CHERIF SALIF SY, ECONOMIE-POLITISTE, ENSEIGNANT CHERCHEUR ET ACTIVISTE SUR L’AVENIR DU FRANC CFA :  « La monnaie n’est qu’un levier parmi tant d’autres pour le développement économique et social »

L’économiste, Cherif Salif Sy n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour prouver comment le système de gouvernance du franc Cf freine le développement ou même l’émergence des pays de la zone. Il révèle non seulement que le franc Cfa n’a pas d’avenir mais également le système mis en place depuis l’adoption de cette monnaie par la France pour mieux pompier les économies des pays de la zone.

La pensée unique, cette doctrine visqueuse, insensiblement enveloppe tout raisonnement non conventionnel. C’est une doctrine qui trouble, paralyse et fait étouffer. C’est une doctrine à enterrer. Je crois que la façon d’être ce nouvel intellectuel, c’est en tout temps de susciter le débat. Parce qu’en toute chose, il faut toujours favoriser le dialogue. Le  dialogue étant le préalable à tout. Qu’il y ait des représentants de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest ou du Ministère de l’économie et des finances, ma conviction est que nous sommes dans le même camp. Ce camp qui veut un jour voire une Afrique libre, dans laquelle on vit digne et épanoui. L’avenir du franc Cfa. Le Cfa, une monnaie qui circule sur la monnaie d’un pays ou d’un groupe de pays, qui circule dans un autre pays sur un autre papier. L’intitulé déjà nous met au cœur des discussions de ces sept dernières années entre les tenants et ceux qui ne sont pas favorable au franc Cfa. Les Semi Keba et les autres que je n’ai jamais vu d’ailleurs. Mais avant de répondre la question, notre monnaie. Les autres disent non, ce n’est pas notre monnaie. Je pense qu’il faut savoir raison garder. Que vous ayez bu la veille et que vous ayez perdu vos esprits, un engament reste un engagement. Ma conviction est que le franc Cfa est bien notre monnaie. C’est nous qui l’avons signé et c’est nous qui l’avons voulu. Il faut l’assumer et avancer. Maintenant, on peut la caractériser, discuter de sa gestion et du reste. Je précise autre chose, et je le rappelle souvent, je suis ni pour ni contre. Je dirai pourquoi. Au moment où je parle, il y a 25 pays au monde au moins qui utilisent une monnaie d’un autre pays. Beaucoup ne le savent pas toujours. Les Monaco, l’Argentine. L’Argentine a utilisé pendant dix ans, les dollars américains. J’ai été conseillé d’un Chef d’Etat, la République d’Equateur en Amérique Latine, Rafael Coréa qui est un camarade de promotion. Un socialiste pure et dure. en 2002, la monnaie de l’Equateur qui s’appelle le Sucre a connu d’énormes problèmes de gestions, de trafic, de manipulation. Et, bien le socialiste, Rafael Coréa a suspendu le Sucre pour utiliser les dollars américains. Jusqu’à présent, c’est les dollars. Évidemment, il a pris des précautions.  C’est là où la gouvernance de la monnaie est important. C’est lui qui décide de la quantité de monnaie mise à la disposition du secteur privé. Ce n’est pas une petite chose, c’est très important. Les américains ont tout fait pour lui dire, vous n’avez pas le droit d’utiliser les dollars. Il dit, moi je l’utilise, je n’ajoute pas de commentaires. Le Zimbabwe la utiliser. Donc, le problème ce n’est pas d’utiliser sur son territoire la monnaie d’un autre pays. Ce n’est pas une honte. Mais, avoir plus que son mot à dire sur sa gestion. Ce que l’on appelle aujourd’hui, sa gouvernance. C’est cela le problème. Donc, avant de répondre, je dis préalablement qu’il faut quand même que nous gardions notre raison et admettre que si les gens peuvent penser que, si vous ne voulez pas, c’est comme cela qu’Lss le disent aux autres, si vous ne voulez pas du franc Cfa, organisons une discussion technique. D’autres disent nous, et ils en ont le droit, c’est cela la démocratie, parler de technique, cela ne nous intéresse pas. Nous sommes sur le terrain de la souveraineté. Ils en ont le droit. Je crois que c’est cela aussi, l’ouverture d’esprit.

