Recrudescence de l’insécurité au centre du Mali : La colère des associations de jeunes du pays dogon

Les  jeunes  des différents regroupements  et associations du pays dogon se sont  réunis au sein du siège du Ginna dogon, le 9 mai 2020. Le but était de taper du poing sur la table afin de dénoncer l’insécurité dans la zone exondée de la région de Mopti. Les conférenciers  tiennent  pour   complices  et responsables le  président de la République,  le   gouvernement et l’ensemble de la communauté internationale. Ils menacent  même d’aller à la  désobéissance civile .

Le but de ce point de presse était de prendre pour témoin, l’opinion publique nationale et internationale des dernières manœuvres  des groupes armés terroristes GAT pour isoler le pays dogon du reste du Mali afin de pouvoir mieux  l’anéantir au moment opportun.  Les porte-paroles de la jeunesse de cette partie du centre du Mali ont illustré ces manœuvres par le sabotage récent de trois ponts qui reliaient la localité à ses voisins. Notamment celui de Bih (entre Ouahigouya et Koro), de Parou (entre Bandiagara et Bankass), et  de Songho (entre Bandiagara et Sévaré).  Des ponts sans lesquels l’accès à certaines localités du pays dogon serait quasiment impossible pendant la saison des pluies.   Le plus mal dans cette situation selon les mouvements de jeunes, est que ces actions sont survenues après que le  gouvernement ait  pris la décision, en fin février, de faire lever tous les check-points du groupe d’autodéfense dozo (Dana Ambassagou),   sur la route nationale 15 appelée également route du poisson.   Une décision imputable, selon eux,  à la complicité des plus hautes autorités nationales et internationales,  du fait que c’était un secret de polichinelle, le rôle que  Dana Ambassagou et  ses  check-points  jouaient dans la sécurisation des personnes et de leurs biens dans cette localité au moment où l’État est  totalement absent. La situation sécuritaire se dégradait  davantage  laissant place  à la  recrudescence de toute sorte de   crimes et violences   menaçant   la population de cette  zone de  disparition. Pour cette plateforme, composée de la  jeunesse Ginna Dogon, du collectif des associations des jeunes du pays dogon, du mouvement Baguine So, de l’association des jeunes du pays Dogon, la situation actuelle du pays dogon est insupportable. Pour les conférenciers, il est encore temps de réparer les erreurs. Et pour cela, elle a demandé l’implication personnelle du président de la République pour réparer urgemment  les ponts sabotés avant la saison hivernale.

Par ailleurs, les jeunes de cette zone de crise ont indiqué que le Premier ministre a  pour sa part,  montré ses limites dans la gestion de cette  crise du centre. Pis, il a,  au contraire, contribué ,selon eux, à faire   dégénérer davantage la   crise à cause de sa prise de position et de son  impartialité . C’est pourquoi ils ont clamé qu’il doit   tout simplement rendre sa démission.  À défaut de quoi, la plateforme des associations et mouvement des jeunes du pays Dogon ont mis  en garde  de recourir à la désobéissance civile.

À noter que depuis le début de la crise du centre, les villages tels que: Anakila  situé à 1 km Diankabou (cercle de Koro) a connu 27 attaques terroristes,  sans compter les nombres de pertes en vie humaine et les nombreux dégâts matériels. Celui de Bamba 15 attaque  et celui de   Mondoro 12 attaque. Des villages symboles de résistance dont toute l’activité est consacrée à se protéger uniquement  contre d’éventuelles attaques terroristes. Dans l’ensemble, le pays Dogon a enregistré du 1er avril à aujourd’hui 32 attaques terroristes ayant détruit 37 villages avec 68 personnes tuées et 5765 autres déplacées.  412 greniers a été éventrés et brulés et 2900 têtes de bétail emportées.

 ISSA DJIGUIBA

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