VIOL, VIOLENCES PHYSIQUE ET SEXUEL SUR LES FEMMES Quand le règlement à l’amiable désarme la justice

Malgré la criminalisation du viol, le phénomène prend de plus en plus de l’ampleur dans certaines localités du pays notamment, dans les quartiers populaires de la capitale. Et, le règlement à l’amiable désarme la justice et constitue un frein pour l’application de la loi dans toute sa vigueur. Un constat relevé, par le Coordinateur de la maison de justice de Grand-Yoff, Louis Nicolas Lopy en marge de la journée de sensibilisation sur les violences faites aux femmes organisée par l’agence de communication sociale, Vidéo Positive en partenariat avec l’Ong One.

Dans l’optique de décourager les auteurs de viol sur les femmes, les jeunes filles et les mineurs, le gouvernement a fait adopté par l’Assemblée nationale une loi criminalisant cet acte. Seulement, force est de constater que les viols de plus en plus dans certaines localités du pays notamment, dans les quartiers populaires de la capitale. Selon le Coordinateur de la maison de justice de Grand-Yoff, Louis Nicolas Lopy, la justice est limité dans son acte par le phénomène de règlement à l’amiable mais aussi par l’absence de preuve suffisante. D’où la nécessité d’accentuer davantage les actions de sensibilisation auprès des foyers.

Car, explique-t-il, le règlement à l’amiable constitue un frein à l’application de la loi. « Tant qu’il n’y a pas une sensibilisation à outrance, le problème demeure. Peu importe les sanctions. Même  si elles sont très sévères, elles deviennent toujours inefficaces si la sensibilisation n’est pas faite. Parce que, cette sensibilisation intervient à un triple niveau. D’abord, au niveau de la prévention ensuite  au niveau des sanctions. Mais également, pour pousser les gens qui ont eu connaissance de ces faits d’aller dénoncer. Parce qu’il faut que nous ayons l’habitude de dénoncer ces faits. Si nous ne le faisons pas, cela pose un problème», a-t-il suggéré. Il regrette le fait que les populations font plus recours au règlement à l’amiable que l’option judiciaire.

Pourtant, insiste-t-il, il ne doit pas y avoir de règlement à l’amiable. A l’en croire, cette option est interdite par la loi. « Même s’il y a eu un règlement à l’amiable, dès que la situation est connue du public, le procureur peut s’autosaisir et automatiquement le dossier est transféré à la justice. On peut même sanctionner les personnes qui ont été à l’origine du règlement  l’amiable. Dans ce type d’infraction, on ne put pas transiger ni faire une médiation. Seule une sanction pénale est nécessaire. Parc que, ce délit doit être réprimandé pour qu’à l’avenir qu’il n’y ait pas d’autres cas. Parce que ces infractions ont des conséquences très graves pour la vie des victimes. À côté de la violence, il y a les conséquences psychologiques. Parce que cela va suivre l’enfant », a-t-il souligné.

Poursuivant, le patron de la maison de justice de Grand-Yoff a relevé également des difficultés dans la collecte des éléments de preuves. D’après son analyse, ces abus se déroulent à l’insu des personnes qui doivent sanctionner et agir. A cet effet, il renseigne que cela prend du temps pour que ces personnes soient au courant.

« Au fur à mesure que le temps passe, des éléments d’épreuves disparaissent. C’est un problème pour la sanction. Parce que, le juge se retrouve dans une situation délicate qui peut l’empêcher de sanctionner comme il faut », a-t-il souligné. En réalité, dès qu’il y a viol, les parent au lieu d’aller directement vers les structures de santé, la police ou à la gendarmerie pour dénoncer, commencent par laver l’enfant ainsi que ses habits. Ainsi, les éléments de preuves disparaissent.

 « Si c’est un viol, quand vous lavé la personne, vous faites disparaitre le sperme qui était sur la personne alors que c’est un élément de preuve. Cela permettait de déterminer l’Adn du violeur.  Ce sont ces genres de situation qui bloquent la bonne marche de la justice ou les effets de la sanction qui pourrait dissuader. C’est la raison pour laquelle, la personne est libérée un peu tôt. Parce que, il y a quelque part des doutes », a-t-il expliqué.

Pour la représentante de l’Ong One, Aissatou  Sissokho, la recrudescence des  violences faites aux femmes est sans  appel. D’après elle, les femmes  sont  de plus en plus violentées. « Il y a  les violences  verbales, physiques et Psychologiques. Des femmes  sont violées et tuées dans leurs  ménages. Mais  aussi, nous assistons à des crimes  passionnels. Il est temps  que l’on agisse », a-t-elle plaidé.

AC/DKR/AP

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