais pas pour eux . Cela lui est insupportable . Cela peut se comprendre car on pourrait penser à un règlement de compte qui ne dit pas son nom car , comme Alpha, ATT, – que l’on ne voyait plus revenir en politique après la transition de 1991-1992 -, IBK n’aurait pas respecter le pacte d’un seul mandat et passer ensuite le flambeau.Sinon comment expliquer une fin tragique du premier quinquennat de chacun de ces trois présidents élus démocratiquement .

Ce qui se déroule sous nos yeux , c’est la lutte des dinosaures du 26 Mars 1991 pour le pouvoir.Ces manifestations , du 5 et du 19 Juin 2020, qu’ils ont infiltrés un à un , sont du pain béni car peut être leur dernière chance . D’où ce bras de fer entre les protagonistes du 26 Mars 1991 peut être jusqu’à ce que mort s’en suit car l’âge avançant c’est la dernière occasion pour certains d’entre eux de prendre les clés du palais de Koulouba .

Dommage , le « hirak malien» est en train de se terminer encore sur le dos des maliens, surtout sur celui des jeunes qui sont sortis massivement et qui pourront en être les dindons de la farce . Je dirais dommage s’ils venaient à se laisser déposséder de leur mouvement.

Ibrahim Boubacar Keïta , encore président élu du Mali (en 2013) et réélu ( en 2018) même si c’est dans des circonstances calamiteuses , peut – t – il encore redistribuer les cartes ? A – t – il encore la main ou va – t – la (re)prendre ?

Je le penserais même si au départ j’étais sceptique par rapport à la déferlante du 5 Juin 2020 et du 19 Juin 2020. Boua , vieux routier de la politique malienne, peut toujours reprendre la main et damer le pion à ses adversaires ,anciens alliés du 26 Mars 1991,  avec en sous main la communauté internationale ( CEDEAO, U.E, U.A,ONU, etc ) pour ne pas que le cas malien fasse tache d’huile dans la sous région .Pour cela il doit trouver une solution à la malienne qui ne sera pas du goût de tous les acteurs survivants de Mars 1991 tapis dans l’ombre, prêts à tout , en attendant leur tour car ils prennent de l’âge .

Deux schémas possibles  :

Schéma –1

Pour couper court à tout ce «hirak malien», Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) ou le «Vieux», encore président élu du Mali (en 2013 )et réélu ( en 2018) pourrait tout simplement démissionner de ses fonctions de président de la République du Mali et demander un délai pour faire ses valises et laisser la situation aux mains de ceux qui l’auraient poussé hors du Palais de Koulouba et sortir par la petite porte de l’histoire du Mali. Cette joie , il ne la concédera jamais aux dinosaures du 26 Mars 1991 qui voudraient le voir au pilori et le faire payer pour Alpha et ATT pour le non respect du pacte fait dans le secret des dieux . Laisser de cette manière le pouvoir par un Kéïta ce serait très très mal vu même si dans ces circonstances l’orgueil doit laisser la place au réalisme de l’homme d’état , surtout l’intérêt suprême du Mali doit primer .Ce qu’il va regretter le plus c’est de laisser son pouvoir de cette manière à des alliés d’hier du 26 mars 1991, ces traîtres , sous couvert d’un mouvement populaire pour se venger , qui ont noyauté le M5-RFP pour l’obliger à abdiquer .

Ce schéma ne me plaît guère car malgré tout j’ai fait partie des maliens qui ont pensé qu’il était l’homme de la situation en 2013 .Toutefois, s’il choisit cette voie, alors il faudra l’accompagner afin qu’il ne soit pas un « apatride » sans possibilité de revenir au Mali de ses ancêtres une fois la situation décantée.