J’ai déjà répondu que cette monnaie, c’est notre monnaie en notre nom. Nos élus se sont engagés à respecter tous ces engagements. Et, surtout, c’est la monnaie qui marche chez nous. Je crois qu’il faut que nous l’acceptions. Le franc Cfa n’a pas d’avenir. Je suis quelqu’un de poli, qui suit ses responsables. Le franc Cfa n’a pas d’avenir pare que je ne peux pas dire quelque chose de plus ou de moins, en tout cas pas en deçà de ce que nos Chefs d’Etat ont dit en 1983. C’est eux, qui, en 1983 ont décrété qu’il n’avait pas d’avenir et qu’il fallait construire le franc de la Cedeao. C’est pour cela que je dis que je suis dans une spéculation intellectuelle. Je ne dis pas qu’on s’amuse mais les réflexions sont importantes et nous servirons dans la mise en œuvre de la monnaie Eco. Lorsqu’un médecin dit à quelqu’un qui a le cancer, vous avez peut-être un ou deux ans à vivre, mais il n’a pas dit que vous mourrez demain. C’est ce que les Chefs d’Etat ont fait. En tout cas, une chose est sûre, en signant ce protocole pour la création de la monnaie de la Cedeao et même plus loin en créant la Cedeao, inévitablement cet espace aurait une monnaie. Dans la gestion, je ne vais pas trop m’étendre. Parce que, je ne fais dans cette brève introduction que situer notre responsabilité. Il faut être conséquent. On vous élu, vous assumez que vous êtes élu par un peuple. Vous pouvez négocier, vous l’engagez et vous n ne pouvez pas revenir en nous disant que ce franc, ce n’est pas notre monnaie alors que c’est lui qui circule sur nos marchés, dans nos foyer etc. je voudrais dire que s’il y a toutes ces concertations, conférences sur le franc Cfa, ce qu’il met quelque part ma à l’aise tout le monde. Et, ce malaise, ce qui l’a vécu en premier, ce sont les Chefs d’Etat. Beaucoup ne le savent pas. Les Chefs d’Etat, une fois l’indépendance assumée, les gouvernements installés, étaient dans un malaise comme disait D’Oury Aman très inconfortable dès les années 1963. Ils se sont réunis, ils en ont discuté plusieurs fois et ils ont demandé à Djouhry de commettre un expert pour réfléchir sur le franc Cfa  et j’ai le rapport qui a été fait par l’expert en 1966. Et, c’était le professeur Samir Amin que je remplace aujourd’hui, à la tête du forum du tiers monde et du forum mondial des alternatives. Samir dit ceci « j’ai été invité en 1969 par le Président Aman Djouhry qui imaginait à la demande des Chefs d’Etat, souhaitable une réforme du système monétaire de la zone franc Cfa français. Djouhry savait que j’étais l’un des rares personnes qui partageait ce point de vue et qui ne connaissait pas trop mal les problèmes économiques des pays de la région. Mais opinions sur ce sujet sont connues. J’en ai fait d’abord un exposé de principes essentiels ». D’abord, que la gestion monétaire ne constitue jamais l’aspect premier des problèmes et vient en aval non en amont des choix sociétaires fondamentaux et des choix stratégiques. Beaucoup d’anti Cfa ignorent cet aspect. La monnaie n’est qu’un levier parmi tant d’autres pour le développement économique et social. Mais, malheureusement, il y a des dérapages, des tentatives, des calculs etc. qu’ils vous disent comme cela. De but en blanc globalement que voilà parce qu’ils ont le franc Cfa qui est une bonne monnaie et qu’économiquement, elle se comporte mieux. S’ils sont pauvres, s’il y a des problèmes, s’il n’y a pas de liquidité. Cela, personne ne peut le prouver économiquement. Je défie quiconque de le faire. Et, je l’ai fait avec mes jeunes frères qui ont tenté de faire ce travail. Quand il y a des défaillances, elles ne peuvent pas avoir une seule cause. Donc, Samir a précisé dans son texte que la monnaie n’était qu’un des leviers parmi d‘autres. Ensuite, que si les pays concernés voulaient rompre avec le modèle colonial, extraverti et s’engager dans la voie d’un développement autocentré, tant à l’échelle de l’Etat que celle de la région, le système de la zone franc tel qu’il existe ne convenait pas. J’avais bien sûr l’intention d’aider à la réforme et non de proposer le tout pour rien. cela est le sens de la responsabilité. Vous sortez du franc Cfa, nous mettons le pays à feu et à sang. Ce n’est pas responsable. On débat, on discute. Vous n’avez rien à dire aussi, l’affaire est une affaire de technicien, nous en discutons à la Bceao et entre autres experts. ce n’est pas également une bonne réponse. Il faut dialoguer. je ne vais pas être long sur tout ce que Samir a dit. Il voulait concrètement des réformes à date-tatie que, de son point de vue qu’il fallait faire. Les Chefs d’Etat l’ont adopté. Deux ont systématiquement refusé et ont torpillé le projet. C’était Léopold Sédar Senghor et Houphouët Boigny. Je crois que cet aspect de l’histoire mérite d’être connu.

