Dialogue national inclusif : Et si la montagne accouchait d’une souris ?

Les assises de catharsis et de thérapie du mal malien ont démarré le samedi dernier au Palais de la Culture Amadou Hampathé Ba de Bamako. La rencontre n’a pas pu éviter la fausse note de son boycott par certains acteurs sociopolitiques de la vie nationale malienne. C’est ainsi des anciens présidents du Mali ainsi que plusieurs leaders de l’opposition et de la société civile ont brillé par leur absence à cette cérémonie d’ouverture de ce dialogue. Ce qui n’a pas échappé au locataire du palais présidentiel de Koulouba.

IBK n’a-t-il pas fait preuve d’une certaine impertinence en indiquant que l’applaudimètre de la salle devrait faire regretter à ATT son absence physique à l’ouverture de ces assises ? Si le Général Moussa Traoré aurait des soucis de santé l’ayant conduit à l’extérieur du pays, Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré et des ténors de la classe politique comme Soumaïla Cissé de l’URD, non moins chef de file de l’opposition, l’ex-Premier ministre Modibo Sidibé des FAREAnkaWuli, Dr Oumar Mariko du parti SADI, Dr ChoguelKokalla Maïga du MPR, Me MountagaTall du CNID-Faso Yiriwa Ton, etc, ont tous brillé par leur absence. Quid de l’absence  des chefs putschistes de 2012 ? Le bombardé Général Amadou Haya Sanogo et ses amis sous les verrous n’ont-ils besoin de venir dire leur part de vérité à ce dialogue refondateur du Mali nouveau ?

Ces absences, quoi qu’on en dise, portent un coup au caractère inclusif  de cette rencontre de haute importance pour le pays. Puisque ce dialogue est censé poser les bases d’une réconciliation sincère entre les fils de la nation malienne.

En outre, les observateurs s’interrogent sur les capacités réelles de la gouvernance actuelle à mettre en œuvre les résolutions qui découleront de ce « congrès du peuple malien ». Il n’est pas évident que le pouvoir IBK, malgré les assurances données, soit en mesure d’opérationnaliser les décisions qui seront prises dans le contexte actuel du pays, surchargé par plusieurs engagements.

A titre d’exemple, IBK ne cache pas son désir de faire relire l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Simplement parce que ce document semble trop osé pour ses nombreux engagements à incidence financière à la charge de l’Etat malien. Il va sans dire que de nouvelles résolutions pour améliorer la gouvernance du pays apparaîtront surabondantes et coûteuses ou budgétivores. Malgré la promesse d’IBK indiquant qu’il tiendra parole pour la mise en œuvre des résolutions, il y a plusieurs interrogations qui demeurent.

En particulier, il est question de s’interroger sur la nouvelle équipe gouvernementale (après la clôture du dialogue) chargée de traduire les décisions, les réformes en actes concrets. Sera-t-elle une équipe consensuelle pouvant combler les attentes de changement du peuple ? Nul ne saurait le dire pour le moment.Quid du défi sécuritaire avec le péril terroriste ? Quid des tensions de trésorerie actuelles du pays ? Quid du processus du DDR, qui traîne les pas ? Des points qui restent préoccupants et poussent à un certain scepticisme. Toute chose qui risque de conduire ce dialogue à accoucher d’une souris.

Boubou SIDIBE

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