Attentats du 13-Novembre: 4 ans après, la menace terroriste reste très élevée

Quatre ans après les attentats du 13-Novembre qui ont causé la mort de 130 personnes et fait plus de 350 blessés à Paris et à Saint-Denis, la menace terroriste plane toujours sur la France. Une menace qui inquiète d’autant plus qu’avec le temps, elle a changé de visage.

« L’état de la menace terroriste reste maximal en France », prévient Laurent Nuñez, le secrétaire d’État auprès du ministre français de l’Intérieur. Mais en quatre ans, la menace a également évolué. En 2015, les attaques ont été projetées : elles ont été commises par des individus provenant de Syrie et d’Irak. Mais en 2019, les autorités et les services de renseignement redoutent davantage une menace « endogène », qui viendrait d’individus déjà présents sur le territoire français.

Selon Laurent Nuñez, ces individus « n’ont plus de contact direct avec Daech, et dont la radicalisation se fait parfois de manière express ». Avec un risque fort notamment dans les prisons françaises.

Selon les experts, cette nouvelle forme de menace terroriste est la conséquence des opérations militaires en zone irako-syrienne, qui ont abouti à l’effondrement du califat autoproclamé du groupe terroriste État islamique (EI). Et de ce fait, elles ont également abouti à la destruction de l’organe chargé d’échafauder des attentats à l’étranger et à la réduction de ses capacités de propagandes.

La vigilance reste accrue, notamment sur les retours de combattants

Pour autant, les services antiterroristes redoublent de vigilance en raison de l’instabilité dans cette zone du globe. Même si, selon une source proche du dossier, « l’EI, n’est plus en capacité de concevoir un projet d’action terroriste tel que celui du 13-Novembre », le risque d’exfiltration de combattants français ou autres vers l’Europe est pris très au sérieux.

Pour preuve, le cas d’un Tunisien interpellé en octobre 2019 dans le nord de la France par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Cet homme aurait occupé d’importantes responsabilités au sein de l’EI et dont la seule présence sur territoire français inquiète. Et cela bien qu’aucun projet d’attentat n’ait encore pu lui être adossé.

Autre sujet d’inquiétude : celui du suivi à distance des jihadistes français. Un travail à plein temps pour les services de renseignement qui redoublent de vigilance sur les risques d’exfiltration des combattants français vers l’Europe. À ce jour, seulement 286 personnes sont revenues de la zone irako-syrienne… sur les quelque 1 300 parties de France.

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