Japon: après le typhon Hagibis, la crainte des glissements de terrain

Le bilan du typhon Hagibis s’alourdit. On dénombre des dizaines de morts, des disparus et plusieurs centaines de blessés. Plus d’une douzaine de personnes sont portées disparues.

Alors qu’à Tokyo, la vie a repris son cours normal, quelque 76 000 foyers restent privés d’eau et d’électricité dans le centre et le nord de l’archipel nippon. Plus de 100 000 secouristes dont 30 000 soldats sont mobilisés.

Selon l’Agence de la météorologie japonaise, le typhon Hagibis a déversé, en moins de 48 heures, des pluies équivalentes à 30 ou 40% de la moyenne annuelle. Sa violence est due au réchauffement de l’océan Pacifique, explique notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles.

À Nagano, la crue d’une rivière a atteint plus de 4 mètres de haut. Des digues ont lâché dans une dizaine de rivières du centre et du nord de l’archipel. Chose rare et dangereuse, il a fallu procéder à des délestages sur cinq barrages.

Des sacs contenant des déchets radioactifs emportés par une rivière en crue

Dans les régions de Nagano et de Fukushima, moins habituées que d’autres à subir des typhons, les travaux de reconstruction risquent d’être très coûteux, et d’avoir un impact prolongé sur l’activité économique du pays.

Des dizaines de milliers de personnes ont trouvé refuge dans des centres d’évacuation. Des sans-abri se sont vus refuser l’accès à certains d’entre eux. Le Premier ministre Shinzo Abe dit que cette discrimination est inacceptable.

Dans la région proche de la centrale nucléaire de Fukushima, des sacs contenant des déchets radioactifs ont été emportés par une rivière en crue. Les météorologues craignent de nouvelles pluies et les glissements de terrain.

La Croix-Rouge sur place pour porter assistance aux populations sinistrées

Au Japon, la télévision publique parle désormais de près de 70 morts. Quinze personnes sont toujours portées disparues. Caroline Haga, de la Croix-Rouge internationale, s’en rendue dans trois préfectures affectées par les inondations.

« C’est l’ouragan ou le typhon le plus violent qui ait frappé le Japon depuis 60 ans. La zone est très étendue : il a affecté toute l’île de Honshu, la plus peuplée. Personne ne s’attendait à des pluies torrentielles », explique-t-elle à RFI.

« Ce genre de typhon, ajoute Caroline Haga, on peut s’y préparer autant que possible, la situation est telle qu’on ne peut jamais complètement prévoir ce qu’ils vont faire exactement, et le type de destructions auxquelles on va faire face. »

La préparation était très bonne, dit-elle, « même si des vies ont été perdues, des gens blessés et qu’énormément d’infrastructures ont été endommagées. Mais c’est malheureusement toujours le cas avec les catastrophes naturelles. »

Nous nous sommes d’abord rendus à Totchigui, où les inondations sont aujourd’hui moins importantes, le niveau de l’eau a baissé. Mais nous avons vu un hôpital endommagé, dont le rez-de-chaussée est complètement rempli de boue, et les gens étaient en train d’être évacués vers d’autres hôpitaux avec l’aide de la Croix-Rouge japonaise. Là, les dégâts étaient importants. Nous sommes ensuite allés à Fukushima et à Myagui, où les inondations sont toujours très importantes. Les routes étaient coupées, les gens ont perdu leurs maisons parce que l’eau a tout envahi. Ils tentaient d’emmener tous leurs biens, parce que tout avait été détruit. Ces gens sont dans des centres d’évacuation, il y en a beaucoup dans chaque préfecture, situés dans des centres de santé ou des écoles. Et les gens peuvent y rester pendant qu’ils nettoient leurs maisons, mais je ne suis même pas sûr qu’elles puissent toutes être remises en état. Même chose bien sûr pour les magasins, j’ai vu que tout cela était complètement inondé. C’est vraiment une énorme catastrophe.

JAPON _Son Caroline Haga Croix rouge Japon 8h
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