Facebook fonde l’association Libra pour sa cryptomonnaie

Malgré un climat hostile, l’association Libra a vu le jour ce lundi 14 octobre. Son objectif est de gérer la future monnaie numérique voulue par Facebook qui rassemble près de deux milliards et demi d’utilisateurs sur la planète.

Le projet Libra de Facebook tient le choc malgré la défection brutale de sept géants de la finance : PayPal, Visa, MasterCard, eBay ou encore Booking. « Ces départs ne remettent pas du tout en cause la viabilité du projet », a voulu rassurer Bertrand Perez, le président de l’association, ex-cadre de PayPal.

Un mode de paiement alternatif

Le réseau social fondé par l’Américain Mark Zuckerberg, qui rassemble près de deux milliards et demi d’utilisateurs sur la planète, crée donc l’Association Libra pour lancer sa cryptomonnaie, un mode de paiement alternatif aux circuits bancaires traditionnels.

La nouvelle organisation indépendante a tenu ce lundi sa première réunion officielle à Genève en Suisse, où elle est basée. Elle compte désormais parmi ses vingt et un membres d’autres acteurs de poids : le site de paiement en ligne PayU, les groupes de télécommunications Vodafone et Iliad et les plateformes Uber, Spotify et Farfetch.

À bord également, des grands noms de la technologie blockchain comme Anchorage, Xapo ou Coinbase, des fonds de capital-risque tels que Andreessen Horowitz, Ribbit Capital ou des organisations à but non lucratif comme Kiva ou Mercy Corps.

« Chaque membre de l’association fait fonctionner un nœud du réseau, c’est-à-dire un serveur qui contribue à l’exploitation de la blockchain », lit-on sur le site en ligne Libra.org. « On a une totale garantie de leur implication à partir de ce jour, ce qui fait qu’on est assez confiant pour le projet », a rassuré Bertrand Perez, secrétaire général de l’association.

Ces vingt et un membres ont signé une charte d’engagement. Ils ont élu un conseil de cinq personnes pour assurer la gouvernance de l’association. Ce board est constitué de Kathryn Haun (Andreessen Horowitz), David Marcus (Calibra, la filiale de Facebook), Matthew Davie (Kiva Microfunds), Patrick Ellis (PayU) et Wences Casares (Xapo).

Le libra en circulation en 2020 ?

Le lancement de la monnaie libra était prévu initialement pour la mi-2020, mais il pourrait démarrer plus tard, le temps pour l’association de trouver de nouveaux membres. Elle en souhaite cent afin de rassurer les régulateurs si elle y parvient.

« Nous voulons faire en sorte d’obtenir les autorisations nécessaires. Dans un tel projet, on n’est pas à quelques trimestres près », a insisté Bertrand Perez.

Contrairement à la majorité des monnaies virtuelles qui sont extrêmement volatiles, le Libra est « un système de paiement, pas une monnaie spéculative », soutient le président de l’Association. Il rappelle que la monnaie numérique serait soutenue par une réserve d’actifs réels et stables, comme le dollar ou l’euro.

Facebook dans le collimateur

Mais Facebook est loin d’inspirer confiance en matière de confidentialité et de protection des données personnelles. Sa réputation a été fortement ébranlée lors du scandale de Cambridge Analytica. Les gouvernements en Europe et aux États-Unis craignent également que cette nouvelle monnaie numérique favorise la corruption et les détournements de fonds.

Jérôme Powell, le président de la Fed, la banque centrale américaine, a déjà émis des inquiétudes sur « la vie privée, le blanchiment d’argent, la protection des consommateurs et la stabilité financière ». La Réserve fédérale a d’ailleurs demandé à un groupe de travail de suivre le projet Libra en coordination avec d’autres Banques centrales.

En France, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a refusé d’autoriser le développement de la future libra « sur le sol européen », estimant que « la souveraineté monétaire des États était en jeu ».

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