Essor industriel et Agricole d’une collectivité locale : Sandiara ou les grandes ambitions d’une ZES (Reportage réalisé par Fara Michel Dièye)

Essor industriel et Agricole d’une collectivité locale

AP- « Ce reportage réalisé par Fara Michel Dièye pour le compte du défunt Magazine Soleil Business, 

nous a été livré par son auteur pour offrir en exemple une collectivité locale en plein essor.
Après plusieurs vaines tentatives de le reverser au Quotidien national, il nous le sert gratuitement sur le site… »

Essor industriel et Agricole d’une collectivité locale

Sandiara ou les grandes ambitions d’une ZES
(Reportage réalisé par Fara Michel Dièye)

Malgré des difficultés auxquelles font souvent face les collectivités territoriales, des exemples de réussite, il en existe au Sénégal. Erigée en zone économique spéciale(ZES), la commune de Sandiara (département de Mbour),  est aujourd’hui une zone industrielle en plein essor.  Malgré son statut de Collectivité territoriale, elle  a déjà accueilli trois usines qui sont fonctionnelles ; 32  autres sont enregistrées, dont 6 devraient démarrer entre 2018 et 2019, avec des activités allant de l’agro-industrie au bâtiment et travaux publics, avec des investissements de 32 milliards de FCfa. Selon les projections, tous ces projets généreront 20 000 emplois.  

Mais est-ce que le tout s’est déroulé sans anicroche ? Réponses et réactions des acteurs et populations dans ce reportage…

L’admission de la zone industrielle de Sandiara en zone économique spéciale (Zes) est née, selon son maire, d’un constat issu de l’Acte 3 de la décentralisation. La localité faisait face  à de nombreuses difficultés dont les bas revenus des populations, les mauvaises conditions d’existence des femmes, le chômage des jeunes, un faible taux de scolarisation, etc. A cela s’ajoute un déficit en infrastructures sociales de base et une main d’œuvre peu qualifiée. Ainsi, le maire s’est-il fixé comme objectifs de créer des emplois, d’augmenter les revenus des populations et de la mairie, d’alléger les travaux ménagers et de renforcer les capacités des associations des femmes.

Selon le maire de Sandiara, Serigne Guèye Diop, ingénieur en agriculture qui nourrit de grandes ambitions pour sa commune située à 60 km de Thiès et à une centaine de kilomètres de Dakar, depuis plus de trois ans, des pôles agricoles ainsi que de petites et moyennes industries s’y implantent. Tout cela crée des emplois et booste les activités de cette zone à plus de 90 % agricole.

L’économiste Abdoulaye Sène, conseiller technique du maire et formateur en décentralisation et développement local, décrit Sandiara comme une Zes qui offre de belles opportunités aux investisseurs. Cette localité, qui est sa terre natale, dispose d’un espace aménagé de 100 ha destiné à des activités numériques et industrielles non polluantes, pouvant créer des milliers d’emplois. Celles-ci sont essentiellement orientées vers l’exportation et l’import-substitution. L’un des atouts majeurs de cette localité, selon lui,  est qu’elle se trouve à 30 minutes de l’aéroport international Blaise Diagne de Diass par la route nationale Dakar-Kaolack et la future autoroute Mbour-Kaolack. « Sandiara est aussi presque à égale distance entre Dakar, Kaolack, Thiès et Diourbel, et à quelques encablures de Mbour et Joal sur la Petite côte, ainsi que de la chaîne hôtelière de Saly et du Finio. La localité devrait bientôt disposer d’un lycée technique professionnel, futur pourvoyeur de main d’œuvre qualifiée à la zone industrielle, sans oublier l’Ecole polytechnique de Thiès pour les cadres de haut niveau. Il y a aussi ses terres agricoles qui sont les plus fertiles de la région de Thiès et une eau douce propice à l’agriculture irriguée », analyse l’économiste.

Fara Michel DIEYE

 

L’Etat officialise Sandiara comme Zes : Un champ d’expérimentation du Pse ?

La commune de Sandiara est devenue une zone économique spéciale (Zes). Le mercredi 22 novembre 2017, le Conseil des ministres, présidé par le chef de l’Etat, Macky Sall, a adopté le projet de décret qui officialise ce statut. Cela permettra à ce terroir de mieux valoriser ses potentialités économiques et, par ricochet, d’attirer des investisseurs créateurs de richesses et d’emplois.

L’économiste Abdoulaye Sène rappelle que le pôle économique de Sandiara a été créé à l’initiative d’une commune qui a très tôt compris l’Acte 3 de la décentralisation, notamment son volet territorialisation des politiques publiques et création de territoires économiquement viables. «Son érection en zone économique spéciale est une reconnaissance par l’Etat des initiatives prises par le maire dans le cadre du développement économique de la localité », indique-t-il. Selon lui, ces initiatives portent, entre autres, sur la création d’une zone industrielle pour attirer les investissements directs étrangers, d’un lycée technique professionnel financé par l’Etat ainsi que l’amélioration de la productivité par la mise sur pied d’agropoles et d’aires de cultures émergentes.

