Evo Morales espère un retour en Bolivie, son fief dans un calme précaire

Le président bolivien démissionnaire Evo Morales s’est dit, ce mercredi 13 novembre, prêt à rentrer dans son pays pour apaiser la situation. À Cochabamba, dans son fief du centre de la Bolivie, le calme est relatif, puisque ses soutiens espèrent marcher vers la capitale.

« Si mon peuple le demande, nous sommes disposés à retourner (en Bolivie) pour apaiser la situation », a déclaré Evo Morales lors d’une conférence de presse à Mexico, où il a trouvé asile. « Nous reviendrons tôt ou tard », a-t-il aussi ajouté.

Le président bolivien démissionnaire qui est arrivé la veille au Mexique, a aussi appelé à un « dialogue national » afin de résoudre la crise qui agite la Bolivie. Il a par ailleurs réfuté la légitimité de la présidente par intérim, la sénatrice Jeanine Añez, qui tente de combler le vide politique qui s’est formé depuis la démission d’Evo Morales, un « coup d’État » selon lui.

La deuxième vice-présidente du Sénat s’est proclamée à la tête de la Bolivie malgré l’absence de quorum au Parlement, arguant de « la nécessité de créer un climat de paix sociale » dans le pays secoué par une grave crise politique depuis l’élection présidentielle fin octobre.

Marcher vers La Paz

A Cochabamba, le fief d’Evo Morales, le calme est relative. Les commerces de cette ville du centre du pays ont rouvert dans la matinée, les banques également. Il n’y a pas de présence des militaires dans les rues, rapporte l’envoyée spéciale de RFI sur place, Marie Normand. D’ailleurs, une grande partie des routes qui étaient bloquées depuis trois semaines sont dégagées au moins partiellement.

Les riverains interrogés attendaient avec impatience ce retour au calme, après plusieurs jours bloqués chez eux. Les rues et les places sont bondées. Le calme est précaire cependant, puisque des barrages ont été installés au nord de la ville, gardés par des groupes de jeunes armés de bâtons, habillés comme des paramilitaires. Ils sont en train de s’organiser, disent-ils, en vue de demain, puisque les partisans d’Evo Morales espèrent maintenant organiser un rassemblement à Cochabamba.

Il devrait notamment y avoir des soutiens venus du fief électoral de l’ancien président, qui contestent la proclamation de la présidente par intérim. Ces soutiens viennent du tropique de Cochabamba, une région cultivatrice de feuilles de coca, berceau de la lutte syndicale qui a mené Evo Morales au pouvoir à l’époque.

C’est là qu’il s’était réfugié après sa démission, juste avant de s’exiler au Mexique. Le vice-président de la principale structure syndicale paysanne de la région appelle à un soulèvement de toutes les organisations sociales qui soutiennent encore Evo Morales. Leur objectif, c’est de marcher jeudi 14 novembre jusqu’à Cochabamba, puis de se diriger vers La Paz, pour exiger le retour de l’ancien président en Bolivie.

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