Corée du Sud: la musique de chambre à l’honneur à Jeonju

La ville de Jeonju, souvent citée comme la capitale culturelle de la Corée du Sud, accueille la troisième édition du Festival international de musique de chambre, un genre de musique classique important qui rapproche les artistes et le public. Au programme : Mozart, Ravel, Halvorsen, Chostakovitch, Dvorak, Sarasate et Hoffmeister, pour ne citer que ceux-là. Ce rendez-vous annuel rassemble les meilleurs interprètes nationaux et étrangers, primés pour la plupart à divers concours à travers le monde. Reportage.

En ce 31 juillet 2019, c’est l’effervescence en la cathédrale de Jeonju, au sud du Pays du matin calme. Bâti entre 1908 et 1914 par un prêtre français, l’édifice religieux de style romano-byzantin constitue l’un des lieux de concerts du festival. Ce site classé historique, d’ordinaire rempli à peine au tiers de sa capacité d’accueil, connaît une affluence record. Comme ses 300 places ne suffisent pas pour recevoir un public fidèle de tous âges, on n’hésite pas à se serrer, à rester debout ou assis par terre pour assister à l’ouverture du « Jeonju Vivace », le nom officiel de cette manifestation gratuite.

La cathédrale de Jeonju, en Corée du Sud. À l’entrée, une banderole du Festival de musique de chambre «Jeonju Vivace».Kèoprasith Souvannavong / RFI

Une programmation éclectique

Le programme du jour est plutôt éclectique, à l’image de celui des autres jours : Passacaille en sol mineur pour violon et alto, composé en 1897 par le chef d’orchestre et violoniste norvégien Johan Halvorsen (1864-1935) d’après un thème de Georg Friedrich Haendel (compositeur allemand naturalisé britannique, 1685-1759) ; Quatuor pour flûtes et cordes en la majeur de l’Autrichien Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) ; Introduction et Allegro pour flûte, clarinette, harpe et quatuor à cordes du Français Maurice Ravel (1875-1937) et Deux pièces pouroctuor à cordesop11 du Russe Dmitri Dmitrievitch Chostakovitch (1906-1975).

« Je voulais un répertoire varié afin de ne pas me limiter à un thème précis, avec des morceaux connus, faciles à écouter, mais émouvants pour ne pas ennuyer l’assistance », explique Ensik Choi, directeur musical du festival et altiste.

Un programme magnifiquement interprété par des virtuoses. Enthousiaste, tout l’auditoire applaudit et en redemande.

Une plus grande intimité

« Ce qui est extraordinaire avec la musique de chambre, c’est qu’il n’y a pas vraiment de distance physique entre les artistes et le public. Cette intimité permet aux spectateurs de mieux ressentir la musique. La communication à travers celle-ci est donc plus intime, plus puissante », souligne Ensik Choi.

Cette connexion s’explique par une formation plus réduite qu’un orchestre, par l’absence de chef d’orchestre et, bien sûr, par le plaisir des chambristes de jouer ensemble et de transmettre ce plaisir.

Ensik Choi, altiste et directeur musical du Festival international de musique de chambre de Jeonju.Kèoprasith Souvannavong / RFI

Une musique « toujours d’actualité »

« La musique de chambre revêt en outre un aspect plus personnel pour les compositeurs, estime Ensik Choi. Ils écrivent de grandes symphonies, mais pour la musique de chambre, ils explorent davantage leur monde intérieur, leur état d’esprit, leurs conflits, leur joie, leur tristesse. La musique de chambre ne date pas d’aujourd’hui, mais elle est toujours d’actualité. J’aime ce genre et je tiens à partager cet amour avec le public ici, à Jeonju. Je voudrais qu’il s’approprie le festival. »

Le public, toujours plus nombreux, pourra ainsi continuer à se laisser bercer et découvrir de nouveaux talents jusqu’au 4 août.

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