L’érection de Sandiara en Zes valorisera mieux ses potentialités économiques, parmi lesquelles l’artisanat qui se professionnalisera au fur et à mesure grâce au lycée technique, prédit M. Sène. La Zes fera aussi la promotion d’une économie de la sous-traitance où les jeunes et les femmes, de plus en plus qualifiés, pourront prétendre à des emplois qui amélioreront leur niveau de vie. « L’autre volet important est la production agricole au sens large (agriculture, élevage, pêche) qui trouvera des débouchées dans l’industrie et permettra  aux agriculteurs d’avoir des prix plus rémunérateurs », souligne-t-il. M. Sène estime que la terre sera mieux valorisée par l’amélioration des techniques de production et l’accroissement de la demande de terres à usage d’habitation ou d’activités industrielles.

 F. M. DIEYE

Mouhamed Belkhayat, Directeur D’omega Pelagic

« Nous avons investi près d’un milliard de FCfa »

Les responsables des trois premières usines installées à Sandiara exercent dans des créneaux différents. Cependant, ils partagent le même point de vue : les démarrages n’ont pas été de tout repos. « La création de l’usine a été entamée en 2014 et nous avions rencontré des difficultés au début », nous confie le directeur et actionnaire d’Omega Pélagic, Mouhamed Belkhayat. L’une des premières contraintes de cette Sarl marocaine, exerçant dans la surgélation des produits de mer, est le fait d’évoluer hors de son pays d’origine. « Avant notre venue à Sandiara, avec d’autres Marocains, nous avions connu un faux départ à Mballing, mais c’est du passé. Aujourd’hui, notre industrie travaille sur le poisson et la ressource est disponible ainsi que les opportunités », se réjouit M. Belkhayat.

L’usine est opérationnelle depuis janvier 2017 et ses fondateurs affirment avoir investi près d’un milliard de FCfa, sans compter le fonds de roulement. « Durant une activité saisonnière, nous employons une vingtaine de permanents et pouvons atteindre jusqu’à 250 journaliers selon les périodes favorables, notamment durant le foisonnement des poissons yaboye. Mais, en basse période, avec le poulpe par exemple, seules 50 personnes travaillent quotidiennement chez nous », fait savoir le directeur d’Omega Pélagic. Il y a des périodes de repos où rien ne fonctionne, car certaines variétés nous reviennent trop (sont très) élevées  pour être traitées et exportées en avion vers l’Europe. « Les journaliers gagnent autour de 4 000 FCfa par jour et la restauration est offerte par l’usine. En Afrique comme en Europe, nos exportations vont vers des destinations diverses », poursuit M. Belkhayat.

F. M. D.

Mohamed Diop, Directeur D’ocedis Export

« Près de 95 % de nos produits sont destinés à l’exportation »

Les débuts n’ont pas été faciles pour Mohamed Diop, le directeur d’Ocedis Export, une société implantée à Sandiara. Spécialisée dans le traitement des eaux de piscine, celle-ci est la filiale d’une maison mère présente France et au Maroc, forte de trois industries, avec un chiffre d’affaires annuel de 28 millions d’euros (soit plus de 18 milliards de FCfa). A Sandiara, elle a démarré avec un investissement de 500 millions de FCfa. Son unité industrielle est opérationnelle depuis six mois et emploie sept personnes à temps plein. Selon M. Diop, 95 % des produits sont destinés à l’exportation : vers la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Ghana, la Gambie, la Tunisie, l’Egypte, Madagascar, etc. Cependant, l’agrément a pris du temps et a été obtenu il y a à peine deux mois. Malgré une mise en route poussive, le souhait du directeur d’Ocedis Export est de voir la société s’agrandir, offrir plus d’emplois et  avoir plus de visibilité.

F. M. D.

Ibrahima Diallo, Gerant De Finish Profil

« Nous réalisons des hangars préfabriqués »

Avec des associés bosniaques et sénégalais, l’entreprise hollandaise Finish Profil s’est implantée à Sandiara en 2014. Elle est spécialisée dans les hangars industriels et agricoles préfabriqués. Pour son gérant Ibrahima Diallo, l’objectif est de faire économiser du temps et d’aider les investisseurs à avoir des bâtiments fonctionnels et moins chers. « Au début, nous avons évolué à une grande vitesse, mais avec les réalités du terrain, nous avons ralenti  pour y aller tout doucement, mais plus sûrement. En effet, il nous arrivait de rencontrer des clients très intéressés mais qui, au finish, se servaient de notre expertise pour faire du copier-coller avec d’autres entreprises », raconte M. Diallo.

