Colombie: la démission du ministre de la Défense ne met pas fin au scandale

En Colombie, Guillermo Botero, qui faisait face à un déluge de critiques sur sa gestion du ministère de la Défense depuis plusieurs jours, a annoncé sa démission. Plus largement, c’est la politique de défense mise en place par le président Ivan Duque qui est pointée du doigt.

La démission de Guillermo Botero était une question urgente à résoudre pour le gouvernement d’Ivan Duque. Au cœur d’un scandale, depuis qu’un sénateur de l’opposition a révélé la réalité concernant un bombardement qui avait coûté la vie à 8 mineurs dont une fillette de 12 ans, début septembre, le gouvernement est accusé d’avoir remis en place la politique des faux positifs, c’est-à-dire d’assassinats de civils innocents que l’on fait passer pour des guérilleros.

Une politique qui a été mise en place par l’ancien président Alvaro Uribe, comme le détaille Roy Barreras, sénateur et membre du Parti social d’unité nationale, à l’origine de ces révélations : « L’ancien président Uribe a souhaité modifier la dynamique de paix pour un retour à la guerre, ce qui incluait à l’époque de son mandat des faux positifs. Ce ministre de la Défense respecte cette ligne idéologique et c’est la raison pour laquelle il exerce des pressions sur les forces militaires ; il trompe, il ment. Il a même mis en place une circulaire qui avait été dénoncée, pour stimuler le contrôle de l’armée, en précisant que les promotions seraient liées au nombre de morts. »

La démission de Guillermo Botero ne va certainement pas mettre un terme au scandale. Car les dérapages s’accumulent du côté des autorités avec notamment la résurgence de la violence dans le département du Cauca, où la aussi les autorités sont pointées du doigt pour leur inefficacité et la mort de civils. Une situation dénoncée par de nombreuses ONG, mais que le président Ivan Duque ne semble pas prendre à sa juste mesure.

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