Derrière ces événements politiques qui secouent le Mali , sous le couvert de M5 – RFP avec la figure morale de l’Imam DICKO, mouvement beaucoup noyauté par les anciens du 26 Mars 1991, se cache une lutte à mort pour le pouvoir entre les protagonistes de la révolution du 26 Mars 1991 car c’est une dernière opportunité d’arriver au pouvoir pour certains et ne pas être marginalisés pour d’autres comme cela a été sous Alpha , et que ATT , revenu en politique par un consensus mou, n’a pas pu réintégrer , tous ceux qui avaient été marginalisés sous Alpha , dans les cercles de son pouvoir.La question IBK arrivera t-il à tenir en dehors ou sous l’eau de la démocratie ses anciens comparses vieillissants de la révolution de Mars 1991.

Le choix du deuxième du schéma , de la part de Boua , sera le plus judicieux pour lui mais pour l’intérêt qu’il a encore pour le Mali son pays , faso kanù .S’il choisit le deuxième schéma cela veut dire qu’il aura repris la main et c’est à lui de (re)battre ou de (re)distribuer les cartes et damer le pion à tous ses anciens compagnons de la première heure du 26 Mars 1991 en leur disant et si on laissait la place à de nouvelles têtes .

Schéma2

Pour s’inscrire dans l’histoire du XXIième siècle malien, Boua pourrait dissoudre  l’Assemblée Nationale , remercier tous ses collaborateurs ainsi que tous les membres du gouvernement I de Boubou Cissé puisque le nouveau , à cause des compromissions , n’a pas pu voir encore le jour alors que Boubou Cissé a été reconduit voilà maintenant quelques semaines déjà .Il n’aura rien à faire pour la Cours Constitutionnel car elle est devenue un poids énorme pour la présidente qui ne pourra rien décider faute de quorum avec toutes les démissions , sans oublier, paix à son âme,celui que Notre Seigneur a rappelé à LUI dernièrement .

Première phase

Dissolution de l’Assemblée Nationale

A travers la dissolution de l’Assemblée, Boua fera d’une pierre deux coups. Il va sacrifier sur l’autel de la contestation le «sang» dont le peuple a besoin pour se calmer dans ces circonstances celui du fils chéri , le fiston national. Le pauvre Karim Kéïta , un exemple symbolique dans ces circonstances , va payer , de manière expiatoire, pour tous ces autres enfants de présidents maliens qui ont fait souvent pire que lui peut-être. A l’époque des prédécesseurs de son père ( Moussa, Alpha, ATT, Dioncounda ) , les réseaux sociaux n’existaient pas ou pas démocratiser encore. Il ne sera plus député , le «Vieux» prendra soin de lui dire de ne plus faire de la politique et de se tenir à carreau jusqu’à son départ de Koulouba , pareillement pour le fils adoptif Moussa Timbiné qui va ,à contre cœur, devoir abandonner le perchoir alors que les autres fils adoptifs tapissent dans l’ombre dans un confort de luxe sauvage en attendant de voir l’orage passer.Karim et Moussa seront les sacrifices expiatoire pour apaiser la situation . C’est pas juste , mais c’est comme çà. C’est pas juste pour paraphraser mon fils de quatre ans.

Une fois fait ces sacrifices expiatoires ( du sang, ), dans l’hypothèse d’une dissolution , le «Vieux» pourra former un Cabinet de Mission qu’il va diriger lui même en supprimant le poste très ingrat de Premier Ministre. Lors des conciliabules qui ont déjà débuté , s’il y trouve des compromis , il pourra être à la fois chef de l’État et chef de ce Cabinet ( ou chef de gouvernement) avec tous les honneurs liés à ces deux fonctions si sa santé le lui permettait , dans ces circonstances particulières du Mali, il faut éviter l’humiliation malgré tout du «Vieux» dans l’intérêt du pays.

Dans le cas où sa santé ne lui permettrait pas de cumuler ces deux fonctions, alors il pourrait rester Chef de l’État avec tous les honneurs liés à la fonction jusqu’à la fin de la période transitoire ( 18 mois au moins ou 36 mois au plus , c’est long ) , et acceptera de travailler en bonne intelligence avec une personne qui lui sera proposée unanimement.Cette personne , avec les pleins pouvoirs républicains , pourrait être toute personne sauf un revenant du 26 mars 1991.