A son avis, le marché est très prometteur, avec un potentiel qui n’existe pas en Europe. « Le futur, c’est l’Afrique. En termes d’emplois, nous travaillons avec 20 à 30 personnes par mois pour la réalisation de ces hangars, sans compter ceux qui sont employés à temps plein. L’Etat est en train de faire des efforts, mais nous devons cesser de nous plaindre et tout attendre de lui », ajoute-t-il. D’après lui, il faut apprendre de ses propres erreurs pour trouver des solutions aux problèmes rencontrés. « Les seules facilitations attendues du côté des autorités sont les agréments, la flexibilité sur l’impôt, la douane et les importations. Nous investissons, mais tardons à l’amortir alors que le temps n’attend pas », poursuit-il.

M. Diallo fait remarquer que ce qui se fait normalement en quatre ou cinq mois, sa société le réalise en un mois. « Ça n’a pas été facile, mais grâce à Dieu nous avons été les premiers à nous installer à Sandiara. Actuellement, nous nous déployons à travers le Sénégal avec la fabrication d’écoles, de bureaux et de logements. L’armée de l’air sénégalaise est parmi nos clients avec trois bâtiments que nous lui avons réalisés à Thiès », révèle-t-il. Le coût d’un bâtiment préfabriqué varie selon les besoins du client, mais un hangar moyen revient entre 250 000 et 400 000 FCfa le mètre carré et selon le matériel utilisé (isolation thermique, sonore et autres). Pour le moment, l’Etat est le principal client de la société Finish Profil car les privés sénégalais sont jugés un peu timides en ce qui concerne les commandes.

F. M. DIEYE

L’environnement favorable qui va attirer les investisseurs

L’environnement à Sandiara est jugé très favorable par Mouhamed Belkhayat, directeur et actionnaire d’Omega Pélagic, une société marocaine spécialisée dans la surgélation des produits de mer. Selon lui, une telle opportunité, il ne l’a rencontrée nulle part ailleurs dans le pays alors qu’il est présent  au Sénégal depuis huit ans. Il a annoncé qu’avec l’appui de la mairie, des hommes d’affaires marocains prévoient de créer deux autres usines à Sandiara qui augmenteront la capacité de la première. « C’est un projet intégré car les deux autres fabriques vont dépendre de la première. L’aménagement de la zone industrielle en zone économique spéciale est actuellement très attendu », s’enthousiasme-t-il. Avec une bonne canalisation, des égouts pour évacuer les eaux usées et l’activation du régime économique spécial, il y aura certainement d’autres intervenants, d’autres investissements et d’autres activités connexes, prévoit-il.

M. Belkhayat n’a pas peur de la concurrence des autres industries de pêche. Son seul souci est le développement du secteur car la structuration est un défi majeur. Son usine prévoit d’acquérir des bateaux de pêche. Cependant, au Sénégal  la délivrance de la licence est jugée très sélective et pour contourner un tel état de fait, il compte nouer des partenariats avec des Sénégalais. Par ailleurs, il déplore certaines entraves car, selon lui, la procédure de création est assez lourde et passe par des autorisations, des lenteurs et des procédures qui risquent de pénaliser le secteur. « Par exemple, l’étude d’impact environnemental prend trois à quatre mois alors que la faute n’incombe pas au consultant qui fait l’étude, mais à la préparation des audiences et aux nombreux intervenants. Trois, voire quatre mois, c’est beaucoup d’argent à dépenser », se désole-t-il. De son point de vue, l’Etat devrait revoir le système de délivrance des autorisations. « Dans le monde entier, on parle de l’Afrique comme de la nouvelle destination des investissements. Les pays qui ont conscience de ce fait se sont préparés à accueillir ces opportunités », souligne M. Belkhayat.

F. M. DIEYE

Des lourdeurs administratives ralentissent les activités

Les chefs d’entreprises Ibrahima Diallo et Mouhamed Belkhayat insistent sur les lourdeurs administratives relatives aux agréments, à la flexibilité sur l’impôt, ainsi qu’à à la douane et aux importations. M. Belkhayat pointe du doigt des écueils, non spécifiques à Sandiara, mais au Sénégal. « En huit ans de présence dans ce pays, 80 % des investisseurs que j’ai croisés se sont finalement rendus ailleurs car étant confrontés à des lourdeurs administratives. A mon avis, il faut une nouvelle vision. Même la délivrance de l’agrément de franche exportation a des exigences incongrues car il faut exister pendant un bon moment pour y prétendre », déplore-t-il. Il y a aussi le fait que la Tva suspendue retombe et il faudra la payer. Aux investisseurs qui viennent, il leur conseille de persister, même si les débuts sont toujours difficiles.

