Madagascar: des citoyens tentent d’évaluer leur Assemblée nationale

Après le Kenya et l’Ouganda, c’est au tour de Madagascar de lancer pour la première fois un outil d’évaluation de son Assemblée nationale. Un projet mené par la société civile sous forme d’enquêtes auprès des députés. Le but : informer les citoyens de la performance de leurs représentants. Trois semaines après le vote kafkaïen des lois électorales et la piètre image que les députés ont renvoyée de leur institution, ce projet pourrait offrir aux citoyens des données intéressantes en vue des prochaines élections.

La performance sera évaluée à partir de différents critères comme leur présence réelle aux sessions parlementaires, leur disponibilité au sein de leur circonscription et la perception qu’ils ont du travail qu’ils effectuent.

Depuis octobre dernier, Christian Mampianina Andrianaivo, membre de l’organisation de la société civile Liberty 32, interviewe les parlementaires dans le cadre du projet « Performance des députés ».

« A combien de votes de lois avez-vous participé pendant les quatre dernières années ? Combien d’assistants parlementaires avez-vous ? Le groupe parlementaire dans lequel vous êtes aujourd’hui est-il le même que celui auquel vous avez adhéré au début de votre mandat ? Pensez-vous qu’il y a de la corruption au niveau de l’Assemblée nationale ? Accepteriez-vous de révéler les avantages auxquels vous avez droit en tant que député ? » « Cela fait partie de la trentaine de questions que l’on pose aux députés, parce que nous, Liberty 32, on veut vraiment savoir quelles sont leurs affiliations politiques et idéologiques, et la perception qu’ils ont de leur propre performance », explique M. Andrianaivo.

Si un tiers des députés a déjà répondu à l’enquête, près de 40% d’entre eux ont refusé d’y participer ou ne se sont pas montrés disponibles pour répondre aux enquêteurs. La coordonnatrice générale de Liberty 32, Lalaina Randriarimanana, évoque, elle, encore un autre obstacle.

« Ce n’est pas facile, parce qu’on un accès très limité à l’information… On aurait besoin d’avoir accès aux fiches de présence des sessions parlementaires et des travaux de commissions pour faire la comparaison entre la réalité et ce que les députés ont répondu. On a demandé une collaboration avec le bureau permanent. Mais on n’a pas encore eu de retour, malgré les deux relances. »

Un projet qui semble déranger dans un contexte pré-électoral. Difficile dans ces conditions d’analyser toutes les données. Les premiers résultats de l’enquête seront néanmoins disponibles au public dès mardi prochain sur le site www.refyparlemantera.mg

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