Prostitution nigériane: Cynthia à la fois victime et accusée attendue à la barre

La salle d’audience avant le début du procès, le 6 novembre 2019. 23 personnes sont jugées en correctionnelle pour leur implication dans un vaste réseau de prostitution de femmes nigérianes.

À Lyon, dans le centre-est de la France, le procès de 23 personnes impliquées dans un vaste réseau de prostitution de femmes nigérianes se poursuit pour la 3e journée consécutive. Ce vendredi 8 novembre, c’est au tour de Cynthia de comparaître devant le tribunal correctionnel. Un profil atypique et révélateur du fonctionnement du réseau.

Cynthia est une Nigériane de 28 ans et, phénomène rare dans un procès, elle est à la fois partie civile et prévenue. Partie civile, car elle a d’abord été contrainte de se prostituer et s’estime donc victime du réseau, mais aussi prévenue car une fois la dette remboursée, elle serait devenue une « mama », autrement dit, une proxénète.

Pour Hélène de Rugy de l’association l’Amicale du Nid, ce système est l’une des méthodes utilisées par les réseaux nigérians pour perdurer dans le temps :

« C’est la tactique des réseaux pour prolonger leur emprise sur les victimes, ils les font monter en grade. C’est une comparaison qui est peut-être osée, mais qui me parle : c’est la comparaison avec les camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale. Quand il y a des victimes qui vivent une situation de violence constante, certaines sont nommées kapo et ne voient que comme seule solution pour échapper à cette violence que de l’exercer elles-mêmes à leur tour. C’est le même type. Ces victimes-auteurs sont toujours sous l’emprise des réseaux, elles ne voient que comme seule solution que de monter en grade dans le réseau. »

Ce vendredi, Cynthia s’exprimera donc en tant que prévenue, mais pour sa défense, elle pourrait bien se présenter comme victime du réseau et faire des révélations : un double rôle que le tribunal devra éclaircir avec précision.

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