Tous au bûcher de l’Enrichissement Illicite

La Loi sur l’Enrichissement Illicite sera modifiée avant même d’avoir été appliquée. Ainsi en ont décidé les hautes autorités pour mettre un terme à la polémique qui entrave l’application dudit texte ainsi que les activités de la Commission y afférente. Installée depuis deux ans au moins, la structure chargée de traquer les signes extérieurs de richesse a en effet aussitôt pris du plomb dans l’aile, à cause de réserves et contestations émanant de syndicats de l’administration. Ils dénoncent en effet des passages stigmatisant de la loi selon lesquels seules certaines catégories de travailleurs sont astreintes à l’obligation de déclarer leurs  biens. La soustraction à cette obligation, en vertu de la même loi, des députés et autres élus communaux a fait grincer des dents y compris chez les partenaires extérieurs les plus regardants sur la gouvernance au Mali. Conséquence : le texte sur l’Enrichissement Illicite effectue un retour sur la table du pouvoir législatif pour modification. Et l’opération va consister à y intégrer toutes les catégories précédemment épargnés par la déclaration de biens, condition sine qua non pour que les autres s’y soumettent.

Le Haut Conseil à la manœuvre pour le Dialogue national 

Pendant qu’on le croyait en rupture irréversible avec le Dialogue inclusif, le Haut Conseil islamique affiche désormais des intentions plus bienveillantes et rame à contre-courant de ses récentes jérémiades sur son exclusion du processus. Son président serait-il déjà entré dans le club des girouettes ? De source bien introduite, en tout cas, le chef d’Ansar Dine s’est subitement retrouvé dans les manœuvres. Non pas pour prendre lui-même le train de la DNI en marche, mais il a pris son bâton de pèlerin et se rend très actif dans les démarches auprès d’acteurs qui rechignent à participer au Dialogue. On y dénombre entre autres la CMA, mais la démarche vise spécifiquement l’opposition malienne et son chef de file Soumaïla Cissé – dont la défection s’explique essentiellement par le caractère non-exécutoire de l’issue du Dialogue national. Seulement voilà : il n’est point évident que la levée de cette barrière provienne d‘Ousmane Chérif Haïdara. Et pour cause, le malaise créé par l’histoire des 100 millions avec l’actuel chef de file de l’opposition n’est pas encore éteint.

De 50 milliards les hôpitaux de Koulikoro et Koutiala redescendent à 24 milliards au total 

Environ une douzaine de milliards de nos francs pour chacune des deux centres hospitaliers. C’est le montant retenu par le conseil des ministres du mercredi dernier a l’issue duquel le marché  a été arbitrairement attribué à ANTA CONSTRUCTION pour l’hôpital de Koulikoro et SIRA IMMO SAS pour celui de Koutiala. Des attributions qui répondent de l’urgence présidentielle mais qui n’ont de cesse de faire grincer de dents depuis, quant à leurs coûts. Les deux hôpitaux sont en effet jugés très exorbitants par nombre d’observateurs effarouchés par l’attribution d’une manne aussi importante à des prestataires triés sur le volet sans concurrence. Ils ignorent sans doute que les estimations initiales des deux marchés étaient beaucoup renversantes. Il s’agit en effet d’une bonne cinquantaine de milliards cumulés pour les deux marchés que les financiers du département en charge de santé ont eu beaucoup de mal à ramener dans les proportions actuelles. Il y a malgré tout lieu de craindre que cet exploit ne se répercute négativement sur la qualité des infrastructures concernées.

300 ex-combattants attendus à la Douane

Selon nos sources, ce sont les proportions auxquelles prétendent les mouvements armés signataires de l’Accord dans le cadre de l’intégration de leurs combattants démobilisés à la Douane. La liste y afférente est déjà dans le circuit en vue de leur adjonction aux effectifs déjà pléthoriques. Après en avoir saisi les autorités, c’est au mouvement syndical des gabelous, à en croire la même source, qui serait en train de plancher sur la question et d’examiner les conditions d’une insertion sans anicroche avec la réglementation en vigueur en termes de plan de carrière et autres. Or il n’est point évident que celle-ci se passe sans heurt, au regard du principe de transposition systématique des combattants avec leur grade dans le mouvement d’origine. S’y ajoute en outre que les insertions socioprofessionnelles ont tendance à avancer à un rythme largement disproportionné à celui des cantonnements et du désarmement.

La Rédaction

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