Je vais simplement donner d’autres aspects sur le malaise. Je fais récemment un article dans la revue « Alternative économique » qui est l’une des revenues économiques la plus lu en Europe. J’en suis membre fondateur depuis 1981. Voici ce que disait Senghor dans la conclusion de mon article. Senghor qui donnait une interview, après la réélection d’Amani Djouhri. Je précise que c’était le 7 juillet 1977 à Jeune Afrique. L’entretien portait sur le franc Cfa. Il dit, je le cite : « le franc Cfa, une longue histoire entre maitre et esclave ». C’était le titre de l’entretien. Senghor dit : « Aujourd’hui, on est colonisé et on ment au peuple en disant qu’on est libre ». Donc, le malaise, ce n’est pas seulement entre des rebelles de la rue. Abdou Diouf après la dévaluation, lui s’est contenté de dire après avoir signé la déclaration sur la dévaluation, je le cite « comme tous ces gens, je suis opposé à la gouvernance de la monnaie par le trésor français ». Le trésor français, c’est là où sont les réserves. J’ai l’intime conviction, c’est ce que je crois, à l’état actuel de la marche de l’Afrique et des défaillances gouvernementales. Si nos bijoux de famille étaient dans la Banque centrale, nous serions au moment où je parle, au bord de la rue parce qu’on aurait simplement abandonné nos matelas. Les réserves, c’est le matelas. Les réserves, c’est entre autres ce qui vous permet, s’il y a une guerre mondiale demain, d’être sûr que pendant six mois que dura la guerre, vous mangerez, prenez la douche etc. mangez vos réserves, vous allez manger votre lit. Vous allez vous coucher au bord de la mer. Mais, comment garder les réserves alors ? Mais, on fait comme la Chine ou comme l’Allemagne. Les réserves de l’Allemagne, c’est essentiellement constituer d’or. Il y a seulement quatre, depuis la seconde guerre mondiale, que l’Allemagne vient de les rapatrier des Etats-Unis. 75% des réserves de la Chine étaient aux Etats-Unis. La Chine n’a pas encore tout récupérer. Et, ces réserves, c’est comme les bijoux de famille. Vous les mettez là où vous êtes sûr qu’il y a assez de sécurité. Je répète et je reviens là-dessus. Je suis opposé à la gouvernance du franc Cfa tel que cela fonctionne depuis. Je ferme la parenthèse.  Parce que, cela détermine ce qui suit. Mais, si je veux garder mes bonnes œuvres, je les mets là où je suis sûr de pouvoir un jour les récupérer. Et, il y a autre chose. C’est l’argumentaire de ceux qui veulent tout pour rien. Renseignez-vous sur le taux de rémunération des placements que la France ferait sur les réserves de la zone Cfa. C’est moins 1% qu’elle en tirerait. Donc, ce n’est pas un argument qui tient la route. Là où il y a problème, c’est ailleurs. Les réserves, nous les récupérons chaque fois que nous avons besoin. Nous prenons ce qu’il faut et nous les utilisons. Je crois que c’est cela qu’il faut dire. Il y a de grands pays sont dans l’optique de construire d’autres sociétés qui ont leur argent dans d’autres pays. Le Nigéria a deux comptes. Les deux les plus importants. L’un est en Grande-Bretagne et l’autre est au Etats-Unis.