F. M. D.

Le projet de port sec réjouit les camionneurs maliens

Sur la route qui mène à Sandiara, on remarque bien leur présence. Des dizaines, voire des centaines de camions, avec des immatriculations en rouge, longent les deux voies de la route nationale. Le Malien Oumar Diallo est le responsable d’une société de transport de denrées, dotée de près de 600 camions qui assurent le transport de 36 à 50 tonnes de produits comme l’engrais ou le riz. Il travaille avec un représentant sénégalais, Abdoulaye Cissé, afin de faciliter les transferts vers le Mali. Depuis quelques mois, il est prévu un port sec à Sandiara. La nouvelle réconforte les Maliens car, selon M. Diallo Diallo, cela fera gagner du temps et permettra d’éviter les embouteillages et d’éventuels accidents. Les camionneurs maliens n’auront plus besoin d’aller jusqu’à Dakar et économiseront sur 100 km à l’aller comme au retour. En plus, au lieu de rester 10 jours au port de Dakar avec les frais inhérents, ils passeront la moitié du temps à Sandiara avec une consommation en carburant réduite. D’après Modou Dione de la mairie de Sandiara,  un espace comprenant des toilettes et d’autres commodités sera aménagé et mis à la disposition des conducteurs. Déjà, des restaurants sont en train d’ouvrir aux alentours, ainsi qu’un petit commerce que la présence des camions maliens a générés. De son côté, la commune en tirera des taxes et divers autres revenus. Pour le moment, les soucis sont là car depuis plus d’un an, des problèmes d’abri, de toilette et d’eau ont été soulevés.

F. M. DIEYE

Les agropoles espagnols, sources de revenus pour les familles

Le volet agricole est non négligeable dans la politique d’industrialisation de la commune. A Sandiara, nous avons rencontré Ibou qui revenait d’une livraison. Cet employé des agropoles espagnols nous confie que le travail n’y est pas trop dur. « Nous n’avons aucun problème car nos salaires sont régulièrement payés. Le travail marche bien car les Espagnols exportent jusqu’à 300 conteneurs par saison. Et à chaque nouvelle saison, le nombre des exploitations augmente », déclare-t-il. D’après les estimations d’Ibou, entre 600 et 800 personnes travaillent dans les champs, de novembre à mai. « Nous avons des revenus moyens de 4 000 FCfa par jour et il arrive que, dans une famille, trois à quatre personnes travaillent dans les agropoles », poursuit-il. Actuellement, d’après lui, l’exode rural est presque oublié et des familles qui vivaient jadis dans des chaumières construisent petit à petit leurs maisons en dur. « En période de récolte, toutes les familles y gagnent, surtout les femmes qui viennent acheter les fruits pour les revendre au niveau des routes et grands axes du pays », constate-t-il.

F. M. D.

ABDOULAYE MBAYE, CHEF DE VILLAGE

« Aucun litige foncier dans la commune »

L’arrivée des promoteurs industriels dans une zone rurale est souvent source de protestation au niveau des populations, avec des terres spoliées. Pourtant, Abdoulaye Mbaye, un chef de village âgé de plus de 70 ans, affirme que depuis l’installation des usines, aucune plainte ne lui est parvenue. Il jure la main sur le cœur qu’au niveau de ses voisins, aucun litige foncier n’a été signalé «  Au contraire, l’impact de ces projets sur nos familles est assez positif et on nous accorde du respect. Mieux, nous nous engageons à accompagner le maire et les investisseurs », promet-il.

F. M. D.

Un lycée technique d’une capacité de 5 000 élèves  en chantier

A Sandiara, nous avons aussi visité le chantier du futur lycée technique. Le technicien en bâtiment et responsable du site, Khadim Seck, a fait le point sur l’état d’avancement des travaux. « Souvent, je travaille avec 250 à 300 ouvriers, majoritairement issus de Sandiara. Ils ont déjà entamé l’érection des classes du premier étage. Le lycée aura une capacité d’accueil de 5 000 élèves », renseigne-t-il. La livraison des premières infrastructures est prévue pour fin 2018. Pour Oumar Diouf, enseignant et comptable du lycée de Sandiara, la création de l’infrastructure est bien accueillie par les populations. Il estime même que le lycée vient un peu en retard par rapport au paysage économique de la commune. « L’enseignement général forme des diplômés qui n’ont pas souvent le savoir-faire pour exercer dans certains métiers et être opérationnels », dit-il. Selon lui, grâce aux filières professionnelles, les élèves seront des techniciens après deux ou trois ans de formation et pourraient avoir un emploi. « Avec les usines créées ou en construction à Sandiara, l’espoir est permis. Et dans un proche avenir, il n’y aura plus de chômeurs dans la commune. C’est aussi une réponse à l’exode rural car les jeunes n’auront plus besoin d’aller dans les villes comme Dakar », souhaite-t-il.

par Fara Michel DIEYE

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