Moyen-Orient: comment la guerre au Yémen «renforce l’Iran»

La double attaque sur des installations pétrolières saoudiennes continue de faire réagir. Pour le chercheur yéménite Farea Al-Muslimi, il est nécessaire que les Occidentaux agissent réellement pour la paix.

Du côté de l’Iran, accusé d’être à l’origine de cette attaque, le ministre des Affaires étrangères a prévenu qu’une frappe punitive sur son sol amènerait à une guerre totale. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo est, lui, en tournée dans le Golfe pour « bâtir une coalition destinée à parvenir une solution pacifique ». Au milieu de ces échanges par médias interposés : le Yémen d’où les Houthis affirment avoir lancé l’attaque.

Pour Farea Al-Muslimi, l’un des fondateurs du Sanaa Center (centre de recherches stratégiques de Sanaa), il est temps de se rendre à l’évidence et d’arrêter d’utiliser le Yémen pour combattre l’Iran à travers les rebelles Houthis. « Les Saoudiens mènent une guerre au Yémen depuis quatre ans et ça ne marche pas. Ils continuent de penser que cette guerre est utile. Ceux qui en ont payé le prix ce sont les Yéménites, et celui qui en a le plus profité, c’est l’Iran. Ceux qui sont les moins affaiblis quatre ans plus tard, ce sont les Houthis », analyse le chercheur de passage à Paris.

Sana’a Center@SanaaCenter

Yesterday’s claimed strikes on two installations in have yet again brought to the forefront the role of in the ongoing conflict in . Read our « War by Remote Control » on the topic. https://sanaacenter.org/publications/the-yemen-review/7689 

War by Remote Control | Sana’a Center For Strategic Studies

The Yemen conflict is becoming a model for how a non-state actor can effectively employ drones as a force equalizer in 21st-century wars.

sanaacenter.org

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L’appel de la France à la désescalade entre les États-Unis, l’Arabie saoudite et l’Iran n’est qu’hypocrisie aux yeux de Farea Al-Muslimi qui rappelle le rôle actif de la France dans cette guerre. « Quand la France vend des armes à l’Arabie saoudite, la question n’est plus de savoir par qui elles seront utilisées. Le problème, c’est de vendre le positionnement diplomatique du pays. La France aurait pu mettre un veto à cette guerre en 2015 quand elle a commencé. Mais à la place elle a dit : « Nous sommes en accord avec ça et nous vous vendrons des armes à vous, Saoudiens, tant que vous venez avec votre carte bleue. »  »

Quatre ans plus tard, les systèmes économiques et politiques du Yémen sont détruits, mais pour les membres du Sanaa Center, il est encore temps de parler de paix. Selon les chercheurs il faudrait pour cela que les pays du Conseil de sécurité des Nations unies cessent de se plier aux volontés de Riyad.

Tout le monde est bien plus intéressé par la guerre que par la paix

Farea Al-Muslimi: «Une hausse des prix du pétrole et soudain le Yémen intéresse»
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