Italie: le bras de fer se poursuit entre ArcelorMittal et Rome

Le ton monte entre ArcelorMittal et Rome. La multinationale ne parle plus de la question liée à la suppression du bouclier juridique pour mettre en œuvre les opérations de dépollution du site de Tarente sans risque de poursuites pénales pour les erreurs du passé. Mais ses patrons indiens, Mittal père et fils, annoncent que « le problème est d’ordre industriel » et proposent de le résoudre en supprimant 5 000 emplois directs sur 10 700. Soit près de la moitié des effectifs.

Comme l’a déclaré, sur un ton à la fois dur et très inquiet, le président du Conseil, Giuseppe Conte, « c’est l’alarme rouge » pour l’aciérie géante de Tarente. La rencontre entre les propriétaires d’ArcelorMittal et le gouvernement n’a pas permis d’assouplir les positions de la multinationale. Deux options ont été présentées : soit la remise des clefs du site, soit le licenciement de 5 000 personnes, indique Anne Le Nirnotre correspondante à Rome.

Deux millions d’euros de pertes quotidiennes

ArcelorMittal estime que son plan de 2, 4 milliards d’euros d’investissements, qui lui avait permis de remporter l’appel d’offre pour le rachat de la plus grande aciérie d’Europe, ne peut pas fonctionner. Quatre millions de tonnes d’acier ont été produites cette année au lieu des six millions prévus. Et les pertes sont évaluées à deux millions d’euros par jour. Pour le gouvernement, le licenciement de 5 000 ouvriers est « inacceptable ». Giuseppe Conte laisse toutefois la porte des négociations ouverte, pendant 48 h, en espérant, dit-il, qu’ ArcelorMittal  réfléchira pour trouver une solution.

De son côté, le secrétaire départemental du syndicat Fismic Confsal, Davide Sciurti est alarmiste : « Si tout se passe vite, en janvier déjà, il y aura une catastrophe. Le problème est d’une gravité absurde ! C’est une bombe à retardement qui est sur le point d’exploser. L’Ilva de Tarente représente une partie importante du PIB italien. Donc cela voudrait dire que l’Italie renoncerait à un morceau d’industrie, dont, à nos yeux, elle ne peut pas se priver. Donc il faut trouver une solution. »

« Il faudrait une norme plus claire »

« Il est évident, dit-il encore, que les entreprises doivent assumer une responsabilité, et il est normal qu’elles assument les coûts pour respecter l’environnement. Mais, on ne peut pas leur mettre sur le dos tous les événements survenus dans les années précédentes. Donc, il faudrait une norme plus claire qui ne fasse pas fuir l’entreprise. Le vrai drame c’est qu’en Italie, on n’a pas un modèle politique qui comprenne ce qui est en train de se passer. »

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