On pourrait envisager pourquoi pas , comme modérateurs au sein de ce cabinet , une sorte de tandem ( deux personnalités ) pour mener à bien cette transition.

Les personnes qui composeront ce cabinet n’auront pas le statut de ministre mais plutôt le titre de commissaire ou de chargés de mission pour la durée de la transition.Ces personnes porteront le titre de la mission dont elles auront en charge.Par exemple,on dira commissaire à la santé ou commissaire à l’agriculture. Les titres cadreront avec les besoins spécifiques du Mali .

 

Par exemple, le cabinet comprendra des Commissaires de la république :

1 – Commissaire à l’Agriculture et les questions et problèmes fonciers

2 – Commissaire au Commerce extérieur et intérieur

3 – Commissaire à la Défense et des anciens combattants

4 – Commissaire à l’Éducation nationale

5 – Commissaire à l’Enseignement supérieur et de la recherche

6 – Commissaire à l’Énergie et de l’Électrification du pays

7 – Commissaire à la Santé, à l’Assurance universelle, des Services Sociaux

8 –Commissaire à la Sécurité Intérieure et des Cultes

9 – Commissaire aux Logements et Logements Sociaux à loyers modérés

10 -Commissaire à l’Urbanisme et du Développement Urbain

11- Commissaire à la Justice et Gardes des Sceaux et des Droits Humains

12- Commissaire du Travail, de l’Emploi et de l’Emploi des Jeunes

13-Commissaire aux Affaires Extérieures, Coopérations et Relations internationales

14- Commissaire à la Sécurité Intérieure

15- Commissaire à l ‘Économie , au Budget et Trésor

16-Commissaire aux Transports et aux Infrastructures,

17-Commissaire à l’Aménagement du Territoire

18-Commissaire à la Décentralisation et aux Collectivités Territoriales

19-Commissaire à la Fonction publique et de la Réforme de la République

20- Commissaire à l’Écologie et à l’Environnement

21- Commissaire au Développement du Numérique et la Télécommunication

22-Commissaire à la Lutte contre les biens mal acquis

23- Commissaire à l’Industrialisation et Ré industrialisation

24-Commissaire aux Cultures et aux artisanats

25-Commissaire aux Projets d’Investissements des maliens de la diaspora

Le cabinet,à parité homme et femme , sera composé de 20 commissaires au moins ou de 25 commissaires au plus . Ils seront désignés sur proposition des mouvements et associations de la société civile ( M5-RFP) , des partis politiques présents à l’Assemblée Nationale sur la base de la législature de ( 2013 – 2018). Chaque commissaire de la république,désigné pour de la période de transition,doit maîtriser son sujet car le critère de désignation sera essentiellement la compétence et la rigueur morale c’est – à – dire montrer pattes blanches  .

Il sera fait appel à tous les maliens de l’intérieur comme de la diaspora.

Les commissaires ne seront pas rémunérés mais ils auront des émoluments qui restent à définir et à détailler.Il va sans dire que Boua verrait ses frais de fonctionnement, de représentation et son salaire revus à la baisse ainsi que (surtout) le budget de souveraineté .

Outre ce cabinet , Boua pourra se constituer un cabinet de collaborateurs dont la composition ne doit pas excéder 10 personnes et dont les salaires restent à définir et détaillés.

Deuxième phase

Mise en place d’une Agora

Dans un deuxième temps, Boua pourra proposer la mise en place d’une Agora de 100 à 120 personnes à parité entre homme et femme venant de tous les horizons du Mali .Ces personnes auront un rôle précis surtout déterminant car elles vont fixer la vision du Mali à l’horizon 2050 , c’est – à – dire le Mali Nouveau de la moitié du XXI ième siècle .

