Affaire des 21 bérets rouges : Les dessous du report du procès Sanogo et Coaccusés

Voici les propos de Ibrahim Boubacar Keita, Président de la République et chef suprême des armées qui pourraient être l’une des causes du report du procès de l’affaire « Ministère Public contre Fousseyni Diarra et autres communément appelé affaire Amadou Aya Sanogo ». Sans grande surprise, Idrissa Arizo Maïga, le Procureur Général près de la Cour d’Appel de Bamako,  a annoncé officiellement le report du procès à une prochaine session de la Cour d’Assises de Bamako.

Annoncé pour ce lundi 13 janvier 2020, au Palais de la Culture de Bamako, le procès Sanogo et coaccusés n’aura plus lieu, en raison des contraintes majeures liées à la préservation de l’ordre public et de la cohésion au sein des Forces Armées mobilisées pour la défense de la patrie, à en croire le Procureur Général Idrissa Arizo Maïga.

Mais ces raisons n’ont pu convaincre bon nombre de maliens, car depuis un certain temps, la rumeur sur la démission du super Général Dahirou Dembélé, Ministre de la Défense, avait défrayé la chronique. De sources militaires,  il a été rapporté que le Ministre Dahirou avait effectivement présenté sa lettre de démission au chef du Gouvernement, Dr Boubou Cissé, dans la deuxième  semaine du mois de décembre dernier, suite à la notification de la citation reçue par la Cour d’Appel à comparaitre  devant la Cour d’Assises, pour ce 13 Janvier. Etant l’un des accusés, le Ministre Dahirou a voulu se mettre de son propre gré à la disposition de la justice malienne.

A l’annonce de la lettre de sa démission, par le Premier Ministre Cissé au Président IBK, le Chef de l’Etat n’a, semble-t-il, pas accepté cette démission de son Ministre de la Défense et des Anciens Combattants. IBK aurait dit à certains membres du Gouvernement que la lettre démission de Dahirou est «sans effet… Pas question de démissionner, il continuera à exercer ses fonctions de Ministre de la République». Toujours selon nos mêmes sources, IBK aurait mis fin au quiproquo sur le cas ambiguë de Dahirou par rapport au procès, en déclarant : « Si vous voulez faites-le, si vous voulez ne le faites pas ! De toute façon, Dahirou ira avec moi à PAU … ». Car le même jour, ce 13 janvier retenu initialement pour ces assises, s’ouvre également à PAU (France), un Sommet de deux jours consacré à la situation  au Sahel, entre le Président Emmanuel MACRON et ses homologues des pays du G5 Sahel et auquel IBK prendra part avec ses Ministres des Affaires Etrangères et de la Défense.

Voilà l’une des raisons qui ont mis le Procureur Général près de la Cour d’Appel de Bamako, Idrissa Arizo Maïga, dans le dilemme car il est justement celui qui avait demandé l’ouverture du procès Sanaogo et coaccusés. Face à cette situation, il aurait été obligé d’annoncer un nouveau report de ce procès pour une prochaine session de la Cour d’Assises de Bamako. Reste à savoir si Dahirou Dembélé comparaitra lors de cette nouvelle session d’assises.

Bokoum Abdoul Momini

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