Le pape François crée 13 nouveaux cardinaux, dont l’archevêque de Kinshasa

Treize nouveaux cardinaux vont être créés ce samedi 5 octobre au Vatican. Parmi eux, l’archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo.

Les treize archevêques qui s’apprêtent à être créés cardinaux sont tous des hommes du pape François. C’est le cas de l’archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo qui, à 59 ans, marche dans les pas du cardinal Monsengwo. Sa nomination est un message du pape François aux Églises d’Afrique. En élevant au rang de cardinal l’artisan de la transition au Congo et l’inlassable défenseur du peuple congolais, le pape promeut un modèle d’Église au service de l’homme, de la justice sociale et de la paix. Celui qu’incarne la Conférence nationale des évêques du Congo.

Plus de huit mois après les résultats contestés de l’élection présidentielle, le consistoire de ce samedi aussi offre aux protagonistes de la vie politique congolaise l’occasion d’afficher un moment d’unité. Sur la place Saint-Pierre de Rome, le président Félix Tshisekedi et son adversaire malheureux à l’élection présidentielle, Martin Fayulu, assisteront à la grand-messe qui donnera à leur pays et à l’Afrique un nouveau cardinal.

Comme Mgr Fridolin Ambongo, les futurs cardinaux sont tours des religieux de terrain engagés. Certains sont investis dans l’accueil des migrants, à l’image du père Michael Czerny, jésuite canadien de 73 ans, sous-secrétaire du dicastère en charge du développement humain intégral, ou de l’évêque guatémaltèque Mgr Alvaro Ramazzini qui s’est élevé contre la politique migratoire américaine.

D’autres œuvrent pour le dialogue interreligieux, et en particulier avec l’islam, comme le nouveau président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux Mgr Miguel Ayuso Guixot, ou l’archevêque de Rabat, Mgr Cristobal Lopez Romero. Avec ce sixième consistoire du pontificat, ce sont désormais plus de la moitié des électeurs du prochain conclave qui auront été nommés par François.

 Fridolin Ambongo, figure incontournable de l’Église catholique congolaise

Certains se souviennent de l’avoir vu partir prêcher ces dernières années à l’arrière d’une moto. Fridolin Ambongo est originaire de Boto dans l’ex-province de l’Équateur. Les routes y sont réputées particulièrement impraticables en saison des pluies, comme trop souvent au Congo. C’est là aussi qu’il a gravi les échelons de l’Église catholique, dans l’archidiocèse de Mbandaka-Bikoro, qu’il a fini par diriger.

Ses détracteurs lui reprochent sa proximité avec la famille Bemba, le père Jeannot, patron des patrons du Maréchal Mobutu et surtout de son fils, Jean-Pierre, l’ancien vice-président, rival de Joseph Kabila et actuel coordinateur de la principale coalition de l’opposition à Felix Tshisekedi.

Fridolin Ambongo est bien connu de la classe politique congolaise, pour qui il n’a pas toujours eu des mots tendres. Pierre angulaire du dialogue qui a abouti à l’accord de la Saint-Sylvestre en décembre 2016, il avait menacé les participants de mettre en œuvre un plan B si les hommes politiques congolais ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur l’organisation des élections.

Un an plus tard, le futur cardinal ne cache pas sa colère quand des chrétiens sont tués devant des églises pour demander le respect de l’accord et l’organisation des scrutins. Au lendemain des élections, il soutient la mission d’observation électorale de la Cenco qui avait contesté la victoire du président Felix Tshisekedi. Habitué des dossiers chauds, il a aussi dirigé la Commission épiscopale pour les ressources naturelles, sujet sensible en RDC.

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