Pour cela ces personnes vont débattre pour sortir de leur chapeau le Mali qu’il voudrait pour le présent surtout le Mali de la moitié du XXI ième siècle.Belle occasion pour que personne ne reste sur le bord de la route d’un Mali à l’horizon 2050. Ainsi, les yeux dans les yeux il faudra que les rebelles du Nord disent clairement s’ils veulent partager la même communauté de destin avec le reste des maliens.Veulent – ils vivre dans ce Mali Nouveau, une République Décentralisée Indivisible dans laquelle la Région, Collectivité Territoriale, avec une large autonomie , gérée par un Exécutif élu ( Gouvernement régional, Parlement régional ) qui aura l’autorisation pour négocier , avec la République Décentralisée Indivisible du Mali, la part des recettes de son sol et son sous-sols lui revenant de droit .

On a souvent l’habitude de dire à quelque chose mal est bon. Je dirai , pour paraphraser Jean Paul II , « N’ayons pas peur de discuter de tous les sujets entre maliens du Nord du Centre, et du Sud » . Le «hirak malien» actuel est l’occasion de percer l’abcès des incompréhensions des dissension et avancer dans le Mali d’une la quatrième république, une République Décentralisée Indivisible .

Les débats au sein de cette Agora pourraient être pilotés par une équipe de trois modérateurs .

 

La mission de cette Agora , composée de personnes venant de toutes les régions du Mali actuelle même les plus reculées, sera nombreuse et variée car elle va s’attaquer aux point suivants :

 

1Débattre de l’opportunité d’un changement de la capitale de sorte à choisir une nouvelle capitale politique à égale distance , à vol d’oiseau, de tous les chefs-lieux de régions. Ainsi , on pourra créer un équilibre entre la capitale politique et le reste de la nouvelle république,

2-Débattre de la question d’une République Décentralisée Indivisible (RDI) avec base de fonctionnement la Région, Collectivité Territoriale, dotée d’une large autonomie ( Parlement Régional ( avec députés régionaux élus à la proportionnelle) et Gouvernement régional ) à définir et détailler , et d’un Exécutif régional ( Président ou Gouverneur ) élu sous forme d’un ticket avec une personne qui ambitionnerait d’être président de la République , et le président malien , à son tour, sera désigné par un Collège de grands électeurs à mettre en place .

Pour cela , un ( re )découpage des régions serait à l’ordre du jour . Toutefois, on pourrait gagner du temps en ressortant le projet de loi de découpage des régions sous ATT en 2010/2011, ou dernièrement celui sous le gouvernement Boubeye Maïga en Octobre 2018 même s’il a été demandé au ministre de revoir sa copie en première lecture .

L’idée d’une République Décentralisée Indivisible (RDI) , en toile de fonds de la question du Nord – Mali , comment en sortir sans dépecer le pays , et comment faire que les minorités soient représentées dans la nouvelle démocratie malienne en construction après cette Agora.Cette question de régions autonomes pourrait ramener les rebelles de bonne foi autour de la table de négociation ( «N’ayons pas peur de discuter entre maliens »),

3-Débattre du Mali une République Décentralisée Indivisible (RDI) impose logiquement de revoir le mode d’élection du président de cette république ( les grands électeurs à la malienne ) , le mandat présidentiel ( Septennat Unique ou les toujours ( 2 x 5 ans ) deux quinquennats  ), le nombre de députés (147) ou aller vers 200 députés parce que la population a augmenté , l’élection à la proportionnelle de l’exécutif de la région , etc ………

4-Il va sans dire qu’un toilettage de la Constitution du 25 Février 1992 votée à 99,76% avec une faible participation de 43 % deviendrait indispensable , nécessaire voire de changer simplement cette Constitution ( ayant fait peut être son temps , bientôt 30 ans ) pour prendre en compte tout ce qui a été énuméré ci dessus, surtout les Accords d’Alger 2015,

