Soupçonné de conflit d’intérêts, un conseiller de Matignon démissionne

L’ancien secrétaire d’État italien devenu conseiller d’Édouard Philippe, Sandro Gozi, a annoncé mercredi 23 octobre sa démission. Il a été soupçonné d’avoir collaboré avec le gouvernement maltais tout en étant à Matignon.

Dénonçant de « viles attaques », l’Italien a décidé de démissionner pour « retrouver la pleine liberté de parole » afin de se défendre et « éviter toute instrumentalisation politique qui pourrait porter préjudice au chef du gouvernement » français, dans un courrier transmis à l’AFP, puis sur les réseaux sociaux.

Lundi, Le Monde et le quotidien maltais Times of Malta ont affirmé que Sandro Gozi travaillait également pour le Premier ministre maltais Joseph Muscat.

« Le contrat maltais mentionné dans la presse régit légalement une mission de conseil effectuée en tant que consultant externe auprès des autorités maltaises », s’est-il défendu dans le courrier. Cette collaboration « a cessé à (sa) demande après le résultat des élections européennes en France », poursuit-il, assurant avoir remis des preuves de ses affirmations.

« Un complément déclaratif »

Après son embauche au cabinet du Premier ministre le 1er août, l’Italien avait réalisé ses « obligations déclaratives en tant que conseiller ministériel auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) », assure-t-il dans sa lettre. Il ajoute qu’il a ensuite effectué « un complément déclaratif après avoir réalisé que la législation française exigeait la déclaration non seulement des activités publiques mais également des activités professionnelles privées ».

Promettant que « ses activités professionnelles n’ont jamais été dissimulées », Sandro Gozi assure « que la HATVP n’a pas encore rendu de résultat conclusif de l’examen de sa déclaration ». Mardi 22 octobre, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le député LR Pierre-Henri Dumont avait sommé le Premier ministre de répondre à cette question : « Pour qui travaille réellement votre conseiller ? »

« M. Gozi a été invité (lundi) par le directeur du cabinet du Premier ministre à produire des explications », avait répondu Édouard Philippe. Sandro Gozi avait confirmé lors de son embauche « que son emploi de cabinet à Matignon était exclusif de toute autre activité professionnelle, a fortiori pour un autre gouvernement », avait assuré mardi Matignon.

L’italien est attendu au parlement européen après le Brexit. Il rejoindra le groupe Renaissance d’Emmanuel Macron, déjà fragilisé par les échecs de Nathalie Loiseau et de Sylvie Goulard.

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