Royaume-Uni: Theresa May dans la tourmente après la démission d’une ministre

La décision d’Amber Rudd de quitter son poste de ministre de l’Intérieur domine l’actualité ce lundi 30 avril 2018 au Royaume-Uni. Beaucoup de journaux ont dû modifier leur Une à la va-vite après l’annonce tombée tard dimanche soir. Les commentateurs estiment que Theresa May est plus que jamais fragilisée.

Peu d’originalité dans les gros titres de presse ce lundi au Royaume-Uni. Presque tous annoncent « Amber Rudd démissionne », à l’exception du Sun et du Mirror qui, fidèles à leur tradition, rivalisent de jeux de mots autour du nom de la ministre. « Oh Ruddy Hell » (« oh mon Dieu »), s’exclame le Sun, tandis que le Mirror opte pour « Good Ruddance » (« bon débarras »).

Un côté potache délaissé par les autres quotidiens britanniques qui, à l’image du Daily Express, estiment que le départ forcé de la ministre de l’Intérieur est « la plus grave crise politique » à laquelle doit faire face la conservatrice Theresa May depuis son arrivée au poste de Première ministre en 2016. Une promotion pourtant provoquée par le vote historique du Brexit.

Theresa May « désespérément affaiblie » ?

Amber Rudd a été emportée par un scandale autour de sa gestion de l’immigration, à la fois parce qu’elle a nié être au courant de quotas instaurés par son ministère pour expulser plus de clandestins, et aussi parce qu’elle n’a pas su protéger les immigrés d’origine caribéenne installés de longue date – mais sans passeport britannique – et menacés depuis 2013 d’expulsion.

Or, c’est Theresa May elle-même, ministre de l’intérieur jusqu’en 2016, qui est derrière cette politique, rappelle le journal The Guardian. Le quotidien, explique notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix, a révélé ces dernières semaines le scandale « Windrush », du nom du bateau qui a amené ces immigrants caribéens au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

Dans son éditorial, le Guardian rappelle qu’Amber Rudd « est le premier scalp de l’affaire Windrush », mais que la chef du gouvernement est dans une position « désespérément affaiblie » et que « l’attention va désormais se tourner sur son propre rôle ». Autrement dit, il pourrait y avoir des conséquences politiques plus importantes au Royaume-Uni après la démission de la ministre de l’Intérieur.

Une aubaine pour l’opposition travailliste

C’est donc un réel coup dur pour Theresa May, qui va affronter jeudi des élections certes locales, mais à valeur de test pour son gouvernement conservateur, déjà déchiré par le Brexit et qui dispose d’une très mince majorité au Parlement depuis. Mme Rudd faisait partie du camp des ministres europhiles partisans du maintien de liens étroits avec l’UE après la sortie en mars 2019.

Son départ modifie l’équilibre au sein du gouvernement, et c’est la quatrième démission dans l’équipe en six mois, après celles du ministre de la Défense Michael Fallon et du vice-Premier ministre Damian Green pour harcèlement sexuel, ou encore de la secrétaire d’Etat au Développement Priti Patel. Les partis d’opposition, Labour en tête, comptent exploiter ce chaos pour marquer des points.

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