Quels sont les avantages en ce moment-là liées à la zone franc à laquelle, certaines personnes tiennent pour une raison ou pour une autre. En général, on nous en cite cinq. La première, c’est la stabilité de la monnaie. C’est ce qu’on nous dit. La stabilité de la monnaie. Peut-être sur le moyen et long terme, on peut l’admettre. Ou bien, on peut dire que généralement, on n’a pas eu de turbulences graves dans la zone Cfa à cause de la monnaie. On peut le noter. Mais, personne ne peut nier que depuis sept ans, l’euro a perdu 25% de sa valeur face au dollar. Qui en profite ? Ceux qui ne font que commercer dans la zone ne s’en rendent pas compte. Ils considèrent qu’ils opèrent sur la base de la même valeur. Mais, les opérateurs, il y a en a qui ne veulent pas le dire et qui vont et qui viennent savent lorsqu’il y a une dépréciation de la monnaie. 25%, c’est le quart. Mais qui en profite ? D’abord, le secteur privé européen. Ils continuent à traiter, ils ont un avantage favorable. Il y a une appréciation du dollar qui leur ait favorable. Il devient plus confortable pour ses gens pour acheter ou vendre. Mais, dans le même temps, la parité reste fixe avec leur partenaire important de la zone franc. Donc, par le mécanisme de la zone franc, nous créons de la richesse qui va ailleurs. Je crois que ce premier argument comme n’importe quel argument est discutable. Mais, il faut caractériser fondamentalement ce qu’on appelle stabilité de la monnaie. Sa convertibilité, je pense que c’est une force de frappe du franc Cfa. C’est un avantage considérable que d’avoir une monnaie convertible. Surtout que, il n’y a pas e coût. Et puis, la convertibilité suggère une autre interrogation. En principe, convertibilité d’une monnaie adossée à une monnaie pas seulement forte mais crédible. Cela devrait favoriser l’investissement étranger direct. Est-ce que le cas ? Si nous traitons de la question de l’investissement dans la zone franc Cfa. Toutes les études montrent que ce n’est pas le cas. Il faut donc, continuer à réfléchir pour savoir que malgré les offres, le dynamisme, l’appel de certains Chefs d’Etat comme Alassane Ouattara, pourquoi l’investissement étranger n’arrive pas comme cela devrait être le cas ? Je crois que c’est d’autres raison. Je n’en parlerai pas. Cette position de la monnaie aussi favorise l’échange entre la zone Cfa et la zone Européenne. Mais l’échange que nous avons avec la zone européenne, elle est destructrice pour nous. Simplement à cause de l’échange inégal et la loi de la valeur mondialisée. L’échange inégale, je caricature, vous acheter une Mercedes à l’an 1 à dix mille dollars, vous vendez dix milles tonnes d’arachides pour avoir la Mercedes. A l’an 3, pour la même Mercedes, vous donnez trente mille dollars.

Vous dites pourquoi ? On vous dit que votre produit que vous échangez avec la Mercedes, vous le produisez comme le faisait votre arrière ancêtre. Il n’englobe ni les technologies nouvelles ni de savoir nouveau. Tandis que la Mercedes, regardez bien, les vitres ce n’est pas une manette maintenant c’est électrique. C’est cela le cœur de l’échange inégal. C’est d’autant plus difficile et soutenable que vous prenez la balance commerciale des pays africains anciennement francophone, c’est 40% d’importation de machine d’outils, 40% d’importation d’aliments et de médicaments et 20% divers. Avec ce système d’échange inégal qu’est-ce que vous pouvez faire. Senghor avait perçu. Parce que, Senghor comme Mamadou Dia prenait des cours d’économie auprès de Samir Amin. D’ailleurs, les français dans un rapport confidentiel le dénonçaient. Ils dénonçaient Senghor dans des termes très peu respectueux en disant que le politique a trouvé en Samir Amin son maître. Ce mécanisme d’échange inégal qui existe, parce que c’est sur la logique économique que devrait se fonder le commerce international. Sur l’échange d’heure du travail. C’est ce que Carl Max proposait. Si on échange des heures de travail, on serait dans ce que réellement le libéralisme non pas ce que le socialisme voulait, le libéralisme, c’était cela sa bataille. Celui qui déteste plus le libéralisme, c’est le capitaliste. Malheureusement, c’est le capitalisme qui nous gouverne. L’autre aspect, c’est de dire que le niveau d’inflation est bas. On se vante de l’avoir. J’enseigne aussi, à m’Université de l’Etat de Victoria au Brésil, l’économie africaine. J’ai des sessions annuelles. Mais, dans un laboratoire qui travaille sur le rôle et l’impact de l’inflation sur l’économie, nous avons voulu refaire pour voir si on peut le confirmer qu’ensemble que les Nations-Unies avaient faites en 1955. L’économie du développement venait de naitre et c’était une question importante. Le rapport du fonds et des Nations-Unies à cette époque montrait qu’ils ont étudié l’inflation à trois niveaux. Ils ont sorti un tableau, j’ai le rapport. Les pays qui ont une inflation de plus de 3% vers 7 et 10, les pays qui ont entre 3 et 7 et les pays qui ont autour de 0%. L’étude avait montré que les économies qui se comportaient le mieux, c’était les économies qui étaient entre le 1%, et 3% mais sur des périodes courte. Parce que, avoir un taux d’inflation bas pour l’éternité sur le moyen ou long terme, c’est anti économique.  Parce que l’inflation est un instrument de politiques économiques. Vous êtes le Nigéria, à un moment donné, il y a un reflux des biens que vous vendez sur le marché mondial, vous avez une classe moyenne qui acheté énormément. Tout l’argent, il le dépense à Londres. Mais, vous utiliser  le levier de l’inflation pour générer des ressources sur ces importations pour soutenir les populations pauvres en cas de difficultés. Nous ne pouvons pas le faire avec une inflation qui reste entre 1 et 1, 5% sur trente ans. Ce n’est pas possible. L’argument de l’inflation aussi, nous l’avons vérifié et nous avons vu qu’il ne tient pas.

