Protéger les droits des enfants en conflit avec la loi au Niger

 Pour marquer la commémoration de la Journée de l’enfant africain, une délégation du gouvernement, de l’UNICEF et de la société civile a effectué une visite au centre de détention de Niamey, où ils ont eu l’occasion de constater de visu la réalité des enfants détenus au Niger.

Cette année, le Niger a célébré la journée dans un cadre complètement différent, loin du folklore. Le thème de cette année porte sur « l’accès à un système de justice adapté aux enfants en Afrique ».

« Aujourd’hui, nous voulons attirer l’attention sur l’importance de protéger les droits des enfants en conflit avec la loi, en soulignant en particulier l’importance de l’accès à un système de justice adapté aux enfants dans le pays », a déclaré Mme Elback Zeinabou Tari Bako, Ministre de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant. « Beaucoup a été accompli, mais il reste encore beaucoup à faire. »

Le pays compte au total plus de 500 enfants détenus. Beaucoup d’entre eux n’ont pas été jugés et/ou condamnés.

« Il y a plusieurs raisons pour lesquelles de nombreux enfants ne devraient pas être enfermés. La détention pèse énormément sur les enfants », explique Dr Félicité Tchibindat, Représentante de l’UNICEF au Niger.

« Mettre les enfants derrière les barreaux et les séparer de leur famille et de leur communauté nuit gravement à leur développement physique, mental et social. La détention entraîne une stigmatisation à vie qui entrave la réintégration des enfants dans les communautés » a-t-elle expliqué.

L’UNICEF salue les efforts accrus du Gouvernement visant à renforcer le cadre institutionnel de la protection de l’enfance au Niger. Ces dernières années, des évolutions positives ont été enregistrées dans le traitement des enfants, y compris ceux qui doivent être détenus.

Le gouvernement, avec le soutien de l’UNICEF et de ses partenaires, renforce actuellement les mécanismes de justice pour fonctionner dans l’intérêt supérieur de l’enfant et promeut des alternatives à la détention, qui donnent aux enfants l’occasion de prouver leur capacité et leurs qualités et de s’attaquer aux sentiments de culpabilité de manière constructive.

« Les sanctions alternatives sont généralement beaucoup moins coûteuses que les sanctions impliquant l’emprisonnement. L’enfermement d’enfants sur des accusations juvéniles ou pénales doit être une question de dernier recours », explique Nani Soly Aboubacar, juge pour mineurs, basé à Niamey.

« Avec notre partenaire Swiss Contact, nous essayons de trouver de véritables alternatives à la détention et de garantir que les enfants qui doivent être détenus sont détenus dans des conditions humaines et bénéficient de la scolarité, des services de santé, des possibilités de loisirs et des contacts avec le monde extérieur », explique Guillemette Launoy, responsable de l’ONG Grandir Dignement. « Le centre de Niamey est aujourd’hui équipé d’un centre de santé, d’espaces de loisirs et organise des activités d’éducation et de formation professionnelle. »

L’UNICEF, ainsi que ses partenaires, s’est engagé à soutenir les efforts visant à améliorer la justice pour les enfants au Niger et à soutenir la mise en place de tribunaux et de procédures de police sensibles aux enfants qui accordent une importance primordiale au droit de l’enfant à la protection.

Chaque année, la Journée de l’enfant africain est célébrée le 16 juin et commémore les milliers d’enfants courageux à Soweto, en Afrique du Sud, qui ont défilé en 1976 pour protester contre l’apartheid et exiger une éducation égale. L’héritage des enfants – dont des centaines ont été blessés ou tués – continue de bâtir un avenir meilleur pour les enfants africains.

Le programme de Justice pour Enfant de l’UNICEF est en partie financé par la Coopération Allemande (BMZ) au Niger.

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