5-Les Accords d’Alger de 2015, tout le monde en parle , mais personne ne peut en donner une copie même pas les quotidiens .Pour cela , il faut procéder à une large diffusion de cet Accord de 2015. Pendant ce temps au sein de l’Agora , on débattra sur les articles conflictuels , inapplicables et pourquoi reprendre dans sa totalité les Accords d’Alger 2015 en question dans l’intérêt suprême du Mali,

6-Débattre des résolutions issues du Dialogue National inclusif ( DNI ) ( Du 14 au 22 Décembre 2019) , surtout pourquoi ces recommandations n’ont pas pu être appliquées, quelles sont les leçons en attirer pour avancer,

7-L’ Agora doit se pencher sur les différentes Institutions de la nouvelle République Décentralisée Indivisible (RDI) voir quelles sont les institutions à garder, à améliorer les fonctionnement, simplement doivent être supprimées ou en créer si cela est indispensable.Il serait judicieux de poser la question de la nécessité ou non de la création d’un Sénat .

 

8-La question de l’Éducation Nationale, surtout de l’Enseignement Supérieur au Mali. Il serait judicieux de revoir l’enseignement de manière globale au Mali et particulièrement les études universitaires et revenir au vieux système qui a fait la renommée du Mali . Arrêter , dans les dix ans à venir, la construction de nouvelles universités et encourager plutôt les jeunes maliens vers les grandes écoles qui ont fait la notoriété du Mali et faire appel à la diaspora .

Le Mali a en main une pépite d’or avec l’ École Centrale pour l’Industrie, le Commerce et l’Administration (ECICA ). Il faudra déployer cette école dans les régions maliennes en adaptant les enseignements aux besoins de chaque région , et créer deux niveaux d’accès,en plus de l’accès après le Diplôme d’Études Fondamentales (DEF), permettre aux titulaires du Baccalauréat d’y accéder tout en adaptant le niveau des enseignements,

 

9-Débattre du Statut de la femme du président de la nouvelle république , surtout bannir cet abus de langage de Madame la Présidente comme si c’est elle que les maliens ont portée à Koulouba.Outre le statut de la femme, il faudra parler des enfants durant le mandat de leur père , président du Mali . Désolé Karim Kéïta , tu n’y es pour rien mais ça tombe sur toi. On n’oubliera pas les autres membres de la famille du président élu,

10-Je pense à rêver de la création d’une Fédération du Mali avec le Sénégal, le Mali et la Guinée Conakry avec qui il y a une communauté de destin . Cette fédération , peu importe son nom, est déterminant pour le Mali Nouveau pour se désenclaver et avoir accès à la mer dans ce XXI ième siècle en plus d’être un Hub aérien .

Durant ces futurs débats, que j’espère ouverts, il sera fait appel à des experts maliens de l’intérieur ou de la diaspora pour aiguillonner les participants à l’Agora à mieux comprendre les sujets de leurs débats surtout de leur applicabilité ou non afin d’éviter une quelconque frustration parce que tout n’est pas possible même si on le pensait .

Comme les commissaires de la républiques, les personnes qui participeront à l’Agora à venir ne seront pas des salariés de l’état malien , toutefois elles pourront bénéficier de per diem à définir par mois .

Voici quelques sujets d’intérêts non exhaustifs pour le Mali Nouveau à horizon 2050 , n’ayons pas peur de mettre , en plus de ces dix points de réflexion, d’autres sujets pertinents sur la table car il est question du futur du Mali 2050.

Pour terminer, élaborer une Charte sur l’honneur dans laquelle toute personne ayant participé à cette Agora ou été commissaire dans le cabinet de gouvernement s’engagera à ne briguer aucun mandat électif à la sortie de cette période de transition.Toutes ces personnes doivent montrer patte blanche ( déclaration du patrimoine au début et la fin de la transition ) avant d’entrer le cabinet ou participer l’Agora qui sera mise en place.

Mr Doucouré Mohamed Bachir Sr

Consultant TOKTEN/MALI/PNUD/BM/BAD

Aménagement du Territoire et Décentralisation

Courriel : mohamedba@hotmail.com

TOULOUSE -FRANCE

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