Ce qui m’a toujours préoccupé sur le franc Cfa, ce que je me suis rendu très compte qu’on ne pouvait pas l’étudier sans les considérations du pacte colonial ou la survivance de certaines dispositions du pacte notamment, la libre transférabilité. C’est impossible. Tout a été conçu dans le même moule. Pacte colonial, c’est qu’est-ce que la production, qui produit, que produisons nous, vers ou sur quel marché écoulé, quel sont les entreprises qui transportent. Évidemment, la réponse était que sur toute la ligne, c’était que des entreprises françaises  qui faisaient le travail. Mais, à ce dispositif, vous ajoutez une institution pensée dès 1939, installer plus tard, le Fonds international pour le développement économique et social (Fides) crée par la France dans ses anciennes colonies qui avait une interdiction de fonds. Ne financer aucun negro africain aurait-il la nationalité française. Le Fides ne finance que des entreprises françaises.et, qu’au bout du dispositif, c’est la monnaie. Si vous n’avez pas une monnaie qui permet  un certain type de transfert, vous ne pouvez pas. Je veux simplement dire que comment tout cela peut se traduire sur notre économie ? Je prends le cas du Sénégal. Aujourd’hui, au Sénégal, la dernière étude de 2014 le dit, nous avons quelques 2040 entreprises, que l’on peut qualifier d’industrielles. 90% de ces entreprises sont des filiales des sociétés mères basées en France ou ailleurs. C’est cela notre tissu économique. C’est pour cela qu’avec un tel tissu économique adossé au franc  Cfa, vous ne pouvez pas faire le transfert de technologies que vous voulez. Parce qu’en réalité, comme disait Cheikh Hamidou Kane, vous n’avez pas d’espace. On vous a déposséder de votre espace. Par ailleurs, quel est l’autre levier le plus important dans une économique. Mais, c’est le système bancaire. À l’absence de banques, vous ne pouvez pas construire une économie indépendante ou émergente pour développer tout ce que vous voulez. Notre tissu bancaire est constitué de banques commerciales. Une banque commerciale par définition n’a pas pour vocation à financer pour le long terme encore pour financer l’entreprise. Pour la France que je connais le mieux et je suppose que ce sont les mêmes règles, ne pas donner une enveloppe de plus de 5% de vos avoirs pour les opérateurs économiques et le secteur privé industriel. C’est pourquoi, l’ajustement structurel qui ne voulait pas d’industrialisation au Sénégal a commencé d’abord par fermer la Sofisidex et la Bnds. alors qu’aujourd’hui, il n’existe nulle part  dans le monde, un pays qui a une aspiration au développement, qui a une monnaie convertible ou qui n’a pas une banque de développement. Ce n’est pas possible. C’est la banque de développement qui fait le financement à risque. 9 échouent, 1 réussie, il n’y a que le stratège en développement économique qui en perçoit l’importance. Ceux qui ne comprennent rien vous diront que cela fait deux fois que neuf échouent, on ferme le robinet. Voilà le problème. Donc, des sociétés qui domaine le tissu économique qui sont des filiales d’entreprises étrangères, cela se traduit premièrement, par le fait qu’ils n’interpellent pas le système bancaire, la société mère est là-bas. Je vous donne le produits de base, les gros matériels, vous me donnez du lait en poudre, je fabrique des boites de lait que vous écouler en Asie ou en Amérique Latine. C’est cela que j’appelle la variation de créance entre filiale et société mère. C’est-à-dire qu’il y a un contournement du système bancaire. Je considère que la variation de créance et l’autofinancement sont les deux instruments les plus négatifs pour le développement d’une économie.

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